Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : pour le Chef de la Défense belge, Vladimir Poutine est loin d’avoir dit son dernier mot

Michel Hofman, le Chef de la Défense, était l’invité, ce matin, de La Première.

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02 mars 2022 à 07:57Temps de lecture3 min
Par Kevin Dero sur base d'une interview de Danielle Welter

Michel Hofman, le chef de la Défense, était au micro de Danielle Welter dans Matin Première. Il y a analysé les événements en cours, une petite semaine après l’invasion de Vladimir Poutine en Ukraine.

L'invité de Matin Première: Michel Hofman, chef de la Défense

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Puissance de feu

Selon lui, bien que la progression soit plus lente qu’anticipée, Vladimir Poutine est loin d’avoir dit son dernier mot. Un chef d’Etat russe obstiné, qui maintient sa volonté de s’emparer de villes comme Kharkiv et Marioupol.

Le Chef de la Défense explique qu’il est louable de voir que la population de Kiev se défend, mais que l’armée russe garde une importante puissance de feu. Le Kremlin a sous-estimé la logistique nécessaire, la résistance ukrainienne (son intelligence, notamment) et la cohésion internationale.

Un Kremlin décidé

Est-ce que cette progression moins efficace que prévu pourrait radicaliser (encore plus) Poutine ?

" Je ne spéculerai pas sur les intentions de monsieur Poutine par rapport à la suite " confie l'amiral Michel Hofman. " Les événements dans le Nord-Est, autour de Kharkov, démontrent qu’il continue sur la ligne qu’il avait décidée. Cette offensive peut durer encore quelques jours voire quelques semaines ". Mais au plus le temps passe, au plus l’armée russe se retrouvera isolée, explique le militaire.

Cette offensive peut durer encore quelques jours voire quelques semaines

Le rapport de force, largement en faveur des Russes, est estimé selon Michel Hofman à un rapport de 1 à 7. Les armes importantes de l’armée russe pour perturber les opérations des Occidentaux sont des armes de défense antiaériennes. Placées aux frontières, elles " leur permettent de limiter notre liberté de mouvement, principalement dans le domaine aérien mais aussi dans le maritime et à terre ".

Cyberattaque

L’armée est bien consciente d’être une cible potentielle d’une cyberattaque. Elle l’a déjà été il y a quelques semaines. Michel Hofman analyse néanmoins que c’est " dans toute la société que tout le monde doit être très vigilant par rapport à ce qu’il se passe dans le monde cyber ".

Il explique aussi que le groupe Wagner, groupe de mercenaires russes, a la capacité d’enlever ou de tuer le président ukrainien Zelensky.

Cessez-le feu utopique

" Pour avoir une volonté de cessez-le-feu, il faut une volonté des deux côtés " souligne Michel Hofman. Qui constate que le Kremlin ne l’a visiblement pas. " Ils pensent toujours qu’ils sont dans une position avantageuse " souligne-t-il.

Ils pensent toujours qu’ils sont dans une position avantageuse

Des militaires belges motivés

Que va faire l’armée belge en Roumanie ? " La mission générique est de renforcer le dispositif de dissuasion de l’OTAN " explique le chef des armées. Un dispositif qui était déjà permanent dans les pays baltes en Pologne (grâce à la rotation des forces armées de l’OTAN), et qui a été étendu dans les pays plus au sud, comme la Slovaquie, la Hongrie, la Bulgarie ou la Roumanie. Un contingent de militaires belges qui aidera donc la Roumanie partira dans les prochains jours – le moment exact n’étant cependant pas spécifié pour cause de discrétion —. Une mission d’importance, selon Michel Hofman : " C’est important pour la crédibilité de la Belgique, c’est important pour la crédibilité de la Défense. Nous répondons présent à cette demande de l’OTAN par rapport à cette force de réaction rapide. Et voilà, à 5 jours de préavis nous sommes prêts à partir avec une unité équipée, entraînée. Avec du personnel motivé qui est prêt à partir ".

Et voilà, à 5 jours de préavis nous sommes prêts à partir avec une unité équipée, entraînée

Quant à savoir si des militaires belges pourraient se retrouver à se battre sur le territoire ukrainien, " il ne faut jamais dire jamais, mais ce n’est pas du tout dans le mandat de ces militaires dans les conditions actuelles. Ce qu’il faut éviter, ce sont que des forces de l’OTAN se retrouvent engagées en Ukraine contre les Russes ". Dans le mandat actuel de l’OTAN, c’est donc tout à fait exclu que des Belges participent au combat.

Extrait de notre 13 heures du mardi 1er mars :

Futur flou

" C’est une guerre globale, hybride, en cours depuis des années, une guerre conventionnelle avec malheureusement énormément de victimes ". Une guerre qui pourrait, selon certains scenarii, dégénérer, selon le patron de la Défense belge.

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