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Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : la Commission européenne veut sanctionner les acteurs de la désinformation

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La Commission européenne va proposer un nouveau mécanisme pour sanctionner les acteurs malveillants de la désinformation dans le cadre de l'invasion russe de l'Ukraine, a déclaré mardi le Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell, devant le Parlement européen.

"Nous n'essayons pas de décider ce qui est vrai et ce qui est faux. Je ne suis pas le ministre de la Vérité ; nous n'avons pas de ministère de la Vérité. Ce sur quoi nous devons nous concentrer, ce sont les acteurs étrangers qui, de manière intentionnelle et coordonnée, tentent de manipuler notre environnement informationnel pour faire avancer leurs propres objectifs et nous nuire", a indiqué l'Espagnol lors d'un débat sur l'ingérence étrangère et la désinformation.

Quand des acteurs étrangers, de manière coordonnée et volontaire, manipulent l'information afin de nous nuire, c'est inacceptable

"Dans le cadre de notre politique étrangère, nous devons introduire le concept de batailles de l'information", a ajouté le chef de la diplomatie européenne. "On nous a reproché d'avoir attenté à la liberté de l'information avec l'interdiction de Russia Today et Sputnik. Mais quand des acteurs étrangers, de manière coordonnée et volontaire, manipulent l'information afin de nous nuire, c'est inacceptable", a-t-il averti.

Une boîte à outil contre la désinformation

Le mécanisme qu'il envisage, et sur lequel il ne s'est pas étendu, doit permettre de réagir "de manière rapide et décisive" face à de tels opérateurs. Il fera partie d'une boîte à outils plus large, qui passera notamment par l'intensification du soutien de l'UE aux médias indépendants et à la société civile dans les pays tiers, et par le renfort des capacités de communication stratégique des délégations européennes dans ces pays. 

"Il faut aussi veiller à perturber ces activités malveillantes et à y apporter des réponses réglementaires, pour lesquels le code de bonnes pratiques et la réglementation sur les services numériques (DSA) sont des éléments cruciaux", a ajouté Josep Borrell, à propos de ce texte en discussion entre le Parlement et les États membres (Conseil).

Informer les Russes

La vice-présidente de la Commission, Vera Jourova, a appelé quant à elle à l'utilisation de tous "les canaux possibles" pour informer les Russes sur la guerre en Ukraine, estimant que la volonté de Vladimir Poutine était que son pays soit "sourd et aveugle".

"Le président Poutine veut que son peuple se divertisse, ne paie pas attention à ce qu'il se passe (...) alors qu'à côté les Ukrainiens se font tuer", a-t-elle déclaré, saluant la décision de Netflix de suspendre son service en Russie et la volonté des "big tech" d'être "du bon côté de l'Histoire".

Les autorités russes ont donné un tour de vis contre les médias et les réseaux sociaux depuis le début de l'invasion de l'Ukraine le 24 février, adoptant notamment une loi punissant de lourdes peines de prison toute diffusion d'informations mensongères sur l'armée. 

Le service diplomatique de l'UE s'est doté depuis 2015 d'un service d'analyse sur la désinformation étrangère, la manipulation de l'information et l'ingérence pour remonter les sources de désinformation et identifier les responsables afin de les sanctionner.

Retrouvez tous nos articles sur l'invasion de l'Ukraine dans ce dossier :

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