Belgique

Grève de 24h chez Bpost depuis lundi soir : la distribution du courrier majoritairement perturbée en Wallonie et à Bruxelles

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Par Victor de Thier, Miguel Allo avec Belga

Les syndicats de Bpost ont appelé à respecter une grève de 24 heures. L’action a démarré ce lundi à 22h00, a indiqué l’entreprise postale sur le réseau social Twitter. La distribution du courrier sera dès lors perturbée ce mardi et les bureaux de poste pourraient rester portes closes.

Impact sur les centres de tri

La grève entamée lundi soir dans les centres de tri a majoritairement un impact sur la distribution du courrier en Wallonie et à Bruxelles. Les deux centres de tri majeurs de Wallonie, à Charleroi et Awans (Liège) sont bloqués ainsi que celui de Bruxelles X, a appris mardi Belga auprès des syndicats.

La majorité des centres de tri wallons sont également bloqués par des piquets de grève et aucun courrier n’a pu en sortir. "Les centres de Mons, Mouscron, Tournai, Nivelles et Braine-l’Alleud, notamment, sont concernés par le mouvement. Nous avons uniquement laissé sortir les journaux"', confirme Pascale Martin, secrétaire permanente Wallonie à la SLFP Poste. "Certains bureaux de poste seront également fermés pour la journée mais il est encore trop tôt pour connaître l’ampleur de ces fermetures."

A Bruxelles, le centre de tri Bruxelles X, à Neder-Over-Heembeek, est également bloqué. "Plus de 80% du personnel y est en grève", confirme Danny Vanhee, secrétaire permanent Bruxelles/Brabant flamand à la SLFP Poste. Le blocage de l’infrastructure bruxelloise pourrait également avoir un impact sur la distribution du courrier en Flandre.

En Wallonie et à Bruxelles, environ 75% des tournées de distribution des journaux ont eu lieu mardi ainsi que 50% des tournées ordinaires, estime pour sa part Bpost.

Au nord du pays, certains travailleurs des centres d’Anvers et Gand participent également au mouvement mais son ampleur est moindre qu’en Wallonie et à Bruxelles, selon les syndicats. Bpost estime que 90% des travailleurs flamands ne participent pas au mouvement.

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La réorganisation dénoncée par les syndicats

La porte-parole de Bpost ajoute que l’appel à la grève est lié à la transformation de l’entreprise postale en une société internationale d’e-commerce, un processus qui nécessite un changement d’organisation. Cette transformation a été retardée par plusieurs changements de CEO, poursuit-elle, mais a été accélérée avec la désignation de Jos Donvil comme CEO de Bpost Belgium.

Côté syndical, on reconnaît l’importance de la livraison de colis dans les activités. Des négociations seraient en cours avec de nouveaux clients et alors que les contrats ne sont pas encore signés, "l’entreprise souhaite réorganiser les services aux distributions sur base de volumes/colis", nous dit Gregory Vandersmissen, délégué principal Bpost CSC au centre de tri de Charleroi. Le personnel souhaite dès lors être rassuré sur son avenir : "ce n’est pas une diminution d’emplois, mais une diminution de services. Et donc, ils se posent des questions."

Le président national du syndicat SLFP Poste, Luc Tegethoff, renvoie vers les négociations en cours de conventions collectives de travail et aux "réorganisations ici et là". Celles-ci sont également liées à la décision d’Amazon d’élaborer son propre réseau de livraison de colis, ce qui signifie que le volume de paquets à délivrer par Bpost a diminué "essentiellement en Wallonie et à Bruxelles", ce qui pourrait être synonyme de disparition d’équivalents temps plein "sans licenciements secs" toutefois, explique le syndicaliste.

La réorganisation voulue par la direction entraîne une disparité dans la charge de travail entre les facteurs.

Du côté de la CSC, on dénonce "la relance du rouleau compresseur" de la part de la direction. "La réorganisation voulue par la direction n’est plus du tout en phase avec l’époque actuelle. Elle entraîne une disparité dans la charge de travail entre les facteurs", dénonce Stéphane Daussaint, responsable Bpost pour la CSC.

Les syndicats veulent envoyer un signal avec leur grève et augmenter la pression pour revoir le processus de réorganisation. Des négociations seraient toujours en cours avec Amazon, ce qui mènerait à une nouvelle augmentation des volumes. "Nous voulons suivre la direction mais pas au prix de perte d’emplois", prévient Luc Tegethoff.

Il y a 24.000 personnes qui travaillent et il y a 2900 malades en moyenne par jour

Concernant la pénibilité au travail, Thierry Tasset, secrétaire général de la cgsp Poste estime que les postiers ne sont pas entendus quand ils parlent de leur mal-être : "C’est une entreprise où on ne reconnaît pas la pénibilité. On voit la charge, mais on ne voit pas la pénibilité." Le syndicaliste nous donne l’exemple suivant : "Vous rentrez et sortez 250 fois par jour d’un véhicule, qu’il fasse -10 °C ou 30 °C. Les colis pèsent aujourd’hui jusqu'à 30 kg. […] En même temps on fait des entretiens d’absentéisme. On met la pression sur eux tout le temps. Il y a 24.000 personnes qui travaillent et il y a 2900 malades en moyenne par jour. Pour un travail qui n’est pas pénible… Il faut quand même se poser des questions."

Distribution du courrier fortement perturbée en Wallonie et à Bruxelles

Les syndicats s’attendent à ce que l’action ait surtout des conséquences à Bruxelles et en Wallonie. C’est en effet dans ces deux régions que les réorganisations mises en place par Bpost ont le plus d’impact.

"Au-delà des postiers, les centres de tri de Liège, Charleroi et Bruxelles au moins resteront portes closes, ce qui perturbera fortement la distribution de courrier dans ces régions", détaille Stéphane Daussaint. La grève s’étend également aux guichetiers, ce qui signifie que la plupart des bureaux de poste devraient également rester portes closes.

Une réunion est prévue ce vendredi entre la direction et les syndicats.

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