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"Grosse mémère à soupière !" : un atelier dédié aux mots interdits dans le cadre de la "Bibliothèque insoumise" à Liège

"Grosse mémère à soupière !": Un atelier dédié aux mots interdits dans le cadre de la "Bibliothèque insoumise", à Liège

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30 sept. 2022 à 10:18Temps de lecture2 min
Par Bénédicte Alié avec Caroline Adam

Et si lire c’était désobéir ? C’est la question que pose l’exposition proposée à la Cité Miroir à Liège, dans le cadre de la quatrième édition de la "Bibliothèque insoumise". Une édition consacrée cette année à la littérature pour enfants.

A cette occasion et en parallèle à cette exposition, différentes activités sont proposées. Parmi celles-ci, un atelier dédié aux mots interdits, aux gros mots, aux insultes d’hier et d’aujourd’hui. Un moment pour le moins cocasse.

Une activité peu ordinaire

Un atelier qui invite, encourage même à dire des gros mots, voilà une activité bien peu ordinaire. "Salaud, grosse mémère à soupière, tête de cornichon", ici, ces mots sont autorisés. "Je me suis dit que ça pourrait être amusant dans un cadre d’atelier d’animation entre enfants et parents de provoquer justement un peu ces interdits et de voir ce qui peut en ressortir, parce qu’évidemment, il y a des choses qu’on n’est pas censés dire ou faire, et donc, pourquoi ne pas s’en amuser à les dessiner, à les colorier et à les rassembler dans un petit dictionnaire" explique David Carin, animateur de l’atelier.

Et les parents se prêtent aussi au jeu : "Je trouve que c’est chouette de pouvoir à un moment donné s’autoriser à dire des mots interdits, y compris avec nos enfants, pour leur montrer qu’on n’est pas exemplaires non plus". "Je me suis dit que c’était bien de pouvoir exorciser ça et que s’il y avait un endroit où ils pouvaient le faire, c’était ici, et pas à l’école. Je suis certaine qu’il ne le dit pas à l’école d’ailleurs."

Susciter les interdits.

Mais certains enfants n’osent pas proposer les mots interdits : "Depuis tout petit, ils sont habitués à ne pas pouvoir les dire" souligne David Carin. "Ce n’est pas facile de s’exprimer et de les dire devant tout le monde. On sent qu’il y a de la gêne, on sent qu’il y a des regards qui s’entrecroisent, et l’intérêt, il est juste là aussi, c’est de susciter un petit peu ces interdits."

Une bibliothèque ludique au centre de l’expo

Cet atelier des mots interdits est donc proposé dans le cadre de l’expo "Bibliothèque insoumise" avec, au centre du programme, une bibliothèque ludique dédiée cette année aux albums pour enfants : "L’idée, c’était de présenter plein d’ouvrages dans cette exposition qu’on dit même une bibliothèque ludique parce que les enfants peuvent s’y amuser" explique Michel Recloux, coordinateur de l’exposition.

"Par exemple, on a mis les livres censurés dans des boîtes fermées avec des cadenas, et il faut avoir le code pour pouvoir accéder aux livres. On pose des questions sur les stéréotypes. On a fait aussi une question sur "lire entre les lignes", c’est-à-dire comment l’auteur ou l’éditeur peut aussi parfois faire confiance à l’enfant en disant, voilà deux images, on ne vous dit pas ce qui s’est passé, mais c’est à vous d’imaginer, on vous fait confiance. Et bien sûr, on a toute une partie théorique, historique, chronologique, qui raconte le livre pour enfants."

La quatrième édition de la "Bibliothèque insoumise" se déroule jusqu’au 30 octobre. Retrouvez tout le programme sur www.territoires-memoire.be.

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