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Harmonisation des mesures coronavirus : du pain sur la planche au menu des 27

Harmoniser les dispositifs coronavirus à l'échelle européenne, une mesure aussi indispensable que compliquée.
01 sept. 2020 à 12:26 - mise à jour 01 sept. 2020 à 12:26Temps de lecture3 min
Par F.C. (avec Myriam BAele)

Zone rouge pour les uns, orange pour les autres ? Mise en quarantaine de 10 voire de 14 jours pour les vacanciers d’un pays là où d’autres vont pouvoir reprendre le travail sans passer par la case " testing ". D’un pays à l’autre de la zone Schengen, les disparités sont parfois très importantes. Pourquoi ces différences ? Déjà difficilement gérable à l’échelle d’un pays, une harmonisation européenne apparaît aussi compliquée… qu’indispensable.


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Dernier exemple en date : la Hongrie qui décide de refermer ses frontières dès ce 1er septembre. Désormais, les citoyens étrangers qui ne résident pas en Hongrie n’ont plus accès au territoire. C’est le seul État de l’Union européenne à avoir repris une mesure aussi drastique contre le coronavirus en cette rentrée.

Les limitations de voyages et les restrictions en matière de circulation fleurissent un peu partout en Europe et diffèrent d’un État à l’autre. Alors l’Allemagne, qui occupe la présidence tournante de l’UE, annonce qu’elle va tenter d’harmoniser les restrictions de voyage et des déplacements dues à la pandémie en Europe.

S’accorder sur les seuils

Premier constat : le virus n’en est certes pas au même stade dans tous les coins d’Europe. Il est donc logique que les restrictions diffèrent mais pas à ce point-là. Déjà sur l’évaluation du risque il y a un manque de coordination. Aujourd’hui les 27 états européens ne se basent pas sur les mêmes seuils pour considérer qu’une région est orange ou rouge…


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La présidence allemande propose donc d’utiliser les mêmes données épidémiologiques (quantitatives et qualitatives) avec l’objectif d’obtenir une " carte " sanitaire commune. Elle constate que le centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) fournit régulièrement des chiffres mais que ceux-ci sont utilisés de différentes façons. Selon les pays, certains privilégient les données nationales, d’autres les données régionales de la pandémie.


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" Il faut s’accorder ", plaidait ce matin le Secrétaire d’État français aux Affaires européennes sur France Culture. " Il y a des contraintes, on essaye de les harmoniser, il y a un travail franco-allemand qui est organisé pour qu’on ait les mêmes critères, indique Clément Beaune. Ce qui est compliqué aujourd’hui c’est que vous avez autant de critères scientifiques que de pays. Donc, un pays peut dire que Paris est en zone verte ou en zone rouge et un autre dit autre chose. "

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Consignes disparates

La présidence allemande propose donc une approche commune sur les données de la pandémie de Covid-19, les critères de risque, l’évaluation et le classement des zones à risques. Elle suggère également un cadre commun pour les mesures concernant les zones à risques et les restrictions imposées aux déplacements avec une " attention particulière pour les régions frontalières ", comme le précise le texte sur la table. Aujourd’hui, avec les régions frontalières, il y a la nécessité pour chaque ministre des affaires étrangères de s’entretenir avec leurs homologues pour s’assurer qu’il n’y aura aucune restriction de circulation au passage de ces personnes pour qui gagner leur vie dépend de cette circulation ", regrette Clément Beaune.


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Cette harmonisation pourrait épargner ces tensions entre États et des prises de tête aux voyageurs face aux consignes disparates. Ces dernières semaines des limitations ou des interdictions de voyage ciblées ont provoqué des frictions entre États, parce que contestées et lourdes pour l’économie de ces zones en rouge.

Le document présenté par la présidence allemande suggère aussi une " analyse commune " du risque épidémiologique (taux d’incidence, de dépistage, hospitalisations…) et une " déclaration commune " pour les zones à risques (classement, fréquence d’actualisation).

Améliorer la communication

L’Allemagne souhaite enfin uniformiser la communication sur les restrictions de déplacement décidées par les États, parfois mises en place sans que le ou les pays concernés n’aient été informés à l’avance.


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Un vaste chantier auquel l’UE compte bien s’atteler en priorité. Une réunion des ambassadeurs des 27 États auprès de l’Union européenne est prévue ce mercredi 2 septembre. Au menu de cette rencontre : " identifier les aspects qui pourraient donner lieu à une coordination plus étroite ".

Direct depuis les institutions européennes, dans notre 19h30

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