Grève dans les prisons : pas de service minimum possible dans 17 prisons du pays

Grève dans les prisons : pas de service minimum possible dans 17 prisons du pays

© THIERRY ROGE - BELGAIMAGE

13 oct. 2020 à 10:34Temps de lecture2 min
Par Belga

Le nombre de gardiens requis pour un service minimal n'a pas été atteint dans dix-sept prisons du pays mardi matin en raison de la grève de 48 heures qui touche les établissements du pays, signale l'administration pénitentiaire. Dans ceux de Saint-Gilles et de Louvain, il y a même moins de 50% du personnel nécessaire pour un tel service minimum.

La CSC Services publics mène une grève de 48 heures depuis lundi matin afin de protester contre l'insuffisance de contrôle sur le Covid-19 chez les détenus revenant d'un séjour à l'extérieur de la prison. Depuis lors, l'administration pénitentiaire a soumis quelques propositions aux syndicats, auxquelles une réponse est attendue pour mercredi. En attendant, la grève se poursuit.

L'objectif de service minimum n'a pas été atteint dans 17 prisons mardi matin lors de la rotation de l'équipe matinale (06h00 à 14h00). Parmi elles figurent les trois établissements de Bruxelles: Saint-Gilles, où 38% du personnel nécessaire est présent, Forest (69%) et Berkendael (50%). C'est le cas aussi de quatre prisons en Wallonie: Huy (83%), Lantin (94%), Marneffe (63%) et Tournai (79%).

En revanche, la présence dépasse largement l'objectif du service minimum dans 75% des établissements pénitentiaires wallons, signale l'administration. La police n'est présente dans aucun d'entre eux, tandis qu'elle a dû être déployée dans ceux de Bruges, Gand, Saint-Gilles, Forest et Berkendael. Cela avait en outre déjà été le cas durant la nuit passée.

L'administration pénitentiaire a proposé lundi après-midi de suspendre les visites hors surveillance pendant un mois à partir de vendredi. Elle souhaite également que les congés pénitentiaires soient pris autant que possible en un seul bloc et propose que les détenus qui en reviennent restent en cellule pendant 24 heures jusqu'à la prochaine consultation médicale.

Il est également envisagé d'obliger les détenus à porter un masque lorsqu'ils quittent leur cellule et de demander qu'une attention particulière soit accordée à l'application et au respect des règles d'hygiène par les détenus et les membres du personnel.

Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, les prisons ont toujours pris en compte l'évolution des taux d'infection dans la société et les mesures proposées en sont le résultat, souligne encore Kathleen Van De Vijver, porte-parole de l'administration pénitentiaire. Elle demande également que le personnel et les détenus fassent de leur mieux pour respecter les mesures de sécurité, afin qu'ils puissent continuer à contrôler la pandémie.

Depuis le début de celle-ci à la mi-mars, 92 détenus ont été infectés, indique encore l'administration. Ce qui correspond à 0,85% de l'ensemble des 10.700 détenus.

Actuellement, 32 d'entre eux sont encore contagieux, dont 18 ont été admis dans l'aile spéciale Covid de la prison de Bruges (24 lits au total). La plupart sont asymptomatiques et n'ont donc pas besoin de soins médicaux intensifs. Seuls quelques-uns sont malades.

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