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Monde Europe

Grève des pilotes Ryanair ces 23 et 24 juillet : des suppressions de vols attendues, que faire si vous êtes impactés ?

11 juil. 2022 à 10:16 - mise à jour 11 juil. 2022 à 10:49Temps de lecture5 min
Par Anthony Roberfroid avec Jean-François Noulet

Nouvelle grève dans le ciel belge. Les pilotes belges de la compagnie Ryanair se croiseront les bras ces 23 et 24 juillet, en même temps que les pilotes français.

Les revendications des pilotes restent inchangées par rapport au précédent mouvement social. Néanmoins, la colère est d’autant plus forte cette fois-ci comme le précise Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE : "Nous manifestons également suite au comportement méprisant et arrogant de la compagnie face à la grogne sociale du mois de juin", explique le syndicaliste.

Le personnel de bord réclame le respect du droit du travail belge avec la garantie d’un salaire minimum pour tous. Dernier exemple en date qui frustre les pilotes : "l’indexation des salaires de juin n’a pas eu lieu", indique Didier Lebbe.

La liste des vols annulés n’est pas encore disponible, mais des perturbations sont attendues.

Grève Ryanair les 23 et 24 juillet

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La charge de travail des pilotes et du personnel de bord s’est accentuée avec la récente reprise de la demande de voyages :"les gens sont déjà fatigués rien qu’à voir leurs horaires", confiait ainsi Didier Lebbe lors de la précédente grève.

Les organisations syndicales dénoncent également l’absence d’une direction RH (Ressources humaines) basée en Belgique et connaissant la législation sociale belge.

La direction adopte toujours une attitude arrogante et méprisante

"La direction adopte toujours une attitude arrogante et méprisante. L'indexation qui devait être appliquée en juin ne l'a pas été. Mais ce n'est qu'un exemple parmi de nombreux autres", détaille Didier Lebbe de la CNE.  

Ce dernier déplore par ailleurs les propos tenus lundi par le CEO dans les colonnes d'un quotidien irlandais. Lors d'une interview, Michael O'Leary a ainsi affirmé que seul 25 vols avaient été annulés depuis le début de l'été alors que le total est de plusieurs centaines, fustige le syndicaliste.

Si vous aviez un vol prévu, que faire ?

Les consommateurs dont le vol serait annulé en raison de la grève ont normalement droit à un autre vol ou au remboursement.

C’est en principe à la compagnie aérienne d’informer ses clients de l’annulation d’un vol.

La compagnie doit alors faire des propositions aux voyageurs concernés. Elle doit leur proposer un vol alternatif ou le remboursement du vol. Les vols alternatifs proposés peuvent l’être à courte échéance ou à plus longue échéance.

En plus de l’éventuel remboursement du billet d’avion ou de son remplacement par un vol alternatif, le voyageur est en droit d’obtenir une indemnisation sous certaines conditions :

  • Si, si le voyageur arrive à destination finale avec un retard de plus de trois heures, une indemnisation lui est due, sauf en cas de force majeure.
  • Si l’heure de départ du vol est retardée d’au moins cinq heures ou si le vol est annulé, le passager a droit à un autre vol ou à un remboursement et à une indemnisation. Celle-ci s’élève à 250, 400 ou 600 euros, en fonction de la distance.
  • Si un vol est retardé de plus de deux heures, la compagnie aérienne est obligée d’offrir des repas et rafraîchissements, en fonction du temps d’attente, deux appels téléphoniques ou e-mails gratuits ou, le cas échéant, une nuit à l’hôtel et le transport vers l’hôtel, si la compagnie aérienne modifie le vol du voyageur. Si ce n’était pas le cas, alors que la compagnie était en devoir de le faire, il est recommandé de conserver les preuves de paiement de rafraîchissements, de repas ou de nuitées d’hôtel.

