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GuiHome : l’humoriste aux mille vies ou presque…

27 mars 2022 à 10:54 - mise à jour 27 mars 2022 à 14:09Temps de lecture5 min
Par Alisson Delpierre

Beaucoup l’ont découvert dans sa chambre d’ado où il réalisait des vidéos qui sont rapidement devenues virales sur les réseaux sociaux. Mais GuiHome n’est pas resté cantonné à cela. Loin de là. Cet humoriste est partout et ne cesse de multiplier les projets. La première édition de "Namur is a joke" se déroule du 24 au 27 mars 2022. Un festival d’humour qu’il a créé dans sa ville. Une ville à laquelle il est tant attaché. Alors, difficile à suivre GuiHome ? On a tenté l’aventure et elle s’est révélée pleine de surprises.

A tout juste 30 ans, Guillaume Wattecamps comptabilise déjà plus de 7 ans de carrière. Mais une chose est sûre, sa spontanéité est intacte. Il faut dire qu’il est bien entouré. Une base solide dont fait partie Chantal, sa maman. "Son parcours nous fait vivre des choses particulières mais on veille à ce que ça reste bon enfant, à ce que cela n’exerce pas de pression." Et ce qui suscite son admiration, "c’est à la fois son parcours artistique mais aussi sa capacité de se faire entourer et de former une famille avec son équipe. On sent qu’il y a une symbiose."

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C’est sa maman qui l’a d’ailleurs inscrit à son premier atelier de théâtre alors qu’il était encore enfant. Son professeur Thierry Colard a tout de suite senti le potentiel énorme du jeune Guillaume. "Il avait une aura qui se dégageait de lui. A chaque fois qu’on jouait quelque part, on me disait 'il a quelque chose ce gars-là' et je disais 'oui, je sais’. Il devait continuer. C’est quelqu’un de très perfectionniste, qui met la barre très haut. Et aussi de très bienveillant."

Alors qu’il commence à faire ses premières vidéos, Chantal ne se doute pas encore de la tournure que vont prendre les choses. "Tu te demandais bien ce que je foutais dans ma chambre quand même" lui rappelle Guillaume. "Oui", reconnaît Chantal, "quand mes copines m’ont dit 'c’est génial quand il t’imite', je ne comprenais pas. Je me disais 'non, il ne m’imite pas'. Et en fait oui." Ce qui semble amuser Guillaume, "et puis tu es tombée sur la vidéo où je t’imitais et tu as compris ce que je faisais dans ma chambre."

Mais la première fois où Chantal prend réellement conscience du phénomène, c’est dans un supermarché. Alors qu’un inconnu demande à Guillaume de faire une photo avec lui, "je me souviendrai toujours de la tête de ma maman à ce moment-là. J’ai vu sur son visage qu’on entamait quelque chose de différent."

Guillaume peut aussi compter sur ses deux sœurs. "Elles m’ont toujours protégé, pour vérifier que je ne m’y perdais pas." Sa famille, c’est son bouclier pour garder les pieds sur terre. Il reçoit d’ailleurs des conseils "tous les jours, oui."

Il faut dire qu’au-delà de l’engouement, Guillaume a directement eu à cœur de développer un réel projet artistique, construire quelque chose de solide pour pouvoir en vivre. En 2016, son premier spectacle "GuiHome vous détend sur scène" cartonne pendant plus d’un an. Il créera aussi des capsules humoristes pour la télévision.

Celui qui affirme qu’il n’est "pas hyperactif" mais qui "s’ennuie vite" a alors envie de mettre son expérience et ses connaissances au service des autres. Armé d’un diplôme de communication, il crée son agence de marketing digital et de communication "No picture please". Une boîte qui accompagne les petites et moyennes entreprises dans le développement de leur image. "Il y a encore beaucoup de petits commerçants ou d’entreprises qui se sentent perdus à cause des réseaux sociaux et qui ont l’impression de ne pas être à leur place." Selon Guillaume, elles peuvent alors perdre confiance en leur projet. "Il suffit juste de les remettre dans ce wagon de la communication et on peut y monter à n’importe quel moment."

