Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : quand les filles de Prigojine, patron de Wagner, montaient à cheval en Belgique

Evgueni Prigojine en 2017.

© Getty Images

Par Victor de Thier

Le quotidien britannique Financial Times a publié cette semaine un dossier sur l’entourage d’Evgueni Prigojine, le patron de la milice Wagner. Il en ressort notamment que les filles de l’homme d’affaires, Veronika (18 ans) et Polina (30 ans) participaient régulièrement à des compétitions d’équitation en Europe, notamment en Belgique, après que leur père a été sanctionné par les pays occidentaux en 2020.

Selon les informations du quotidien, Polina a acheté en 2015 un étalon appelé Cazapiloko auprès d’un vétérinaire belge. L’achat s’est fait via un "intermédiaire anglophone", aucun des chevaux montés par les filles de l’oligarque russe lors de ces compétitions n’étant enregistré sous le nom de Prigojine auprès de la FEI, la Fédération Equestre Internationale.

D’après les données de la fédération équestre, elle aurait participé à au moins 60 concours de saut d’obstacles en Europe avec cet étalon belge, dont quinze en Belgique, notamment dans les centres équestres de Lier et d’Opglabbeek.

Prigojine et les membres de sa famille n’étaient pas soumis à des sanctions lors de l’acquisition de Cazapiloko, mais plusieurs compétitions auxquelles Polina a pris part se sont déroulées après que son père – déjà bien connu comme le patron de cette milice – a été sanctionné en 2020. Il était alors accusé de menacer la paix et la stabilité en Libye, et de violer l’embargo sur les armes à destination de ce pays.

Empire familial

Ces participations posent question, notamment lorsque l’on sait que les registres d’entreprise russes montrent que les enfants de Prigojine ont tous détenu des parts dans les entreprises de leur père, ces parts étant fréquemment échangées entre eux.

Veronika, sa fille cadette qui a eu 18 ans en mars, est désormais le seul membre de sa famille proche à ne pas faire l’objet de sanctions occidentales, bien que la justice européenne ait récemment annulé les sanctions contre la mère du chef du groupe Wagner.

"Rétrospectivement, nous aurions dû nous occuper de ces personnes bien plus tôt", déclare Tom Keatinge, expert en sanctions au Royal United Services Institute – un groupe de réflexion britannique sur la sécurité – au Financial Times. "Cela aurait dû inclure la cartographie et le ciblage des membres de la famille et des proches qui auront inévitablement facilité l’évasion [des sanctions]".

Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, les chevaux sur lesquels les filles de Prigojine ont concouru n’ont pas participé à des épreuves internationales de saut d’obstacles et tombent désormais sous le coup d’une interdiction générale d’enregistrement de la part de la Russie. En mars 2022, la FEI a interdit aux cavaliers russes ou biélorusses de participer à ses épreuves.

Sur le même sujet :

Centre de recrutement Wagner : les déclarations d'E. Prigojine (ZZVNRO 10/03/23)

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