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Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : un train médicalisé pour évacuer blessés et patients des hôpitaux sur les lignes de front dans l’est du pays

L’arrivée à Lviv du premier train de référence médicale de MSF le vendredi 01 avril 2022. Les patients ont tous été blessés dans la ville assiégée de Marioupol ou en essayant de la quitter.
07 avr. 2022 à 15:59 - mise à jour 08 avr. 2022 à 07:49Temps de lecture2 min
Par Miguel Allo

Il y a une semaine que Brice de le Vingne est revenu d’Ukraine. Ce responsable des urgences dans le monde pour Médecins Sans Frontières (MSF) a pu rencontrer les différentes équipes sur place, notamment dans les Carpates ukrainiennes (chaîne de montage à l’ouest du pays) et à Lviv. Pour des raisons géopolitiques et ethniques, cette zone n’est pas la première cible des forces russes explique-t-il, ce qui en fait une région assez calme et de nombreux Ukrainiens sont venus s’y installer. Sur place, l’ONG apporte son aide aux Ukrainiens déplacés avec des équipes mobiles d’infirmiers et de médecins.

Ça, c’est dans l’Ouest, mais à l’est du pays, la situation est beaucoup plus critique. L’ONG s’est donné comme mission d’évacuer les blessés et les patients de cette partie du pays ou depuis quelques jours les autorités appellent la population à évacuer les villes, sans attendre, craignant une offensive des forces russes.

A Lougansk, par exemple, le gouverneur, Serguiï Gaïdaï a déclaré sur un réseau social : "Les prochains jours sont peut-être la dernière chance pour partir. Toutes les villes libres de la région de Lougansk sont sous le feu ennemi", indiquant que les Russes "étaient en train de couper toutes les voies possibles de sortie".

Un train de référence médicale

Admission des patients dans le premier train de référence médicale de MSF dans la ville de
Zaporizhzhia. Les patients ont tous été blessés dans la ville assiégée de Marioupol ou en essayant de la quitter.

En collaboration avec les chemins de fer ukrainiens, Médecins Sans Frontières dispose à présent d’un train médicalisé (2 wagons) qui permet d’évacuer les blessés et les patients des hôpitaux sur les lignes de front dans l’est de l’Ukraine. Dans l’image ci-contre, on peut voir le premier trajet qui a été réalisé à partir de la ville Zaporizhzhia où des patients et des blessés de la ville de Marioupol attendaient d’être transférés vers des hôpitaux qui ne se trouvent pas sur la ligne de front à l’ouest du pays : Lviv, etc.

Le train a également transporté des personnes provenant de Severodonetsk et de Lougansk, toujours dans l’Est. Région dans laquelle les autorités ont demandé l’évacuation de la population indiquant que les Russes "étaient en train de couper toutes les voies possibles de sortie".

Dans cette partie du pays, nous explique Brice de le Vingne : "on est en train de retirer des patients sévères qui ne peuvent pas être transportés dans des voitures. Les trains sont équipés pour qu’ils puissent être allongés".

Avant d’envoyer le train, une équipe est chargée de vérifier les dossiers des patients afin de s’assurer qu’il est possible de les transporter. "On va sur place et on sélectionne les patients qui peuvent supporter le transport".

Des demandes qui viennent de partout

Signe que la pression est occupée à monter, MSF affirme que les demandes de transport dans ce train médicalisé viennent de partout pour aller chercher les blessés et les patients dans les hôpitaux, en rappelant que l’Ukraine a, plus ou moins, la taille de la France. Un deuxième train est en préparation avec des capacités, en matière de soins intensifs, plus importantes.

Sur place, organiser la sécurité prend du temps. Brice de le Vingne explique que ce mercredi encore, dans la zone de Kharkiv, une heure après le passage du train médicalisé :"il y a eu un train qui s’est fait attaquer".

Fuir, mais où ?

Toujours dans l’Est, les équipes de l’ONG constatent que les gares sont bondées : "Il y a des centaines de milliers de personnes qui montent dans des trains et qui sont évacuées", explique toujours le responsable des urgences dans le monde pour MSF. "On ne sait pas encore où vont ces gens exactement, il n’y a pas encore de camps. Les gens prennent tout ce qu’ils ont : bus, train, voiture et se déplacent en fonction de leurs relations familiales ou autres, ils se rendant dans certains endroits".

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