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How to Disappear quand l'art plastique rencontre le théâtre sur la scène du Varia

How to Disappear - le gigantesque intestin créé par Elodie Antoine est une des métamorphoses de la jeune femme interprétée par Emilie Maquest

© © Christophe Engels

How to Disappear est un spectacle sur les identités (encore un!) multiples que chacun a enfoui en soi. Comment les faire émerger ? En explosant ce corps qui nous définit et nous enferme. Seule en scène, Emilie Maquest creuse la métaphore, explose, disparaît à elle-même, pour se refaçonner à travers... trois de ses organes: le coeur, l'intestin et le foie. Pour donner corps à ces accessoires/personnages, la comédienne se tourne vers une plasticienne: Elodie Antoine

Elodie Antoine a aussi créé les costumes de How to Disappear
Elodie Antoine a aussi créé les costumes de How to Disappear © Christophe Engels

Tout sauf cheap

Très sensible aux arts plastiques, Emilie Maquest cherche d’emblée à être épaulée par un.e plasticien.ne qui pourra exprimer, à travers la conception de chaque organe, une partie de l’identité qui est en elle. Une vraie gageure. Le choix d’Elodie Antoine qui travaille sur le corps est une évidence. Toutes deux partagent ce sentiment de jeu entre attraction et répulsion pour les organes.

j’ai recherché quelqu’un qui avait déjà une proposition artistique - forte et esthétique - de magnifier et à la fois interroger nos intérieurs

Cet intestin, oeuvre à part entière d'Elodie Antoine est l'affiche du spectacle
Elodie Antoine, Thorax

Identités multiples de l’œuvre d’art

Les arts vivants, surtout la danse, ont flirté avec la sculpture ou la peinture dès le début du XXe siècle. Les décors et les costumes de Picasso pour les Ballets Russes, ceux de Robert Rauschenberg pour Merce Cunningham ou plus près de nous, Olafur Eliasson, en 2015, pour la Company Wayne McGregor. L'artiste créé, alors, un objet hybride qui oscille entre œuvre à part entière et accessoire. L’objet/oeuvre doit correspondre à une demande, s’adapter à des contraintes de taille, de matières, de poids pour vivre sous un éclairage scénique et -tabou absolu en art contemporain- être manipulé. Pour Emilie Maquest ces œuvres, qui ne seront en aucun cas un faire valoir esthétique, doivent être "magnifiées" sur scène et, même manipulées, ne jamais "perdre leur aura ".  

How to Disappear, Emilie Maquest porte le coeur conçu en étroite collaboration avec Elodie Antoine
How to Disappear, Emilie Maquest porte le coeur conçu en étroite collaboration avec Elodie Antoine © Christophe Engels

Ce sera le travail sur la lumière et l’espace réalisé par Giacomo Gorini. Et de fait, ces " objets " ( et l'impressionnante combinaison intégrale " intérieur d’intestin ") d’une grande qualité esthétique -et d’une grande efficacité- nous fascinent. On a bien du mal à les définir comme des accessoires de théâtre. Pourra-t-on les voir -devenus intouchables- dans l’espace d’une galerie? Pas impossible pour Elodie Antoine " ils peuvent reprendre un statut œuvre d’art à part entière […] même si ce n’est pas l’idée au départ. "

How to Disappear,  Emilie Maquest
How to Disappear, Emilie Maquest © Christophe Engels

How to disappear est résolument construit sur plusieurs disciplines, Boris Gronemberger pour la musique et les chansons en live, Marie Henri pour le texte, Elodie Antoine pour la proposition esthétique, Giacomo Gorini pour la création lumière et Emilie Maquest pour l’interprétation. Un spectacle qui révèle l’épaisseur de l’être, son désir d’autonomie et de liberté.

En pratique :

How to Disappear - Emilie Maquest

Studio Varia du 22.09 au 08.10.2022

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