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Haut et Fort : des lendemains qui chanteront

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04 janv. 2022 à 04:15Temps de lecture2 min
Par L'Agenda Ciné

Au volant de sa voiture, visiblement perdu dans Sidi Moumen, ce quartier pauvre de Casablanca, Anas cherche à rejoindre le centre culturel où il a rendez-vous. C’est là que ce graffeur qui s’est fait un nom dans le rap doit animer une classe de musique.

Arrivé à bon port et après avoir passé la nuit dans sa voiture, Anas part à la rencontre des filles et des garçons inscrits à son cours. Déterminé à faire que chacun de ses élèves trouve sa voix (mais aussi sa voie), il commence par doucher leur enthousiasme après que leurs premiers essais dans le rap s’avèrent très peu convaincants. Car pour Anas l’engagé, le rap n’est pas juste un truc à la mode, un exercice de style, il est bien autre chose. Et c’est ce qu’il a la ferme intention de faire comprendre et de faire vivre, pour le meilleur, à ces jeunes filles et ces jeunes garçons…

Faire que l’avenir leur appartienne

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Si Nabil Ayouch est né et a grandi en France, il a, avec plusieurs de ses films, très tôt et régulièrement, pris le pouls de son pays, le Maroc. De Ali Zaoua, Prince de la rue à Razzia en passant par Les Chevaux de Dieu et Much Loved, le réalisateur franco-marocain s’est attaqué à nombre de sujets brûlants comme la pauvreté, le terrorisme, la prostitution ou encore le Printemps arabe… au point de voir Much Loved interdit dans son pays, les autorités marocaines considérant que le film portait atteinte à l’image du Maroc et de la femme marocaine.

Plus que jamais engagé, Nabil Ayouch s’enquiert avec Haut et Fort de cette jeunesse marocaine coincée entre appétit de vivre et de créer, et pressions religieuses et normes sociales liberticides.

À sa vision, on pense au Cercle des poètes disparus qui voit un professeur inspirant apprendre la liberté à ses élèves, ou encore à Entre les murs quand il s’agit d’observer et de montrer la dynamique d’une salle de classe, le tout parsemé de moments dansés et chantés comme dans les meilleures comédies musicales.  

Avec cette frontière volontairement floue entre la fiction et le documentaire, cela donne à l’image un mélange détonant.

Emmené par le très charismatique Anas Basbousi qui joue là son propre rôle, on s’enthousiasme pour la fraîcheur qui se dégage de cette formidable bande de comédiens (tous des non professionnels) et de tous ces moments avec eux comme pris sur le vif.

Difficile de ne pas vibrer avec eux et de ne pas partager leurs aspirations !

Laissez-vous prendre par la folle énergie de ce film d'apprentissage réaliste et plein d’espoir

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