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Grands chantiers retardés par les pénuries : se dépêcher pour éviter de perdre des subsides

Le chantier de la rue Royale, à Tournai, ne souffre pas trop de la pénurie de matériaux.

© Denis Vanderbrugge – RTBF

19 mai 2022 à 09:23Temps de lecture1 min
Par Pierre Wuidart et Denis Vanderbrugge

Ne pas traîner pour éviter de gaspiller le moindre euro. C’est un peu la philosophie sur les chantiers financés par l’Europe en ce moment. Ceux qui ont bénéficié des Fonds Feder (Fonds européen de développement régional) voient l’échéance du 31 décembre 2023 se rapprocher à toute vitesse. A cette date, il faudra avoir tout terminé et tout facturé. Si ce n’est pas le cas, des subsides seront perdus.

Ainsi à Tournai, les ouvriers mettent les bouchées doubles en ce moment. La Ville mène trois chantiers Feder de front. Et comme partout, ces grands travaux doivent faire face à des augmentations de prix et des pénuries de matériaux.

"Dans les tuyaux en PVC, on le ressent très fort. On est obligés d’acheter au compte-goutte", explique Philippe Lérinck, le patron de l’entreprise Eurovia, active sur le chantier de rénovation de la rue Royale. Pour éviter d’être dans l’embarras, l’entreprise a anticipé des commandes. Elle stocke ses matériaux en grande quantité ce qui devrait lui permettre de tenir les délais sans trop de problème.

41 millions de subsides européens

La situation est peut-être un peu plus délicate sur un autre chantier tournaisien : celui du Carré Janson. Là il est question de rénover un ancien bâtiment au pied de la cathédrale pour le transformer en "smart center", un lieu multifonctionnel destiné aux touristes, aux habitants et aux entreprises.

Également subsidié par l’Europe, le chantier a débuté à peine deux ans avant l’échéance du 31 décembre 2023. Pourtant là encore, il va falloir terminer à temps. "On sait que certaines parties d’un projet ne nous rapporteront pas de subsides. On va donc essayer d’aménager le calendrier pour prioriser les parties subsidiables" explique Philippe Robert, l’échevin en charge de ces travaux européens.

L’enjeu est de taille. Le fonds Feder représente pour les trois chantiers tournaisiens une enveloppe de 41 millions d’euros. Il serait dommage de voir s’envoler même une petite partie de ce montant.

Du côté du cabinet du ministre-président wallon Elio Di Rupo, on explique que la Wallonie avait demandé un délai supplémentaire à l’Europe pour ses chantiers Feder, dans la foulée des inondations de juillet 2021. Sans succès.

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