Pour qu’une action de grève soit considérée comme un cas de force majeure, il faut qu’elle ne concerne pas directement la compagnie aérienne. Une grève des bagagistes ou des contrôleurs aériens serait ainsi considérée comme un cas de force majeure. En revanche, la jurisprudence européenne a déjà précisé qu’une grève du personnel d’une compagnie aérienne en raison des conditions de travail n’est pas un cas de force majeure.

Puisque les grèves chez Ryanair répondent à cette condition, le voyageur pourra donc être indemnisé si le vol a un retard de plus de trois heures.

S’il s’agit d’un vol réservé auprès d’une agence ou d’un tour-opérateur dans le cadre d’un voyage à forfait (vol + séjour), les personnes concernées doivent se tourner vers l’organisateur du voyage, par exemple l’agence auprès de laquelle le voyage a été réservé. Celle-ci devra proposer une alternative équivalente ou avec une réduction de prix correspondante. Il est également possible d’annuler le voyage sans frais et d’obtenir un remboursement complet.

Si la compagnie aérienne refuse de modifier ou de rembourser le billet, les voyageurs peuvent se tourner vers le SPF Mobilité pour déposer une plainte. Ils peuvent également s’adresser au Service de Médiation pour le Consommateur (en cas de problème avec des entreprises belges) ou au Centre européen des consommateurs (en cas de problème avec des entreprises étrangères) pour trouver un règlement à l’amiable. Les consommateurs peuvent cependant perdre leur droit à l’indemnisation ou au remboursement lorsqu’ils cherchent eux-mêmes une solution.

Comment obtenir ces indemnités ?

Comme expliqué par Test Achats sur son site, le voyageur doit effectuer des démarches. C’est à lui d’introduire la demande d’indemnité. Il existe un formulaire européen pour cela.

Le centre européen des consommateurs peut aussi aider les voyageurs confrontés à ces démarches. Test Achats fournit aussi de nombreux renseignements et est joignable au 0800 29 510.

Pas le temps d’attendre une proposition de vol alternatif suite à un vol "retour" annulé ?

Les actions de grève risquent aussi d’empêcher des voyageurs en séjour à l’étranger de rentrer en Belgique. Si c’est un vol retour qui est annulé, la compagnie doit, bien sûr, aussi proposer un vol alternatif ou un remboursement et prendre soin des passagers bloqués en attente de solution.

Il peut arriver qu’un voyageur ne puisse se permettre d’attendre qu’une solution alternative lui soit proposée. Si ce voyageur réserve lui-même un vol de retour via une autre compagnie, il aura toujours droit au remboursement de son vol initial. Le cas échéant, il pourra tenter de récupérer auprès de la compagnie les frais qu’il a engagés pour rentrer chez lui. Cela sera difficile, mais cela s’est déjà vu.

J’ai un vol aller-retour et l’un des deux est annulé. Puis-je tout annuler ?

Vous deviez partir de Belgique l’un de ces prochains jours ? On vous a prévenu que votre vol était annulé ? Ou on vous a annoncé que votre vol retour serait annulé ? Vous êtes en droit de renoncer à tout. Cependant, attention : ne prenez pas l’initiative d’annuler vous-même, sous peine de perdre vos droits à une indemnisation.

Mieux vaut contacter la compagnie aérienne et, avec elle, en fonction de vos souhaits, procéder à une annulation des vols aller et retour.

Vous aviez réservé un séjour, un hôtel ?

L’annulation d’un vol peut avoir des conséquences en cascade si le voyageur a réservé des prestations sur son lieu de destination, par exemple, un hôtel.

S’il s’agit d’un voyage à forfait (vol + séjour), réservé via une agence ou un tour-opérateur, il n’y a pas de soucis. En cas d’annulation du vol, l’annulation éventuelle de l’hôtel ou des prestations réservées via l’agence ou le tour-opérateur iront de pair.

Par contre, si le voyageur a réservé par ses propres moyens un hôtel et qu’il souhaite l’annuler en raison de la grève dans le secteur aérien, il devra vérifier les conditions d’annulation auprès de l’hôtelier. Elles lui ont été communiquées, normalement, lors de la réservation.

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