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Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : l’opposant Ilia Iachine (un des derniers encore présents en Russie) détenu pour avoir dénoncé la guerre

L’opposant russe et conseiller municipal de Moscou Ilia Iachine, accusé d’avoir "discrédité" l’armée russe combattant en Ukraine, brandit le signe V lors d’une audience sur sa détention au tribunal de district Basmanny à Moscou, le 13 juillet 2022.
13 juil. 2022 à 18:15Temps de lecture3 min
Par Belga, mis en ligne par K.D.

Un tribunal de Moscou a placé mercredi en détention provisoire l’un des derniers opposants au Kremlin encore présents en Russie, Ilia Iachine, poursuivi, comme d’autres, pour avoir critiqué l’offensive en Ukraine.

Ilia Iachine, un élu municipal de la capitale russe âgé de 39 ans, restera en prison jusqu’au 12 septembre au moins, a annoncé le tribunal, accédant à la requête du procureur, a constaté l’AFP.

Il est poursuivi pour "diffusion de fausses informations" sur l’armée et risque une lourde peine d’emprisonnement.

"N’ayez pas peur de ces vauriens, la Russie sera libre !", a crié l’opposant dans la salle d’audience après l’annonce de son placement en détention provisoire.

Quelques dizaines de personnes s’étaient rassemblées devant le tribunal pour lui apporter leur soutien, a constaté l’AFP.

N’ayez pas peur de ces vauriens, la Russie sera libre !

Depuis le début de l’intervention en Ukraine, le 24 février, les autorités russes exercent une répression féroce contre les critiques du conflit, poussant nombre d’entre eux à l’exil, d’autres étant emprisonnés ou poursuivis en justice.

Visage bien connu de l’opposition à Vladimir Poutine, Ilia Iachine avait choisi de rester, condamnant publiquement l’offensive en Ukraine.

Ilia Iachine est un allié du militant anticorruption Alexeï Navalny, l’opposant numéro un au Kremlin, qui purge aujourd’hui une peine de neuf ans de prison dans une colonie à régime sévère.

Ilia Iachine était également un ami proche de Boris Nemtsov, un ancien vice-Premier ministre lui aussi devenu opposant, assassiné en 2015 près du Kremlin. Ensemble, ils avaient milité, dès 2014, contre l’annexion de la Crimée par Moscou et dénoncé le conflit dans l’est de l’Ukraine.

Mardi, le puissant comité d’enquête a ouvert une enquête pénale contre lui pour "diffusion de fausses informations" sur l’armée, une infraction passible dans son cas de 10 ans de détention, introduite après le début du conflit en Ukraine.

 

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Selon son avocat, les autorités reprochent à Ilia Iachine d’avoir, le 7 avril, parlé en direct sur sa chaîne YouTube du "meurtre de civils à Boutcha", en Ukraine.

Il a été interpellé fin juin par trois policiers dans un parc de Moscou où il se promenait avec une amie, puis condamné dans la foulée à 15 jours de prison pour "désobéissance à la police", une accusation qu’il a jugée montée de toutes pièces.

"Les vraies raisons de mon arrestation sont politiques, évidemment. Je suis un opposant, un député (municipal) indépendant, un critique du président Poutine et un adversaire de la guerre en Ukraine", avait déclaré fin juin Ilia Iachine. "J’estime que mon arrestation est le prologue d’une future affaire pénale", prédisait-il à l’époque.

Les vraies raisons de mon arrestation sont politiques, évidemment

Un autre opposant en vue, Vladimir Kara-Mourza, est en détention préventive depuis avril pour des accusations similaires à celles visant M. Iachine.

Un élu municipal moscovite, Alexeï Gorinov, a quant à lui été condamné le 8 juillet à sept ans de prison pour avoir dénoncé l’assaut russe contre l’Ukraine.

Autre exemple, Alexandra Skotchilenko, une artiste de Saint-Pétersbourg emprisonnée depuis avril, attend son procès pour avoir collé dans un supermarché des étiquettes pacifistes.

La Russie, qui est déjà engagée depuis de longues années dans une répression des voix critiques du Kremlin, a considérablement durci depuis l’assaut contre l’Ukraine son arsenal pénal contre ceux qui dénoncent le pouvoir russe.

La semaine dernière encore, le Parlement a voté une série de textes prévoyant de lourdes peines de prison pour réprimer les appels à agir contre la sécurité nationale ou encore la coopération "confidentielle" avec des étrangers.

Depuis février, la Russie a aussi bloqué sur son territoire de nombreux médias russes et étrangers ainsi que certains des plus grands réseaux sociaux, comme Twitter, Facebook et Instagram.

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