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Belgique

Hausse des contaminations à l'aube du Comité de concertation, comment réagir? Yves Coppieters envisage trois scénarios

A la veille d’un Comité de concertation, le point avec l’épidémiologiste Yves Coppieters
17 déc. 2020 à 12:52 - mise à jour 17 déc. 2020 à 13:293 min
Par Jean-François Noulet

Alors que la Belgique attend le démarrage de sa campagne de vaccination, signe d’espoir pour beaucoup, les chiffres de la pandémie restent à un niveau préoccupant. Contaminations en hausse, hospitalisations qui ne diminuent pas, autant de données dont le Comité de concertation prévu ce vendredi après-midi devra tenir compte.

Tendance à l’augmentation des nouvelles contaminations

Pour Yves Coppieters, épidémiologiste et Professeur de Santé publique à l’ULB, invité du Journal Télévisé de 13 heures, sur la Une, on connaît actuellement des chiffres de nouvelles contaminations qui sont les plus importants depuis début novembre. " Cette tendance doit être confirmée dans les jours qui viennent, mais c’est vrai que si l’on peut se permettre un plateau dans les indicateurs, on ne peut pas se permettre une remontée dans les jours qui viennent ", explique Yves Coppieters.

Selon lui, il faudra être attentif à ces chiffres de nouvelles contaminations. Toutes les personnes contaminées ne sont pas des malades. Il y a des personnes testées positives qui doivent s’isoler. " Cela montre l’intensité de la circulation du virus ", estime Yves Coppieters. 

Celui-ci fait aussi remarquer l’importance du taux de reproduction. " Le R est supérieur à 1 dans quasi toutes les provinces. Donc, l’épidémie reprend en intensité et les personnes qui sont positives et contaminantes s’isolent mal, puisqu’elles arrivent à contaminer autour d’elles ", poursuit l’épidémiologiste.

Il faut aussi rester attentif au niveau des hospitalisations. " Avec 180 nouvelles admissions par jour, on est bloqué. On ne sait pas encore si ces nouvelles transmissions dans la population vont toucher toutes les tranches d’âge dont les populations fragiles. Alors, cela va se traduire dans 7 à 10 jours aussi sur les hospitalisations ", avertit Yves Coppieters. Nous ne sommes pas encore dans ce scénario pessimiste, mais il faudrait y être attentif.

Attention aux hospitalisations

Mercredi, on comptabilisait 3636 nouvelles contaminations. C’est 9% de plus sur les 7 derniers jours. Faut-il y voir une conséquence de la réouverture des commerces non-essentiels opérée le 1er décembre ? " Oui, c’est possible ", répond Yves Coppieters. " Mais on ne peut pas l’attribuer exclusivement à cette réouverture des magasins non essentiels ", ajoute-t-il. " C’est l’ensemble des activités actuellement et de la mobilité de la population, pour toute une série de raisons, comme la préparation des fêtes de Noël, qui peut expliquer cela ", poursuit-il. 

Pour Yves Coppieters, cette tendance à la hausse " doit être observée pour voir si elle se confirme. Parce que si ça remonte, il faudra resserrer les stratégies ".

Qu’attendre du Comité de concertation de ce vendredi ?

Vendredi après-midi, un nouveau Comité de concertation se tiendra pour faire le point sur le niveau de l’épidémie et l’adéquation des mesures prises. Faut-il resserrer les mesures ? " C’est compliqué à dire ", répond Yves Coppieters, pour qui il ne faut pas stigmatiser les comportements des gens parce que la plupart d’entre eux adhèrent aux mesures et qu’ils respecteront les règles pour la fin de l’année.

Pour Yves Coppieters, le Comité de concertation doit se préparer à trois scénarios. " Soit on reste sur un plateau et il faut continuer les efforts sur les mesures actuelles ", détaille Yves Coppieters. " Soit les transmissions réaugmentent et cela se traduit sur les hospitalisations. Donc, là, il faut une réactivité avant la fin de l’année pour resserrer pendant un mois ou trois semaines, avec un confinement beaucoup plus strict ". 

Enfin, troisième scénario, moins probable : " Les indicateurs diminuent et il faut réenvisager une situation plus positive, début de l’année prochaine pour les secteurs qui pourraient reprendre leurs activités ", ajoute Yves Coppieters.

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