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Hausse des prix, variétés indisponibles : les pépiniéristes annoncent des pénuries dès le printemps 2021

Les jardineries bien remplies, cela pourrait être fini dès 2021
28 sept. 2020 à 14:20 - mise à jour 28 sept. 2020 à 14:20Temps de lecture3 min
Par Maxime Fettweis

Doit-on profiter des plantes disponibles chez le pépiniériste du coin pour décorer son jardin tant qu’il en est encore temps ? C’est du moins ce que pense le secteur. Euphoriques pour leur chiffre d’affaire, les vendeurs d’arbres et de plantes craignent de devoir faire avec la pénurie de nombreuses plantes dans l’année à venir. Ils l’assurent : variétés indisponibles et hausse des prix seront au menu de 2021.

"Déjà aujourd’hui, quand on me demande une variété spécifique d’hortensia, il n’y en a plus", s’inquiète Jacques Hendrickx, directeur de la Jardinerie de Beloeil et président de l’Association Belge des Jardineries. Un constat surprenant quand on se souvient le soulagement qu’avait été l’autorisation donnée aux jardineries et pépinières de rouvrir leurs portes dès le 18 avril 2020, alors que les belges étaient encore confinés chez eux.

En confinement, les Belges ont découvert leur jardin

Du côté de Wanze, un autre gérant dresse le même constat : "Avant, on répondait à cinq mails par mois pour des demandes d’information, aujourd’hui on a 200 à 300 mails par jour. Depuis le confinement, j’ai deux employés à temps plein rien que pour gérer les mails et les commandes", détaille Alain Mahy qui dirige les Pépinières Saint-Jean depuis 30 ans.

Après le confinement, tous au jardin

"Quand j’ai appris que la Belgique allait être confinée, ma femme m’a trouvé en train de chialer dans mon bureau, je ne savais pas comment on allait s’en sortir", se souvient le Liégeois. "Lorsqu’on a rouvert, j’étais loin d’imaginer qu’on rattraperait le retard", précise de son côté Jacques Hendrickx. D’autant que les seuls mois de mars, avril et mai représentent habituellement 50 à 80% du chiffre d’affaires annuel du secteur. À la Jardinerie de Beloeil, le chiffre d’affaires a désormais décollé de 10 à 12% par rapport à 2019.

C’est incroyable

Du côté de Wanze, on enregistre un cinquième de vente en plus et ce, malgré le trou laissé béant par le confinement : "C’est du jamais vu, c’est incroyable", se réjouit le gérant qui a par la même occasion engagé de nouveaux employés pour répondre à cette demande inattendue. "Nos habitués sont revenus mais on a vu arriver une toute nouvelle clientèle qui vient parfois de Flandre ou même de France. Aujourd’hui, cela nous arrive de livrer à plus de 150 kilomètres de la pépinière."

Trop peu de producteurs pour contenir la demande

Pépiniéristes et gérants de jardineries sont-ils les grands gagnant de cette année 2020 chahutée ? Cela se pourrait bien même si forcément, c’est le client qui payera la note finale, qu’il se soit découvert la main verte durant le confinement ou que ce soit un hobby de longue date. "On sort de trois années de sécheresse consécutives. Beaucoup des arbres plantés par les producteurs sont morts car les chaleurs étaient trop élevées", explique Alain Mahy. Couplées à "une population pépiniériste vieillissante" qui pourrait engendrer la fermeture de dizaine et pépinières dans les années à venir et à l’explosion de la demande survenue après le confinement, ces sécheresses à répétition auront forcément un impact et ce, dès le printemps 2021.

Les plantes mettent du temps avant d’arriver en pépinière.
 

Jacques Hendrickx dresse le même constat : "Quand on prépare une plante, ce n’est pas comme un banc de jardin par exemple, il faut au minimum 6 à 8 mois de culture pour obtenir le produit en magasin." Contrairement à d’autres secteurs, l’adaptation à la demande est plus compliquée pour les vendeurs d’arbres et de plantes.

Et la situation n’a pas été aidée alors que tout le monde était forcé de rester à la maison en mars dernier. "Tous les jours, mes producteurs m’appelaient pour savoir quoi faire puisque la situation était incertaine. Aujourd’hui, beaucoup ont moins planté car ils avaient peur de ne pas pouvoir écouler leur stock si la crise sanitaire devait durer", prévient le président de l’Association Belge des Jardineries. Il estime enfin qu’il exerce un "métier ingrat" : "Notre travail dépend du climat de la production."

Le prix du "hobby vert" en hausse

En bout de course, les pépiniéristes se réjouissent du succès de loisirs en plein air généré par le confinement même s’ils restent lucides. "Ce sont les prix qui vont être impactés, insiste Alain Mahy. On essaye de contenir les prix mais cela va devenir impossible car quand le producteur nous demande 30% en plus, on a plus le choix." Et puisque les producteurs se font de plus en plus rares. Alors une chose est sûre : que ce soir pour un petit géranium à mettre sur votre appui de fenêtre ou pour un pommier pour le fond de votre jardin : le montant de la facture risque lui aussi de grimper.

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