Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : après les céréales, Erdogan propose sa médiation sur la centrale de Zaporijjia

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à gauche) avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky (centre) et le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres (droite), le 19 août 2022 à Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine

© Dimitar DILKOFF

03 sept. 2022 à 16:47Temps de lecture2 min
Par AFP, édité par Théa Jacquet

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a proposé samedi à son homologue russe Vladimir Poutine la médiation de la Turquie pour aider à résoudre la crise autour de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, occupée par les troupes russes.

Lors d’un entretien téléphonique entre les deux hommes, "le président Erdogan a déclaré que la Turquie peut jouer un rôle de facilitation sur la centrale nucléaire de Zaporijjia, comme elle l’a fait pour l’accord sur les céréales" en juillet, a indiqué la présidence turque dans un communiqué.

Le Kremlin a confirmé une discussion entre Poutine et Erdogan, indiquant que les deux dirigeants avaient confirmé "leur intention d’accroître leurs liens économiques et commerciaux", via notamment "des projets stratégiques communs dans le domaine de l’énergie".

Le communiqué de la présidence turque ne précise pas si Ankara a également proposé formellement sa médiation à l’Ukraine.

Un accord entre la Russie et l’Ukraine

La Turquie a l’intention de présenter une proposition prévoyant, comme elle l’avait fait pour l’accord sur les céréales, la création à Istanbul d’un bureau dédié au dialogue entre des organisations internationales, la Russie et l’Ukraine pour trouver un point d’entente sur la question du contrôle technique et des inspections de la centrale.

La Turquie entretient de bonnes relations tant avec Moscou que Kiev. Si Ankara a fourni à l’Ukraine des drones militaires, elle a refusé de se joindre aux sanctions occidentales décrétées contre la Russie après l’invasion de l’Ukraine.

En juillet, un accord entre la Russie et l’Ukraine obtenu à la suite d’une médiation turque avait permis la reprise des exportations de blé ukrainiennes entravées par le blocus maritime imposé par Moscou à Kiev en mer Noire.

La situation de la centrale de Zaporijjia (sud), la plus grande d’Europe, tombée aux mains des troupes russes en mars, peu après le lancement par Moscou de son invasion de l’Ukraine, inquiète de nombreux dirigeants internationaux.

Les deux belligérants s’accusent mutuellement d’avoir mené les bombardements qui ont visé sont site, et de risquer de déclencher une catastrophe nucléaire.

Dans son point quotidien sur les opérations en Ukraine, le ministère russe de la Défense a affirmé samedi que les troupes de Moscou avaient "repoussé" la veille une tentative d’assaut amphibie des forces ukrainiennes qui ont selon lui "encore une fois essayé de s’emparer" de la centrale.

Vendredi, Kiev avait indiqué avoir frappé une base russe à Energodar, ville voisine de la centrale, d’où elle accuse la Russie d’avoir retiré ses armements avant son inspection jeudi par une équipe de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

"Pas de nouveau Tchernobyl"

Lors d’une rencontre à Lviv (ouest de l’Ukraine) avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, Erdogan s’était inquiété le 19 août d’une possible catastrophe nucléaire en cas de dégât dans ces installations. "Nous ne voulons pas d’un nouveau Tchernobyl", avait-il déclaré, en référence à l’accident nucléaire de 1986 en Ukraine.

Jeudi, après avoir inspecté Zaporijjia avec une équipe de son organisation, le directeur de l’AIEA, Rafael Grossi, avait dit avoir constaté que "l’intégrité physique" de la centrale avait été "violée à plusieurs reprises". C’est "quelque chose qui ne peut pas continuer à se produire", avait-il ajouté, sans nommer la partie responsable.

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