RTBFPasser au contenu
Rechercher

Climat

Grâce aux éléphants de mer, nous en savons désormais plus sur la canicule marine "Blob"

Grâce aux éléphants de mer, nous en savons désormais plus sur la canicule marine "Blob".
04 août 2022 à 09:30Temps de lecture2 min
Par RTBF avec AFP

Une vaste étude réalisée à partir de capteurs posés sur des éléphants de mer a révélé une quantité de nouvelles informations précieuses pour mieux comprendre les tenants du "Blob", une canicule marine majeure survenue au large de l'océan Pacifique.

Entre 2013 et 2015, le "Blob" a décimé la faune marine

Vous connaissez sans doute le "blob", cette cellule géante dotée d'une incroyable capacité d'apprentissage qui fascine la communauté scientifique depuis plusieurs années. Mais le mot "blob" renvoie à un autre phénomène scientifique tout aussi impressionnant : la canicule observée au large de l'Océan Pacifique Nord entre 2013 et 2015, qui a eu des conséquences dramatiques sur la faune qui peuple ces zones océaniques. 

"Au cours de l'été 2015, deux ans après l'apparition du Blob, seulement 166 baleines à bosse sont revenues dans la Baie des Glaciers en Alaska, soit une baisse de 30% par rapport à 2013", explique un article paru dans la revue Science en janvier 2019. "Tous les baleineaux à bosse vus dans la Baie des Glaciers cette année-là ont disparu plus tard et sont présumés morts. Et les corps de 28 baleines à bosse et 17 rorquals communs se sont échoués sur des plages en Alaska et en Colombie-Britannique au Canada."

Des capteurs placés sur des éléphants de mer ont éclairé les chercheurs

Une canicule marine est un réchauffement anormal et prolongé des eaux. Le "Blob" de 2013-2015 représente la plus longue et la plus intense recensée à ce jour. Pour mieux comprendre les tenants de cet événement climatique hors-norme, une équipe de chercheurs américains de l'université de Californie à Santa Cruz (UCSC) a décidé de recourir à des éléphants de mer pour explorer les fonds sous-marins de cette zone.

Publiée dans la revue Journal of Geophysical Research: Oceans, l'étude a été réalisée à partir de capteurs enregistrant la profondeur, la température et la salinité de l'eau afin de suivre les migrations des éléphants de mer de près de 10.000 km à travers le Pacifique.

Cette espèce n'a pas été choisie au hasard : elle est capable de plonger à plus de 100 mètres de profondeur ! 

"Les éléphants de mer collectent des données à des endroits différents de ceux des plateformes océanographiques existantes", précise dans un communiqué Christopher Edwards, professeur de sciences océaniques à l'UCSC, qui a dirigé la recherche. 

Un phénomène inquiétant appelé à se multiplier

Les données collectées grâce aux capteurs placés sur les éléphants de mer pendant le Blob ont révélé que les températures anormalement chaudes s'étendaient à 1000 mètres sous la surface. Le réchauffement sous la surface a persisté en 2017, bien après que les températures de surface soient revenues à la normale, note l'étude. 

D'après les chercheurs, ces anomalies de températures sont si profondes qu'il est peu probable qu'elles soient dues à un mélange depuis la surface. L'une des hypothèses envisagées est que les eaux exceptionnellement chaudes ont été transportées vers le nord depuis le sud.

Les changements en surface pourraient avoir modifié les courants plus profonds pour attirer les eaux du sud vers le nord.

Ce phénomène climatique s'avère d'autant plus préoccupant que les vagues de chaleur marines risquent de devenir de plus en plus fréquentes à mesure que la planète se réchauffe, alertent les auteurs de la recherche. "Tout comme pour les vagues de chaleur terrestres, nous avons constaté au cours de la dernière décennie une augmentation spectaculaire de la fréquence et de l'ampleur des vagues de chaleur marines. Plus nous recueillerons d'informations, plus nous serons en mesure de comprendre ce qui se passe et de relever les défis", concluent ces derniers

Le blob, cet organisme fascinant

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

Le nombre de phoques échoués morts a doublé l’an dernier en Belgique

Belgique

Seulement 15% des côtes maritimes de la planète ont résisté au changement climatique

Climat

Articles recommandés pour vous