"Je me suis dit qu’il fallait que je me prouve que je pouvais faire autre chose et développer des projets qui ne dépendent pas uniquement de ma tronche parce que mine de rien, cela représente quand même une sacrée pression et me découvrir d’une autre manière." Cela lui permet aussi de développer un travail en équipe, ce qu’il affectionne particulièrement. "J’ai appris à faire confiance et à déléguer."

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Pendant le confinement, il lance aussi en ligne sa marque de vêtements "Oui et non", le gimmick de ses vidéos. Et c’est pendant cette période aussi que lui vient l’idée de créer un festival d’humour. Où d’autre que dans sa ville natale ? "ça faisait longtemps que je me disais qu’il manquait la case humour à Namur." L’objectif est clairement de pérenniser le festival. "On travaille déjà à l’édition 2, 3, 4… Et on espère qu’il puisse s’installer dans le temps comme un événement incontournable autour de l’humour et de la culture." Au total, 23 humoristes, dont de nombreux Belges, se produisent pour cette première édition dans divers lieux de la ville.

Parmi eux, il y a un jeune humoriste qui joue son premier spectacle pour sa première scène. Et s’il en est là, c’est parce que Guillaume l’a repéré. "On m’a parlé d’un jeune namurois qui cartonnait sur les réseaux sociaux (sur TikTok) et ça m’a rappelé quelqu’un" raconte Guillaume. "J’ai de la chance qu’il soit venu vers moi", confie Nicolas Lacroix, "même si je ne réalise pas encore tout ce qu’il m’arrive. Il a le sens de l’écriture et j’aime tellement ce qu’il propose. Je trouve que cela me correspond vraiment. C’est comme si on était frère." Avoir quelqu’un comme lui qui l’accompagne, "ça booste et ça rassure."

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Une expérience enrichissante pour Guillaume aussi. "Je me suis dit que c’était peut-être le moment d’apprendre à faire autre chose. On s’est rencontré avec Nico et ça s’est fait naturellement. C’est très intéressant en tant qu’artiste d’en accompagner un autre. On est vraiment à l’ère de la collaboration et du partage. Et ça me pousse aussi à me remettre en question sur des choix que j’ai pu faire. Je trouve que c’est important de ne pas se sentir seul quand on veut vivre de sa passion." C’est comme cela que Guillaume se retrouve aujourd’hui coauteur et producteur du spectacle. A leurs côtés, on retrouve aussi Thierry Colard comme coauteur. Une fidélité sans faille. "Je n’ai pas l’impression d’être le gros producteur qui se la raconte en costard" plaisante Guillaume. Il fait juste profiter un jeune humoriste de sa propre expérience et de ses contacts. Sans compter que ça lui fait du bien d’être sur un projet "qui ne dépend pas de mon image."

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Ses projets ne s’arrêtent pas là. Son deuxième one man show, "GuiHome vous détend Legrand" a été reporté plusieurs fois pour cause de covid mais va démarrer en avril. Et l’humoriste compte bien conquérir les rires au-delà de nos frontières puisque son spectacle s’exporte aussi en France. Mais il est aussi désormais chroniqueur sur les ondes de la Première et partage l’affiche de la mini-série "Messieurs pipi" avec Pablo Andres, diffusée sur Tipik et disponible sur Auvio.

Personnage infatigable, Olivier Biron, son attaché de presse, confie que travailler avec lui est "une belle aventure humaine parce qu’il est généreux et reconnaissant par rapport au boulot et à la collaboration." Et s’il est tant apprécié, c’est, selon lui, parce que "le capital sympathie de son personnage, il existe aussi en vrai." Même s’il reconnaît que c’est parfois compliqué de le suivre, "ça dépend quelle facette de Guillaume on a. Le sérieux, entrepreneur ou le clown, toujours avec une grande sensibilité et beaucoup de respect envers les gens avec qui il travaille" dit-il en riant. Complice, Guillaume conclut, "on s’ennuie vite sinon."

Touchant, sincère et bienveillant, GuiHome n’est pas près de s’arrêter en si bon chemin.

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