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Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : accord des 27 sur le 6ème paquet de sanctions, qui renoncent à sanctionner le patriarche orthodoxe russe Kirill

02 juin 2022 à 14:37Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Adeline Louvigny

Les ambassadeurs des 27 Etats membres auprès de l'Union européenne sont parvenus jeudi après-midi à un accord au sujet du 6e paquet de sanctions envers Moscou, que la Commission avait mis sur la table début mai, selon une source proche des discussions. Cette 6e salve de sanctions européennes depuis l'invasion russe de l'Ukraine fin février a fait l'objet de difficiles tractations entre Etats membres durant plusieurs semaines.

L'adoption des textes juridiques suivra dans les prochaines heures et une communication officielle devrait avoir lieu vendredi. 

Embargo du pétrole russe

Le gros morceau de ce 6e paquet est sans conteste l'embargo sur le pétrole russe, qui sera interdit d'importation par bateau d'ici la fin de l'année. Ce sujet avait été débloqué au niveau politique lors du sommet des dirigeants de lundi et mardi à Bruxelles. Les pays enclavés au premier rang desquels la Hongrie exigeaient au moins une exemption temporaire, qui a été accordée au vu de leur situation particulière. 

Mais alors que le paquet semblait débloqué, la Hongrie avait avancé mercredi en réunion des ambassadeurs une nouvelle exigence, avaient rapporté des sources diplomatiques : celle de ne pas inscrire le chef de l'Église orthodoxe russe, le patriarche Kirill, dans la liste des personnalités sanctionnées, celles dont les avoirs dans l'UE sont gelés et qui sont interdites d'entrée sur le territoire européen. Le patriarche est considéré comme "un allié de longue date du président Vladimir Poutine", et est "devenu l'un des principaux soutiens de l'agression militaire russe contre l'Ukraine", soulignait la proposition de sanctions soumise aux États membres, qui n'a pas été acceptée par Budapest.Dans le texte sur lequel les représentants des 27 se sont finalement mis d'accord jeudi : le patriarche Kirill, de son vrai nom Vladimir Goundiaïev, n'est finalement pas inclus dans les personnes à sanctionner.

Ce primat de l'Église orthodoxe russe est un ancien membre du KGB, le service secret russe et proche du président Vladimir Poutine. Il occupe la plus haute fonction de l'Église orthodoxe de Russie depuis 2009, après avoir assuré ce rôle par intérim suite à la mort d'Alexis II. Il soutient officiellement l'invasion russe en Ukraine : "Que Dieu nous préserve de ce que la situation politique actuelle en Ukraine, pays frère qui nous est proche, soit utilisée de manière à ce que les forces du mal l'emportent" déclare-t-il quelques jours après le début de la guerre en Ukraine, les "forces du mal" étant ceux qui détruisent "l'unité historique" des deux pays, soit les opposants aux forces russes en Ukraine.

Le 27 mai dernier, l'Église orthodoxe d'Ukraine annonçait prendre son indépendance vis-à-vis de la branche russe. "Nous ne sommes pas d’accord avec le patriarche moscovite Kirill […] en ce qui concerne la guerre en Ukraine", a expliqué dans un communiqué l’Eglise ukrainienne, à l’issue du concile consacré à "l’agression" contre son pays qui a prononcé "la pleine indépendance et l’autonomie de l’Eglise orthodoxe ukrainienne".

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