Tennis

Grand saut à Roland-Garros pour Romain Faucon, junior belge couvé par Justine Henin

Romain Faucon au premier tour de Roland-Garros

© Cédric lecocq/FFT

07 oct. 2020 à 10:13Temps de lecture1 min
Par Mathilde Mazy

En termes d’espoirs sportifs, la Belgique est servie, et particulièrement au niveau du tennis. Cette édition particulière de Roland-Garros a mis en valeurs quelques pépites. On a découvert Sofia Costoulas chez les Dames, voici Romain Faucon chez les Hommes.

Romain vient seulement d’avoir 18 ans et a un bel avenir sportif devant lui. Soutenu par Justine Henin, il a disputé un duel pour le tournoi junior sur le court n°4 à Roland-Garros. Malheureusement perdant de ce match du premier tour face au Chinois Hanwen Li (1-6/6-7), Romain reste content de sa partie: "J’ai très bien démarré, j’ai géré mon stress malgré le fait que j’étais assez tendu. Mon adversaire a joué un match parfait. Je me suis arraché, j’ai essayé d’avoir la niaque et de me surpasser pour aller chercher ce deuxième set." 

Malheureusement son adversaire, huitième au classement mondial, a été plus fort que lui dans le tie break. "Je suis fier de ce que j’ai produit, de m’être battu contre le huitième mondial. Maintenant petite déception mais c’est une chance de jouer ici dans de telles conditions de pro tout simplement."

Repéré et passionné dès son plus jeune âge

Lancé très rapidement dans le tennis, c’était d’abord un moyen pour Romain de décompresser après l’école. "Quand j’étais petit, j’étais assez agité à l’école et je ne faisais pas énormément de sport donc il fallait que je me défoule. Il y avait un court à côté de mon école, mes parents m’y ont inscrit et je me suis dit pourquoi pas ?"  Il avait 4-5 ans.

Romain s'est tout de suite fait repérer par la fédération belge. "La première fois que j’ai eu une raquette en main, j’ai senti un don spécial.  J’y ai rapidement pris goût, j’ai été passionné par ce sport qui est merveilleux. Je suis monté progressivement avec le caractère que j’ai je me suis très vite plu parce que c’est un sport très dur, très rigoureux, très difficile mentalement et seul c’est très compliqué."

Romain a joué jusqu’à ses 11 ans à l’Association Francophone de Tennis, après cela il est rentré dans le privé en suivant Jacques Leriche, ancien président de l’AFT qui misait beaucoup sur lui. Même s’il était déjà considéré comme un jeune espoir, il avait encore besoin de grandir, de prendre de la maturité. Ses parents ont sacrifié beaucoup pour le soutenir et pour qu’il ait le meilleur cadre possible dans le privé. Ils sont allés jusqu’à vendre une maison pour gérer les frais, l’ont beaucoup soutenu : "C’est une énorme motivation de savoir que mes parents sont derrière moi et croient en moi." 

Encouragé par les plus grands

Aujourd’hui, Romain s’entraîne depuis un an à l’Académie de Justine Hénin, présente à Roland-Garros : "C’est une petite pression parce que c’est une idole, c’est une légende, c’est une Numéro 1 mondiale, elle a gagné je ne sais pas combien Roland donc c’est énorme. Quand je me dis qu’elle est dans les gradins en train de regarder et de me dire "aller Romain, bats-toi, bats-toi !", c’est incroyable."

De la force de caractère, Romain en a, c’est certain. Philippe Dehaes, coach et consultant en tennis, interrogé à son sujet, a été ébloui par ce jeune joueur. "Il frappe très fort, est très physique et surtout il est très bon mentalement. Il est courageux, accrocheur, déterminé et a un bel état d’esprit."  Au niveau des points à améliorer, Philippe a du mal à en trouver : "Je ne l’ai vu jouer qu’une fois donc c’est difficile à dire, ma première impression était très bonne."

Romain Faucon face au Chinois Hanwen Li
Romain Faucon face au Chinois Hanwen Li Cédric Lecocq/FFT

Le début d’un rêve éveillé

Le jeune joueur mesure sa chance : "Même en tant que spectateur je n’étais jamais venu à Roland-Garros. Je m’étais donné comme rêve avec mes parents que ma première fois ici serait pour jouer. C’est extraordinaire, une chance inouïe de pouvoir faire mon premier Roland."  Les conditions ne sont pas comme on les attendait, mais Romain sait que c’est une chance de pouvoir jouer sur cette terre parisienne. "C’est un honneur et je reviendrai plus fort l’année prochaine." Le junior sait de quoi il parle, maintenant qu’il a fini l’école, il va s’investir à 100% dans le tennis.

Il faudra encore beaucoup de travail à Romain. Comme l’explique Philippe Dehaes, il y a du monde sur la route. "On ne peut pas dire de quoi son avenir sera fait. Aujourd’hui on peut être classé 150ème mondial et être un très bon joueur. Cette édition de Roland-Garros montre l’évidence ; des matches comme celui disputé entre Thiem et Gaston prouvent que rien n’est jamais acquis. Romain n’atteindra peut-être pas la 10ème place, on ne peut pas le dire, mais s’il professionnalise son encadrement et s’il a des moyens financiers, il pourra aller loin. J’ai suivi le classement ITF car j’aime bien savoir ce qu’il se passe du côté des juniors et son parcours est très intéressant. J’ai été vraiment très impressionné."

Se battre pour faire sa place

Romain souhaite que pour les prochaines éditions, les conditions seront meilleures : "Ce sera différent s’il y a du public, si ça se déroule en été. La préparation mentale a été très compliquée, mon coach y a mis beaucoup de soins."  En attendant, il espère pouvoir participer à d’autres tournois à l’étranger, mais ce n’est pas garanti, presque tous ont été annulés à cause du Covid-19. "Avant la crise du coronavirus, j’étais dans une belle lancée, j’ai eu de bons enchaînements. Le confinement m’a coupé dans ma lancée et dans ma puissance. Aujourd’hui, les tournois sont bondés et les participants de plus en plans difficiles donc ce sera compliqué d’y faire sa place en tant que junior. Mais je compte me battre pour y arriver, je veux continuer à jouer à l’étranger."

Malgré cette première sortie du nid timide, Romain a les qualités d’un grand c’est certain. L’envol n’est plus très loin.

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