RTBFPasser au contenu
Rechercher

Politique

Grève du service public : l’inquiétude concerne aussi le personnel des hôpitaux, par exemple à Mons

31 mai 2022 à 10:30Temps de lecture2 min
Par Jean-François Noulet, avec M. Sirlereau

Dans le cadre de la journée de grève organisée dans le service public, des manifestations se sont tenues en de nombreux endroits du pays. A Mons, c’est devant l’hôpital Ambroise Paré qu’environ 500 manifestants s’étaient rassemblés. Parmi ceux-ci, des membres du personnel de l’hôpital, inquiets pour leur avenir, car l’hôpital Ambroise Paré, établissement public, devrait être fusionné, avec le groupe privé Jolimont.

La crainte de la privatisation

Parmi les manifestants descendus dans la rue à Mons, les travailleurs de l’hôpital Ambroise Paré faisaient part de leurs inquiétudes. Leur établissement est appelé à fusionner, au sein d’un grand groupe hospitalier, avec d’autres hôpitaux, tels ceux du groupe privé Jolimont. Pour les travailleurs montois, la crainte est grande.

"L’hôpital public va disparaître au fur et à mesure", explique Anne-Sophie, ergothérapeute. "Pour l’instant, la direction nous garantit que les travailleurs maintiennent leurs droits acquis et le statut des nominations du secteur public. Cela va quand même être des travailleurs qui vont être en extinction et qui vont être remplacés par des travailleurs du privé", poursuit-elle, inquiète. Elle craint ainsi que dans l’hôpital, cela devienne, "de pire en pire", parce que "les gens vont travailler dans des conditions de plus en plus difficiles". Et de s’inquiéter, en cas de privatisation, d’avoir d’autres conditions de travail, de perdre des possibilités d’aménagement de fin de carrière, de nomination.

"On n’est pas contre le fait qu’il faille mutualiser les forces au niveau médical, parce qu’il faut une offre de soins de qualité", réagit Pauline, logopède à Ambroise Paré. "Ce qu’on craint, c’est la fusion. Elle n’est pas nécessaire", ajoute-t-elle. Des craintes sont aussi présentes pour la prise en charge des patients. "Les frais, en termes de prise en charge des soins de santé ne font plus être aussi accessibles au tout-venant", poursuit Anne-Sophie, l’ergothérapeute,

Des craintes qui s’ajoutent à un vécu déjà difficile après le Covid

Ces craintes qu’ont ces travailleurs pour leur avenir au sein de leur hôpital sont des difficultés de plus à gérer, alors que la période Covid a laissé des traces au sein du personnel. "Il y a pas mal d’absentéisme dans les hôpitaux. Les gens sont à bout de forces", explique Pauline, logopède à Ambroise Paré.

Avec la crise du Covid, "on a parlé du personnel comme étant des héros. Aujourd’hui, on continue à presser le citron. Les conséquences, c’est que les travailleurs ne veulent plus travailler en hôpital. Ils se réorientent. Tellement au bout de leur vie, ils envisagent d’autres perspectives de carrière", ajoute Anne-Sophie, ergothérapeute. Pour ces manifestants, le travail fourni par le personnel pendant le Covid, "les dirigeants l’ont oublié".

Sur le même sujet

Fin de la grève à la SNCB qui s'attend à un retour à la normale dès mercredi matin

Belgique

Grève du secteur public : actions sporadiques dans les zones de secours

Belgique

Articles recommandés pour vous