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Guerre en Ukraine : faute de débouchés européens, la Russie brûlerait chaque jour plusieurs millions de m3 de gaz naturel

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© AFP/BELGA/Getty

Alors que les prix de l’énergie flambent en Europe, en Russie ce sont plus de 4 millions de mètres cubes de gaz, pour une valeur estimée à plus de 10 millions d’euros, qui partent en fumée chaque jour, selon une analyse du cabinet de recherche énergétique Rystad Energy citée par la BBC vendredi. D’après les experts, ce gaz était destiné à l’Allemagne.

L’attention de la population finnoise résidant à proximité de la frontière avec la Russie a été attirée au début de l’été par une haute flamme brûlant à l’horizon côté russe. Celle-ci provient de l’usine de gaz naturel liquéfié (GNL) de Portovaïa, au nord-ouest de St-Pétersbourg. Cette usine est implantée près d’une station de compression alimentant le gazoduc Nord Stream 1, qui dessert l’Allemagne.

Sanctions

En juin, Gazprom avait déjà réduit à 40% le débit du gazoduc Nord Stream 1, avant plusieurs jours de fermeture puis une reprise à 20% de ses capacités, officiellement pour cause de maintenance puis de problèmes techniques. Pour Berlin, il s’agit plutôt d’une mesure de rétorsion face aux sanctions européennes décrétées après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Cela a débuté début juin, avec un énorme pic qui ne s’est pas calmé depuis lors et est resté anormalement élevé

Pic

Depuis juin, l’équipe de recherche a observé une hausse importante de la chaleur émanant de l’usine de Portovaïa. Cette chaleur proviendrait du gaz brûlé. Si le procédé est commun pour des raisons techniques ou de sécurité, il devient exceptionnel en une telle ampleur.

Les opérateurs rechignent généralement à mettre une usine à l’arrêt, le redémarrage pouvant s’avérer coûteux ou compliqué techniquement

"Cela a débuté début juin, avec un énorme pic qui ne s’est pas calmé depuis lors et est resté anormalement élevé", souligne l’experte Jessica McCarty, spécialisée dans l’analyse de données satellites à l’Université de Miami.

Ampleur exceptionnelle

Pour Mark Davis, CEO de l’entreprise active dans le secteur du gaz Capterio, la manœuvre n’est pas accidentelle mais résulte d’une décision délibérée. "Les opérateurs rechignent généralement à mettre une usine à l’arrêt, le redémarrage pouvant s’avérer coûteux ou compliqué techniquement. C’est probablement le cas ici."

Brûler des ressources énergétiques dans cette partie du globe est particulièrement inopportun

Accélération de la fonte des glaces

Les quelque 9000 tonnes de CO2 se dégageant quotidiennement de la combustion du gaz inquiètent également les scientifiques, dans le contexte du réchauffement climatique. Dans cette région proche de l’Arctique, des particules noires résiduelles se déposent sur la glace et la neige, accélérant fortement leur fonte. "Raison pour laquelle brûler des ressources énergétiques dans cette partie du globe est particulièrement inopportun", conclut le professeur Matthew Johnson de l’Université Carleton, au Canada.

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