Economie

Grève du personnel Ryanair aux aéroports de Charleroi et Zaventem du 22 au 24 avril

Opening of the Ryanair base in Nuremberg
15 avr. 2022 à 12:53Temps de lecture3 min
Par Belga

Les membres du personnel de cabine de Ryanair travaillant aux aéroports de Zaventem et de Charleroi mèneront une grève de trois jours la semaine prochaine, du vendredi 22 au dimanche 24 avril inclus, annoncent vendredi les syndicats chrétiens francophone CNE et flamand ACV Puls. Une action motivée par des négociations autour d'une nouvelle convention collective de travail (CCT) sur les salaires et les primes du personnel de cabine qui n'ont pas encore abouti à un accord. Une dernière tentative de médiation entre les représentants du personnel et la direction de la compagnie irlandaise à bas coûts organisée vendredi n'a pas permis d'aboutir aux solutions espérées.

Le transporteur emploie environ 650 personnes en Belgique, dont quelque 400 stewards et hôtesses, mais n'y dispose pas d'un département RH, dénonce le syndicat. Depuis trois ans, "Ryanair reconnaît qu'elle est soumise à la législation belge mais refuse d'investir dans une politique du personnel. Les fiches de salaire sont erronées, les salaires ne sont pas payés correctement, les documents sociaux ne sont pas en ordre, etc. Cela crée une source permanente de problèmes pour le personnel en Belgique", dénonce Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE.

Des futures mères sans salaire

"Certains membres du personnel qui ne sont plus autorisés à prendre l'avion, en raison d'une grossesse par exemple, sont sans salaire/avantages sociaux depuis des mois", illustre son homologue flamand Hans Elsen, de l'ACV Puls. "Ryanair n'a aucun respect pour le bien-être de son personnel. Il est honteux qu'une si grande entreprise continue à s'en tirer en ignorant les droits fondamentaux des travailleurs en Belgique."

"Tous les jours, tout le temps, le personnel nous rapporte des infractions de la part de Ryanair qui ne respecte pas les règles. Ca épuise le personnel", appuie Didier Lebbe, qui assure que tous les moyens de négociation ont été utilisés.

En 2018, les syndicats avaient obtenu, en plus de la reconnaissance par la compagnie de la législation belge sur le travail, la mise en place d'un DRH connaissant le droit local. Celui-ci a bel et bien été engagé mais n'est plus en fonction aujourd'hui.

Une ancienne - et première en Belgique - convention collective de travail pour le personnel de cabine, conclue au printemps 2019, a expiré à la fin du mois de mars. Cette CCT prévoyait notamment un revenu mensuel fixe, quel que soit le nombre de vols effectués par les hôtesses et les stewards.

Les syndicats chrétiens dénoncent également que 75% du personnel de cabine perçoit le salaire minimum du secteur, et ce alors qu'ils travaillent les jours fériés et les week-ends, tôt et tard. "Tout cela pour un montant brut dérisoire de 2.000 euros. Bien que Ryanair ait une marge bénéficiaire de 30% à Charleroi, la plus grande base de Belgique, et qu'elle s'attende à réaliser un bénéfice d'un milliard d'euros cette année, il n'y a aucune marge pour une amélioration du pouvoir d'achat des travailleurs", fustigent CNE et ACV Puls. Pour ces organisations, le mécanisme d'indexation de ces "bas salaires" ne couvre pas l'augmentation du coût de la vie.

Les positions dans les négociations pour une nouvelle convention collective de travail sont donc encore très éloignées. "Ryanair pense qu'il s'agit d'une crise, alors que nous pensons que les prévisions actuelles de bénéfices de la compagnie offrent une marge pour de meilleures conditions pour le personnel de cabine", estime Hans Elsen.

Par cette action de trois jours, qui vise à éviter que le transporteur irlandais ne puisse casser la grève, les deux syndicats entendent montrer que le personnel de cabine est un élément essentiel de la compagnie et que ce sont eux qui font fonctionner Ryanair.

Un préavis de grève à durée indéterminée avait été introduit le 1er avril dernier par la CNE au nom du personnel de cabine basé à Brussels Airport et à Brussels South Charleroi Airport (BSCA).

En France également, il y a pour le moment une menace d'actions syndicales puisqu'un préavis de grève y a été introduit dernièrement. Une grève pourrait dès lors aussi y avoir lieu la semaine prochaine.

Enfin, du côté des pilotes, qui ne sont pas concernés par cette grève, les négociations sont en cours, mais "il y a beaucoup de chances que la paix sociale se rompe également", avait prévenu, début avril, Didier Lebbe.

La dernière grève chez Ryanair en Belgique remonte à l'été 2018. Il y avait alors eu quatre jours de grève au total, pendant lesquels 172 vols avaient été annulés ou retardés. Récemment, la compagnie est parvenue à un accord à l'amiable avec l'organisation de consommateurs Test Achats concernant l'indemnisation des quelque 33 000 passagers ayant été touchés par ces actions.

Sur le même sujet :

JT du 04/04/2022

Sur le même sujet

Tensions sociales chez Ryanair : Test Achat met la compagnie en demeure

Economie

Ryanair annule de nombreux vols depuis et vers Brussels et Charleroi Airport les 22, 23 et 24 avril

Economie

Articles recommandés pour vous