Grandeur nature

Grandeur Nature à Aime-La Plagne : Raft et bivouac sur l’Isère

Yoga, pêche à la mouche, rafting et camping. Tenté par ce combiné au grand air? On y va pour un bivouac " conscience " en pleine nature en Savoie.

Midi, quelque part au cœur des Alpes, Grandeur Nature va vivre en mode bivouac. Nous sommes à Bellentre, en Savoie, non loin de La Plagne et de Bourg-Saint-Maurice. En septembre-octobre, la saison se termine mais on a bon espoir de taquiner encore une truite fario pour la relâcher ensuite. Epuisette dans le dos, Jean-Christophe a chaussé des cuissardes pour affronter les 10 degrés de l’Isère qui laisse déferler son courant violent entre les roches. Il pêche à la mouche en remontant la rivière ; un savoir-faire qu’il tente de partager avec les apprentis pêcheurs d’un jour que nous sommes pour vivre Grandeur Nature au plus près des éléments. En Tarentaise, on lance sa ligne dans le courant en haute montagne ou dans la généreuse vallée. On le fait parfois en famille et de préférence sous l’œil d’un moniteur-guide découverte de la Fédération de pêche, comme Jean-Christophe.

Selon notre instructeur du jour, l’hameçon laissera juste la trace d’un petit piercing sans conséquence pour la truite : " Pour ne pas abîmer le mucus protecteur de la peau du poisson, on se mouille les mains au préalable… Sachez aussi que je fabrique mes mouches moi-même, c’est valorisant. " Jean-Christophe mêle ainsi plumes, fils et poils autour de l’hameçon pour leurrer le poisson. Nous tentons vaille que vaille le bon geste fouetteur pour sortir la bonne longueur de fil de soie… " La soie sert de propulseur pour amener la mouche où on le souhaite dans le courant. Allez, c’est déjà beaucoup mieux… Insistez. "

Dur apprentissage pour les néophytes maladroits que nous sommes. D’autant que sous un généreux soleil d’octobre, des pieds à la tête, nous avons déjà enfilé les couches de néoprène permettant d’affronter les eaux glacées, les rapides et les possibles retournements du raft en cas de trajectoire approximative. Pas de truite fario ou d’ombre à frire ce soir donc.

18 kms « esprit rafting » dans le lit de l’Isère

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Pour vivre ce bivouac d’une nuit en pleine nature au cœur de la vallée de la Tarentaise, déjà, il est temps d’embarquer et de sangler le matériel sur nos deux bateaux de la société " essaonia ". Traduisez : " je voyagerai en bateau " en langue hébreu. Un bivouac pleine conscience où le yoga sera de la partie, comme la pêche d’ailleurs. Nos autres accompagnateurs, Pauline, Thibault et Alice, assurent un dernier coup de pompe à pied pour gonfler au max les boudins de nos mini-rafts chargés comme des mules : nourriture, tentes, cordages, couchages, vêtements de rechange, réchaud… sont empaquetés dans des sacs et bidons étanches. Sans oublier de protéger le précieux matériel pour le son et image de Grandeur Nature.

" Le raft demande un travail d’équipe sur les 18 kms de descente. L’été, on emmène des groupes tout public pour 2 jours de bivouac durant la haute saison. L’âge minimum est de 14 ans, sinon c’est 12 ans pour les descentes sans campement ", explique Pauline qui barrera le plus grand des deux rafts. " Nous avons suivi la même formation avec Thibault pour apprendre à lire la rivière et anticiper les écueils ", ajoute la décoratrice d’intérieurs, active dans ce métier la moitié de l’année Outre-Atlantique. Thibault, l’aventurier qui court le plus souvent le Grand Nord et la Laponie avec des groupes de touristes baroudeurs, assurera l’autre canot avec deux passagers à l’avant. Ils seront armés de pagaies comme les occupants de l’autre embarcation. Alice, qui enseigne le yoga, mènera son kayak seule, habituée à la bonne garde de l’expédition. Les rafts peuvent emmener du poids. Faudra être vigilant avec la prise d’eau dans la succession de rapides. " On emmène aussi de quoi s’hydrater, s’abriter, manger…avec même une petite table pliante pour se sentir bien dans le lieu, détaille Thibault. On s’arrêtera dans un des endroits les plus sauvages qui bordent la rivière. Parmi des conifères, sur un surplomb de la rivière plus au calme et dégageant moins d’humidité. "

Les " V " bouillonnants dessinés par le courant qui s’engouffre entre les roches, nous donne le point de mire à viser. En milieu de journée, le barrage à vocation hydroélectrique de Tignes en amont a ouvert ses vannes régulatrices pour quelques heures. Cette eau alpine rejoindra le Rhône en aval…

Au cœur du bouillon et de l’écume, parmi les enrochements et les troncs flottant entre deux eaux, on suit à la lettre les ordres du barreur. Ils se mêlent aux éclats de rire assourdis par la violence des remous : les " En avant, droite arrière, gauche avant, banzai… " fusent... De rapide à plus calme, la progression est variable. Nos bras tendus vont chercher l’eau en amont du raft en piochant un maximum bras tendu pour une prise de pagaie la plus motrice possible. Parfois, un ordre du barreur tombe : il faut se coucher rapidement au fond du raft afin de se mettre en sécurité. Tout le monde a du plaisir ; frênes, aulnes, merisiers, noisetiers garnissent sauvagement les flancs de la vallée. Soudain des gorges se referment comme un piège. A nous de nous faufiler entre leurs parois abruptes et inaccessibles, là où niche le cingle plongeur.

Dormir sous une bonne étoile

Des bergeronnettes en chasse virevoltent puis se posent. Comme nous. Déjà, on accoste pour mieux débarquer dans une eau plus calme au détour d’une barrière rocheuse. On s’organise, toujours habillé en pingouin, gilet de sauvetage en plus. Quelque 150 mètres à parcourir entre troncs couchés pour se mettre au sec, tendre des câbles, monter les tentes et une bâche… Coin cuisine, coin yoga, coin couchages… Chacun œuvre avant que la nuit ne tombe et que les lampes frontales s’allument. Alice, guide de rivière et monitrice de kayak, a tendu son hamac un peu à l’écart. Elle nous rejoint pour la séance de retour au calme. " Ce soir, contrairement à l’éveil d’énergie ce matin à la base de loisirs de Centron, ce sera davantage d’étirements pour ramener le calme au corps un peu crispé par une pratique sportive inhabituelle. " Pieds nus, en pleine nature, privés de stimuli extérieurs, corps et âme se laissent conduire vers le détachement, la relaxation, la détente et la méditation. Avec Alice, c’est sûr, le yoga s’adapte à la personne. Le groupe se fond en harmonie avec la généreuse nature qui l’entoure. Un privilège certain pour chacun, après un gros travail sur sa propre respiration.

Pauline et Thibault terminent la préparation du repas du soir. La soupe aux brocolis parfumée au lait de coco est fumante et appétissante. Pois chiches, riz, citron vert… Tout est délice. " On ne laissera aucune trace de notre passage. " Pauline vérifie que tout est bien empaqueté ; 3 plis au sommet des sacs étanches avant de les boucler. Seul témoin de notre présence, le drone décrit des boucles au-dessus des cimes des arbres. Les images seront belles. A l’écran comme dans nos têtes. Espérons que renards, sangliers et autres ne nous tiendrons pas rigueur de cette incursion dans leur territoire laissé intact. On vous l’assure.

Grandeur Nature cest dimanche de 16h à 18h sur Vivacité et à tout moment en podcast sur RTBF Auvio !

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