Belgique

Grève du personnel du Petit-Château (Fedasil), le secrétaire d’Etat Mahdi réagit

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18 oct. 2021 à 10:36Temps de lecture3 min
Par Jean-François Noulet, avec M. Sirlereau

Le personnel du centre Fedasil du Petit-Château, à Bruxelles, est en grève ce lundi. Il dénonce des conditions de travail difficiles en raison de l’afflux de demandeurs d’asile. Les incidents se multiplient et le personnel craint pour sa sécurité. Interrogé par la RTBF, le secrétaire d’Etat à l’Asile, Sammy Madhi (Cd&V) dit comprendre le point de vue du personnel et être "du même avis qu’eux" quant aux conditions de travail. Il promet des engagements de personnel et insiste sur la nécessité de prendre des mesures à moyen et long terme pour améliorer la gestion de la procédure d’asile.

Un problème d’effectifs

"Je comprends absolument", "je suis tout à fait du même avis qu’eux", réagit Sammy Mahdi, le secrétaire d’Etat à l’Asile, alors que le personnel du centre Fedasil du Petit-Château est en grève.

Pour Sammy Mahdi, le manque d’effectifs est une réalité. "Il faut savoir que les dix dernières années ou les dizaines de dernières années, on n’a pas investi dans notre personnel. On n’a pas essayé de renforcer l’effectif pour qu’il puisse nous aider à traiter les dossiers beaucoup plus rapidement", réagit Sammy Mahdi. Dès lors, un demandeur d’asile a une procédure qui, parfois, dure plus d’un an et cela met aussi une pression sur le système", estime Sammy Mahdi.

Il confirme que les effectifs seront renforcés, comme prévu par le gouvernement, de 700 personnes. "Dans les mois qui viennent, on renforce le système avec des personnes qui vont travailler pour Fedasil, l’Office des Etrangers, pour le Commissariat général, pour vraiment renforcer toute la chaîne migratoire", assure le secrétaire d’Etat.

Le problème du flux migratoire actuel

S’il y a d’une part les conditions de travail et le manque de personnel, il y a aussi, pour Sammy Madhi, la question du "flux migratoire" et "le fait qu’il y a un grand nombre de personnes qui introduisent une demande d’asile". Cela complique la tâche du personnel.

Face à cela, il faut, dit Sammy Madhi des mesures politiques. Ainsi, il explique qu’actuellement, la réinstallation venant des pays tiers est temporairement mise sur pause. On parle ici de personnes ayant demandé l’asile dans un pays tiers, par exemple en Turquie, et que la Belgique accepterait d’accueillir par solidarité.

Sammy Mahdi voudrait aussi éviter que des demandeurs d’asile frappent à la porte de la Belgique et en particulier à celle du Petit-Château alors qu’ils ne devraient pas le faire. Que seuls "ceux qui ont réellement besoin d’être protégés le fassent", explique-t-il. En effet, selon lui, "de nombreuses personnes" qui s’adressent à la Belgique pour introduire une demande d’asile "ont déjà une procédure en cours dans un autre pays européen ou ont, peut-être, déjà le statut de réfugié international dans un autre pays européen". Ils viennent donc "mettre sous pression le système belge" ou le font "aux Pays-Bas ou en Allemagne qui ont la même problématique", explique Sammy Mahdi. Pour lui, c’est un problème qui "doit être résolu au niveau européen le plus vite possible".

Il faut, estime Sammy Madhi, "revoir le système pour garantir que chaque demandeur d’asile puisse être protégé de la meilleure façon", là où il introduit sa demande d’asile.

 

Des campagnes d’information

Le secrétaire d’Etat à l’Asile compte notamment sur des campagnes d’information en cours en Europe "pour dire à tous les demandeurs d’asile, surtout ceux de la nationalité afghane, qui sont nombreux, de ne pas passer d’un pays européen à l’autre parce que cela ne sert à rien", explique Sammy Mahdi. Il faut "rester dans le premier pays où on fait cette demande".

Il faut aussi communiquer dans les pays d’origine pour dissuader les candidats à l’asile provenant de certains pays pour lesquels les chances d’obtenir un statut de réfugié en Belgique sont nulles ou quasi nulles. C’est par exemple le cas de l’Albanie où le secrétaire d’Etat Mahdi se rend d’ailleurs aujourd’hui, car actuellement, on observe que plus d’Albanais tentent leur chance en Belgique. "On sait aussi que la plupart des Albanais qui introduisent une demande de protection internationale en Belgique ne reçoivent pas un statut de réfugié, dû au fait qu’il n’y a pas de raisons pour des personnes venant d’Albanie de demander une protection internationale en Belgique", rappelle Sammy Mahdi. "Donc, on va faire une campagne d’information là-bas pour précise aux gens que ça ne sert à rien de venir en Belgique pour demander l’asile si on n’est pas dans un réel besoin de protection internationale", poursuit le secrétaire d’Etat à l’Asile.

Il plaide aussi pour un "nouveau modèle migratoire européen" pour permettre "d’aider ceux qui sont dans un réel besoin" et aussi "de contrôler ceux qui ne sont pas dans un réel besoin de protection internationale", précise Sammy Madhi.

Fedasil: grève du personnel du centre du Petit Château

Bruxelles : grève du personnel du centre Fedasil du Petit Château ce lundi (18/10/2021)

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