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Belgique

"Il faudrait revoir les normes d’encadrements dans les maisons de repos. Elles n’ont pas changé depuis 20 ans" plaide la présidente du CPAS de Nivelles

01 févr. 2022 à 21:32Temps de lecture2 min
Par Hugues Angot

Faut-il s’inquiéter des conditions de vie des pensionnaires dans nos maisons de retraite ? La question fait suite aux révélations du livre enquête "les fossoyeurs" qui a mis sur la sellette le groupe Orpea pour des faits de maltraitance dans des établissements en France. Suite à ces révélations, la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale a chargé les inspecteurs de l’Aviq d’organiser des inspections inopinées dans les établissements du groupe ORPEA : 12 maisons de repos ont été inspectées ces derniers jours. Une est jugée problématique. Deux suscitent un avis "mitigé".

QR l’actu fait le point sur le secteur des maisons de repos avec Vincent Frédéricq, secrétaire général de Femarbel et Colette Delmotte, présidente du CPAS de Nivelles.

Plus de personnels ?

Pour Colette Delmotte, les normes d’encadrements ne correspondent plus aux besoins actuels. "Il faudrait revoir les normes d’encadrements. Elles n’ont pas changé depuis 20 ans alors que les profils des résidents eux ont beaucoup changé. Nos pensionnaires arrivent de plus en plus tard dans nos maisons de repos, et l’encadrement nécessaire est plus important".

Cet avis est partagé par le secrétaire général de Femarbel encore faut-il que les moyens budgétaires puissent suivre. Et cela pose une vraie question de société pour Vincent Frédéricq : "Est-ce que notre société tient suffisamment compte de ses aînés et veut-on répondre à leurs besoins ? Il faut revoir les normes d’encadrements à la fois en termes de volume mais aussi au niveau de la qualité. Il y a des possibilités de le faire mais c’est aux responsables politiques à dégager les moyens pour y parvenir".

Cas de maltraitance

Manque de nourriture, manque de soins… De nombreux témoignages font état de manquements, de fautes voire de négligence coupable. Une situation que ne nient pas nos interlocuteurs : "Il ne faut pas se voiler la face, il y a des cas de maltraitance dans les maisons de repos. C’est évidemment totalement inadmissible et puis il peut y avoir aussi des accidents. Nous travaillons avec de l’humain, ce n’est jamais évident. Dans ces cas graves, il ne faut hésiter à porter plainte".

Quid des contrôles ?

Les contrôles organisés par l’Aviq se font de manière inopinée rassure la présidente du CPAS de Nivelles. "C’est toujours assez impressionnant quand les contrôleurs débarquent. On a beau penser tout faire dans les règles, on est jamais à l’abri d’une remarque négative et si c’est le cas, l’institution a un mois pour rectifier le tir".

Pour Vincent Frédéricq, ces contrôles devraient avoir lieu au minimum deux fois par an. "Je ne suis pas certain qu’il y ait suffisamment de contrôles. En Wallonie, les contrôles me semblent plus réguliers qu’à Bruxelles. Il y a en tout cas une volonté politique d’engager des inspecteurs pour renforcer ces contrôles qui sont bien évidemment inopinés".

Outre les contrôles, Vincent Frédéricq insiste sur la nécessité de se plaindre en cas d’abus et de défaut de service et de ne pas hésiter de changer de maison de repos.

Label de qualité ?

Ne serait-il pas envisageable ou souhaitable d’introduire une charte, un label de qualité qui permettrait de se faire une idée plus précise sur la maison de repos ? Vincent Frédéricq n’est pas contraire à l’idée, reste à savoir qui va contrôler, comment et sur la base de quels éléments objectifs ? "A Bruxelles, vous avez Inforhomes, qui est un organisme indépendant qui peut vous fournir un avis sur les maisons de repos. Mais je ne suis pas vraiment partisan d’un système comparable aux étoiles pour les hôtels. On ferait des comparaisons qui sont malvenues".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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