Belgique

Huit jours après la rentrée, 124 élèves "sans école" vont devoir s'inscrire dans des établissements disponibles

06 sept. 2022 à 09:02 - mise à jour 06 sept. 2022 à 10:12Temps de lecture4 min
Par Sarah Heinderyckx avec Alice Dulczewski

Comme chaque année, les inscriptions dans les écoles secondaires en Fédération Wallonie-Bruxelles ont fait quelques malheureux. Selon la CIRI, la Commission interréseaux des inscriptions, il reste encore 124 élèves sur liste d’attente aujourd’hui sur les 50.218 qui étaient dans le processus d’inscription en première secondaire, ce qui représente 0,2% de ces élèves.

Comme d’habitude, c’est en région bruxelloise que la situation est la plus marquée. Voici la répartition exacte :

  • 103 élèves pour la région de Bruxelles-Capitale
  • 4 élèves en Brabant Wallon
  • 17 élèves en Wallonie.

Moins que l’année passée

Le cabinet de la ministre de l’enseignement Caroline Désir précise : "Pour comparaison, l’année passée il y avait, à la même époque, 152 élèves en liste d’attente. La situation est donc meilleure cette année".

Ces élèves "sans école" n’ont en fait pas été acceptés dans une des écoles de leur choix, ce qui ne veut pas dire qu’ils n’ont aucune place disponible. En région bruxelloise par exemple, il reste 1400 places disponibles pour les 103 élèves encore sur liste d’attente. Ils n’ont désormais plus le choix : ils doivent s’inscrire dans une école où il y a de la place afin de respecter l’obligation scolaire.

Avant d’arriver à ce chiffre, la CIRI a procédé en deux étapes. Le 25 août, la commission a d’abord contacté tous les parents qui avaient fait des doubles inscriptions pour leurs enfants. C’est-à-dire qu’ils avaient une place dans l’école de leur deuxième choix, mais qu’ils étaient encore en attente dans celle de leur premier choix. Si les parents décidaient de rester en attente, ils perdaient alors leur priorité dans l’école du deuxième choix.

Ce lundi, après une semaine de cours, la CIRI a ensuite fait le point avec les écoles sur les élèves qui ne s’étaient pas présentés. Le chiffre de 124 élèves encore sur liste d’attente ne devrait donc plus bouger et ces élèves doivent maintenant s’inscrire dans une école où des places sont encore disponibles.

Parcours du combattant

Si le nombre de familles concernées par cette situation diminue d’année en année, cela reste très compliqué à vivre pour elles. Frédéric et son épouse avaient choisi quatre établissements scolaires en région bruxelloise dont le projet pédagogique répondait à leurs attentes pour leur fille Ayana. Mais très vite, ils apprennent qu’elle est sur liste d’attente pour ces quatre choix.

"La formule de calcul existante nous pénalise parce qu’on a fait le choix de déménager il y a quelques années de Woluwe-Saint-Pierre à Wezembeek-Oppem, déplore Frédéric. C’est fou que ce choix posé il y a une dizaine d’années nous pénalise pour la scolarité de nos enfants".

Dans les établissements où la demande d’inscriptions dépasse le nombre de places disponibles, le départage des places se fait en effet sur base d’un indice composite calculé à partir de différents critères dont la distance entre le domicile et l’école secondaire, celle entre le domicile et l’école primaire ou encore entre l’école primaire et l’école secondaire.

Commence alors pour Frédéric ce qu’il appelle un véritable parcours du combattant. "Depuis octobre et jusqu’au 30 août, on a tout fait. Des coups de téléphone quotidiens à la CIRI, des mails, puis des recommandés pour finir par faire appel à un avocat et un médiateur. Ça demande énormément d’énergie, l’ensemble de la famille s’est mobilisée pour suivre le dossier", explique le papa.

Elle était en pleurs et moi aussi

Le jour de la rentrée, sa fille est encore première sur la liste d’attente dans l’école de leur deuxième choix, mais ce n’est pas suffisant pour obtenir une place. Elle reste donc à la maison. Ce n’est que le vendredi 2 septembre que la bonne nouvelle tombe. Le collège Don Bosco contacte la famille pour l’annoncer : Ayana, 12 ans, a finalement sa place dans l’école.

"Ma fille n’a pas montré grand-chose pendant ce long processus, nous confie Frédéric, mais hier matin quand on est allé avec elle à l’école et que les éducateurs lui ont souhaité la bienvenue, elle était en pleurs et moi aussi".

Le papa regrette encore aujourd’hui : "Le système ne nous aide pas, ne nous accompagne pas. On a dû se battre pour obtenir une place".

Un nouveau décret qui montrera ses effets l’année prochaine

L’année prochaine, la situation devrait encore s’améliorer. Certains critères pris en compte dans l’indice composite vont en effet évoluer. C’est le résultat d’un nouveau décret régissant les inscriptions dans le secondaire adopté en janvier dernier.

Il y aura désormais 8 critères au lieu de 7 et leur poids relatif dans l’indice sera légèrement modifié. Ainsi, le critère de la distance entre le domicile et l’école primaire, au cœur des critiques des parents depuis des années, voit son importance sensiblement s’alléger au profit de la distance entre l’école secondaire souhaitée et le domicile.

Pour le reste, la procédure ne change pas beaucoup. Mais le système d’inscription se fera de manière plus décentralisée. La Commission interréseaux des inscriptions fera place à la Commission de gouvernance des inscriptions (CoGI). Une commission assortie de dix Instances locales des inscriptions (ILI) dans chaque bassin scolaire afin de mieux tenir compte des réalités locales. Une évaluation du nouveau dispositif est prévue dans quatre ans, en 2026.

Sur la même thématique : JT du 28/08/2022

Articles recommandés pour vous