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Hep taxi ! L’hydrogène débarque à Bruxelles

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"Faites partie de la solution, pas de la pollution". C’est la phrase qui s’affiche sur les flancs du taxi que conduit Omar Khamassi. La solution, à l’en croire, c’est l’hydrogène. "La voiture à hydrogène, c’est silencieux comme une électrique et le plein se fait en trois minutes comme une thermique. En plus, pour 650 kilomètres d’autonomie, ça coûte actuellement 65 euros".

Le tout avec zéro pollution, puisque, pour produire de l’énergie, l’hydrogène se mélange avec l’oxygène pour ne rejeter que de l’H20, c’est-à-dire de l’eau. La voiture à hydrogène est-elle donc LA solution ? Pas forcément. Parce que, pour produire de l’hydrogène, il faut utiliser de l’énergie. Et donc, au total, le bilan carbone d’une voiture à hydrogène n’est pas forcément meilleur que celui d’une voiture thermique.

Depuis lundi dernier, un test a lieu à Bruxelles. Un taxi à hydrogène circule dans les rues de la capitale. Ce n’est pas la première fois que des sociétés veulent se lancer dans ce créneau, malgré le peu d’enthousiasme du gouvernement bruxellois. Pour Alain Maron, le ministre de l’Environnement, si l’hydrogène a sa place pour propulser des poids lourds, ce n’est pas forcément le cas pour les véhicules individuels.

Une opinion que ne partage pas Stephan Windels, le boss de Virya, une société spécialisée dans l’énergie verte et le partenaire de Taxis Verts dans ce test prévu pour durer un an : "Pour réussir la décarbonisation, il faudra compter sur les deux types de motorisation : l’électrification directe et l’hydrogène. Pour certains trajets, même en voiture individuelle, l’hydrogène aide à résoudre les problèmes d’autonomie. Et c’est une technique qui est parfaitement au point."

Taxis Verts insiste : la voiture fonctionne à l’hydrogène vert. C’est-à-dire que l’électricité utilisée pour produire ce gaz provient de sources renouvelables. Logique : si on utilise du gaz pour fabriquer cet hydrogène, on ne fait que déplacer le problème de la pollution. Mais, petit souci : l’hydrogène vert est encore rare. Difficile, dans ces conditions, d’imaginer convertir toute la flotte des taxis bruxellois. "C’est pour cela, reprend Stephan Windels, que nous faisons un test avec un véhicule, pas avec 20 ou 100. Et nous travaillons déjà à créer des unités de production industrielle d’hydrogène vert."

En tout état de cause, on est encore loin de l’hydrogène disponible à tous les coins de rue. Actuellement, on ne compte que 5 stations-service pour toute la Belgique

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