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Guerre en Ukraine : le pétrole repasse au-dessus des 120 dollars le baril

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Les prix du pétrole sont repassés au-dessus de la barre des 120 dollars le baril mercredi avant plusieurs sommets internationaux déterminants qui laissent présager de nouvelles sanctions occidentales contre la Russie en raison de son invasion de l'Ukraine.

Vers 15h15, le contrat rapproché de Brent de la mer du Nord, référence de l'or noir en Europe, pour livraison en mai prenait 4,43% à 120,59 dollars le baril.

Le baril de WTI coté à New York gagnait pour sa part 4,44% à 114,12 dollars.

Evolution des cours

Les cours de l'or noir avaient dévissé ces derniers jours de leur pic atteint au début de la guerre en Ukraine, évoluant même brièvement sous les 100 dollars il y a une semaine.

Un mois après le début du conflit ukrainien, "le pétrole russe continue de couler à flots. Les niveaux de production et d'exportation restent soutenus" mais "cela pourrait bientôt changer", affirme Stephen Brennock, analyste chez PVM Energy.

L'Union européenne réfléchit à un embargo sur le pétrole russe. "Les ministres des Affaires étrangères ont discuté cette semaine d'une éventuelle interdiction du pétrole russe, même s'ils sont divisés."

La Russie a parallèlement "mis en garde contre une forte baisse des exportations de pétrole via l'oléoduc Caspian Pipeline Consortium après que l'infrastructure a été endommagée par une tempête", explique Walid Koudmani, analyste chez XTB.

Sans les hydrocarbures russes, si des sanctions sont imposées, les marchés du gaz et du pétrole s'effondreront

Cet oléoduc achemine le pétrole de la mer Caspienne jusqu'au port russe de Novorossiysk. Son endommagement met en péril un approvisionnement quotidien d'environ un million de barils de pétrole par jour. De quoi doper les prix de l'or noir sur un marché déjà tendu.

Alexandre Novak, vice-Premier ministre russe chargé de l'Énergie, a quant à lui déclaré mercredi qu'il était "absolument évident que sans les hydrocarbures russes, si des sanctions sont imposées, les marchés du gaz et du pétrole s'effondreront".

Un sommet de l'Otan ce jeudi

Moscou a également accusé mercredi les États-Unis d'entraver les "difficiles" négociations russo-ukrainiennes, estimant que le but de Washington était de "dominer" l'ordre mondial, y compris par le biais des sanctions.

Un sommet de l'Otan a été convoqué jeudi, jour où se tiennent également à Bruxelles un sommet du G7 et le sommet de l'Union européenne.

Le président américain Joe Biden, qui participera à ces trois rendez-vous, a déjà annoncé que les Occidentaux allaient adopter "de nouvelles sanctions contre la Russie et renforcer" celles déjà en place.

"Une interdiction totale du pétrole près d'un mois après l'invasion de l'Ukraine constituerait un tournant politique pour l'Europe, qui a jusqu'à présent évité toute sanction énergétique", rappelle Louise Dickson, analyste pour Rystad Energy.

Si l'UE renonçait totalement au pétrole provenant des ports et des oléoducs russes, cela entraînerait un manque de plus de deux millions de barils de brut par jour sur le marché, selon les estimations de Rystad Energy.

Quid du gaz ?

"La Russie a menacé de couper l'approvisionnement en gaz de l'Europe en cas d'embargo pétrolier de l'UE, ce qui a ajouté à la volatilité du marché à court terme", ajoute Louise Dickson.

Les importations russes assurent à l'Europe 40% de ses besoins en gaz naturel et 30% pour le pétrole.

Les prix du gaz naturel européen sont repartis à la hausse mercredi. La référence du marché du gaz naturel européen, le TTF néerlandais, évoluait lundi à 116,34 euros le MWh, en hausse de plus de 17%.

Nous pensons que les sanctions officielles contre la Russie se rapprochent et que les politiciens de différents pays commencent à envisager des plans de rationnement de l'énergie

Il reste cependant très loin de son sommet historique, atteint le 7 mars dernier, à 345,00 euros le MWh.

"Nous pensons que les sanctions officielles contre la Russie se rapprochent et que les politiciens de différents pays commencent à envisager des plans de rationnement de l'énergie", affirme de son côté Bjarne Schieldrop, analyste chez Seb.

L'Allemagne - gros client de gaz de la Russie - s'est par exemple engagée à "accélérer" la construction de deux terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le cadre d'un accord énergétique de long terme avec le Qatar.

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