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Prix de l'énergie

Hausse des prix de l'énergie : la Commission européenne pousse les Vingt-sept à acheter du gaz en commun

Hausse des prix de l'énergie : la Commission européenne pousse les Vingt-sept à acheter du gaz en commun

La Commission européenne espère que les chefs d'État et de gouvernement de l'UE valideront lors du sommet de Bruxelles de ces jeudi et vendredi le principe d'achats conjoints de gaz par les États membres, parmi les multiples réponses à apporter à la crise des prix de l'énergie empirée par la guerre en Ukraine.

"Tout comme pour les vaccins, des arguments plaident en faveur d'achats communs de gaz", a répondu à la presse le vice-président de la Commission Maros Sefcovic, mardi à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires européennes, préparatoire au sommet.

"C'est l'une des approches que nous peaufinerons demain, et j'espère qu'elle sera adoptée par les chefs d'État et de gouvernement, parce que l'UE doit vraiment mieux utiliser l'énorme poids de son économie pour négocier les prix de l'énergie et les livraisons de gaz", a-t-il expliqué, concernant cette proposition que l'exécutif européen pousse depuis plusieurs mois.

Gaz, Gaz naturel liquéfié et hydrogène

Ces achats communs porteraient non seulement sur le gaz mais aussi sur le gaz naturel liquéfié (GNL) et l'hydrogène, selon un projet de conclusions du sommet vu par l'agence allemande DPA.

Le commissaire slovaque a souligné la nécessité de bien déterminer les besoins en quantité et en durée, ainsi qu'en infrastructures. Un groupe de travail est mis sur pied avec les États membres et les opérateurs de l'énergie pour avancer sur ces points. "Nous devons coopérer entre nous, et non nous concurrencer sur le marché mondial", a-t-il exhorté.

L'objectif est d'être prêts pour l'hiver prochain. La Commission propose aussi des règles contraignantes pour remplir les réserves de gaz à 90% avant chaque hiver. Pour le 1er octobre, selon sa proposition, mais plutôt pour novembre, selon le projet de conclusions, toujours susceptible d'être modifié. L'exécutif a également mis sur la table un ensemble de mesures qui permettraient de réduire la demande européenne en gaz russe de deux tiers d'ici à la fin de cette année.

Si le renforcement des capacités de stockage bénéficie d'un soutien fort parmi les 27, "il y a encore des débats" sur les achats conjoints, a tempéré le secrétaire d'État français Clément Beaune, qui présidait la réunion ministérielle. 

Quid d'un plafonnement des prix ?

La discussion est "plus difficile" encore sur un éventuel plafonnement des prix de l'énergie en cas de forte hausse, car elle est liée à une réforme du marché européen de l'électricité. Outre l'Espagne, la Grèce, l'Italie, la France, le Portugal et la Belgique y seraient favorables, mais l'Allemagne s'oppose à une telle intervention sur le marché, de même que l'Autriche et les Pays-Bas. Une dissociation du prix de l'électricité de celui du gaz est aussi sur la table, car les deux sont couplés dans l'UE, ainsi qu'une taxation des bénéfices exceptionnels des producteurs.

Malgré quatre trains de sanctions inédits contre la Russie pour son invasion de l'Ukraine, l'UE ne s'en est pas prise au secteur de l'énergie en raison de la volatilité de ce marché, bien que les pays baltes, parmi d'autres, veulent viser les exportations russes de pétrole. L'Allemagne, très dépendante de l'énergie russe, et dont des infrastructures de stockages sont gérées par Gazprom, préfère se concentrer sur la fermeture des échappatoires aux sanctions déjà prises, et insiste sur la diversification énergétique. 

"Nous n'avons pas discuté de nouvelles sanctions en tant que telles, mais leur renforcement est toujours d'actualité, et il est possible qu'il y ait rapidement de nouvelles sanctions, la discussion se prolonge", selon Clément Beaune.

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