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Honoraires inchangés depuis 8 ans : les kinés réclament une revalorisation

10 mai 2022 à 18:56 - mise à jour 11 mai 2022 à 03:52Temps de lecture2 min
Par Benjamin Verpoorten

Nathan est en pleine séance. Il soigne une patiente qui a des douleurs au dos. Pour cette séance, ce kiné conventionné réclame un tarif imposé par l’Inami. "Je travaille depuis 7 ou 8 ans et je pense qu’ils n’ont plus augmenté depuis autant de temps," constate-t-il. Et la nouvelle convention ne prévoit aucun changement. Pour le kiné, "c’est un problème dans le sens ou le coût de la vie augmente, sans parler de l’énergie et des frais quotidiens liés au travail."

Augmenter la séance de 12 euros

Selon une récente étude menée par Axxon, l’association professionnelle de kinésithérapie, les séances devraient être facturées 35€ la demi-heure, soit 12 euros de plus que les 23€ euros actuels. Les kinésithérapeutes déplorent aussi la faible indemnité perçue pour les déplacements lors de consultation à domicile, à peine 1,13 euro. Ils veulent que cela change pour pouvoir aussi valoriser leurs formations et investissements au travers de leurs honoraires. "On propose une kiné sportive ici, et pour coller à la réalité, il faut de l’espace, du matériel et des formations précises. Actuellement, on ne peut pas les valoriser donc sur du moyen ou long terme, c’est difficile de rentabiliser ces investissements-là", déplore Nathan.

Se déconventionner pour être justement rémunéré

Pour être rémunéré comme ils le souhaitent, les kinés peuvent se déconventionner. Ne pas approuver la convention de l’Inami leur permet de facturer les honoraire qu’ils souhaitent. En contrepartie, les kinés perdent quelques avantages et leurs patients sont moins bien remboursés. "On arrivera malheureusement à une kiné à deux vitesses" analyse Kenny, kinésithérapeute. "Les gens qui payent aujourd’hui 5 ou 6 € leur séance, payeront 15 à 20 euros parce que le remboursement ne sera pas suffisant", poursuit le kiné.

Cette différence de remboursement est discriminatoire pour le patient

Cette différence de remboursement s’élève à 25% précise Axxon, qui regrette que le patient soit victime du choix des kinés d’approuver ou pas la convention de l’Inami. L’association et sa directrice générale Fabienne Van Dooren, demandent dès lors l’abolition de cette différence dans les remboursements : "C’est discriminatoire, le soin est le même, la qualité est la même, mais le patient lui, paye une différence".

Vu que l’association a refusé d’approuver la convention, les kinésithérapeutes vont devoir se prononcer individuellement. Si 60% y adhèrent, elle sera mise en application. Si ce quota n’est pas atteint, ce qui n’est jamais arrivé en Belgique, la convention sera supprimée et le secteur ne bénéficiera pas des 13,8 millions investis par le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit). Ce dernier précise d’ailleurs que les honoraires des kinésithérapeutes sont indexés de 0,79%, ce qui reste bien en dessous de l’inflation actuelle, évaluée à 8,31%.

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