Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : un Belge peut-il être volontaire pour combattre ?

Contrairement aux mercenaires rémunérés pour faire la guerre, des volontaires s’engagent sur des terrains de bataille étrangers pour des raisons a priori idéalistes.
01 mars 2022 à 16:26 - mise à jour 01 mars 2022 à 18:30Temps de lecture1 min
Par Carl Defoy

Plusieurs dizaines de Belges auraient d’ores et déjà décidé de répondre à l’appel du président Volodymyr Zelensky et seraient volontaires pour se battre aux côtés des Ukrainiens contre les Russes.
Mais ne risquent-ils pas d’être considérés comme des mercenaires, ce qui est formellement interdit ?

La définition du mercenaire est plutôt floue mais grosso modo, il est étranger au pays où il se bat et il le fait pour de l’argent. C’est une activité punissable. La sanction n’est pas extrêmement lourde. Mais en Belgique, elle va tout de même de 3 mois à deux ans de prison.

Et les volontaires idéalistes alors ?

L’engagement de volontaires idéalistes, par exemple ici aux côtés des troupes ukrainiennes, est en revanche considéré comme légitime. Le professeur Eric David de l’ULB, a fait sa thèse sur ces questions. Il explique qu’aller se battre pour défendre un état de droit est tout à fait légal puisqu’il s’agit précisément de faire respecter le droit international.

L’idéalisme, une notion subjective

Mais comment déterminer l’idéalisme ? C’est une notion éminemment subjective. La loi du 1er août 1979 en laisse pourtant l’appréciation au seul Conseil des Ministres. Si celui-ci juge que les volontaires sont animés par un idéal et si les intérêts belges ne sont pas contrariés, il ne s’oppose pas à leur départ. Dans le cas contraire, il peut décider, par arrêté royal, d’interdire à des volontaires de s’engager.

Blanc-seing

Dans le cas présent, le Conseil des Ministres a demandé une analyse juridique mais puisque le désintéressement personnel de ceux qui veulent répondre aux demandes ukrainiennes semble évident, aucun arrêté d’interdiction n’a encore été pris et, probablement, aucun ne le sera.

Frontière floue

Il n’en demeure pas moins qu’entre mercenaire et idéaliste, sur le terrain de bataille, aux yeux de l’adversaire, la frontière est moins claire et le risque de ne pas avoir droit à la protection du prisonnier de guerre est probablement plus grand.
Un risque que plusieurs dizaines de Belges ont donc quand même décidé de courir avec l’approbation tacite de leur pays.

Sur le même sujet

Guerre en Ukraine : le départ de volontaires pour rejoindre l'armée ukrainienne n'est "pas une infraction"

Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : environ 20.000 volontaires pour constituer une légion étrangère en Ukraine

Guerre en Ukraine

Articles recommandés pour vous