La Grande Forme

Hallucinations olfactives : quand sentir des odeurs fantômes devient vecteur d’angoisse

Sentir

© Getty Images

Vous est-il déjà arrivé, sans raison, d’avoir l’impression de sentir une odeur qui n’existe pas ? Eh bien figurez-vous que ce phénomène a un nom : la phantosmie. Il s’agit d’hallucinations olfactives à cause desquelles les personnes concernées perçoivent des odeurs, généralement désagréables, qui n’existent pourtant pas. Plus d’explications avec le Dr Nawara, ORL.

Durant la crise sanitaire, nous avons régulièrement entendu parler du déficit "quantitatif" de l’odorat : les personnes atteintes du Covid-19 sentaient moins bien, ou plus du tout. La phantosmie est quant à elle, un désordre "qualitatif" : il y a une véritable distorsion de la perception des odeurs. La personne atteinte de phantosmie a l’impression de percevoir des odeurs qui n’existent pas et donc, il n’y a pas de stimulation, explique le Dr Nawara, ORL.

Dans la majorité des cas, la phantosmie est intermittente. Elle peut même parfois, paradoxalement, envoyer des odeurs agréables au cerveau. Mais souvent, il s’agit plutôt de mauvaises odeurs qui peuvent même provoquer des nausées.

Causes éventuelles

De nombreuses pathologies peuvent provoquer ces symptômes. Toutes les situations médicales qui peuvent interférer avec le bon fonctionnement du système nerveux peuvent provoquer ces symptômes. Par exemple, les maladies neurologiques telles que la migraine ou Parkinson. Il n’existe pas vraiment de traitement à ce phénomène ou alors, un traitement qui s’adapte à la cause sous-jacente de l’apparition des symptômes.

Une étude assez récente tend à démontrer que la phantosmie peut même être le signe précurseur de l’installation de la maladie d’Alzheimer. La neurodégénérescence d’Alzheimer se présente souvent en avant-garde par des troubles de l’odorat.

Les hallucinations olfactives

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Vecteur d’anxiété et de dépression

Cette perception d’odeurs inexistantes – tantôt agréables, tantôt désagréables – peut, à la longue, engendrer une certaine anxiété et des troubles de l’humeur. Les patients ne savent plus faire la différence entre une odeur de gaz construite par leur cortex olfactif, ou une vraie odeur de gaz qui pourrait signaler un danger. Elle peut également entraîner des dépressions car certains patients ne savent plus percevoir leur vraie odeur corporelle : est-ce que l’odeur que je perçois vient de moi ou est-ce une illusion ?

"Nous sommes constamment entourés d’environnements odorifères par des molécules chimiques, qui se mettent directement en contact avec notre nez où se trouve une structure neurologique très complexe. Il y a ainsi un phénomène de transduction (ndlr : processus qui consiste en un transfert de matériel génétique). Les informations odorifères qui traversent notre nez sont transformées en signal électrique, pour aller directement dans une zone du cerveau qui s’appelle le cortex olfactif", explique le Dr Nawara.

À l’heure actuelle, il est encore très difficile de localiser l’endroit où se trouve le dysfonctionnement. Le domaine de l’olfaction et un domaine encore peu étudié et à l’état de recherches. La médecine n’est pas encore en mesure de tout comprendre des mécanismes très complexes.

Il est ainsi très difficile de définir un pronostic de récupération. Certaines personnes récupèrent sans la moindre séquelle. Pour d’autres, le syndrome peut durer plusieurs années, voire ne jamais revenir à la normale.

Retrouvez "La Grande Forme" en direct du lundi au vendredi de 13 heures à 14h30 sur VivaCité. Vous avez manqué l’émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio ainsi que sur différentes plateformes de Podcast.

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