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Il faut réévaluer les mesures sanitaires à la mi-décembre, estime Yves Coppieters

01 déc. 2020 à 22:01 - mise à jour 01 déc. 2020 à 22:13Temps de lecture2 min
Par Hugues Angot

Trop strictes, injustifiées voire incohérentes. Pour une partie de la population, les mesures sanitaires prises à l’issue du dernier comité de concertation ne passent pas. Et le ministre de la santé, Frank Vandenbroucke, a été très clair et a exclu tout changement dans les mesures fixées. Les règles s’appliqueront donc jusqu’au 15 janvier prochain. Sur le plateau de Questions en prime, Yves Coppieters, épidémiologiste à l’ULB, et Emmanuel Bottieau, professeur à l’institut des maladies tropicales, à Anvers estiment pourtant qu’une réévaluation devrait avoir lieu avant la fin de l’année.

Pour Yves Coppieters, exclure toute réunion du Comité de concertation en décembre est une erreur. Les mesures qui ont imposé le reconfinement ont été prises très rapidement, et même si, selon lui, les autorités ont mal géré le premier déconfinement, il faudrait éviter que les mesures de sortie du second confinement ne traînent exagérément. Et ce d’autant plus que les chiffres sont plutôt satisfaisants.

"Je pense qu’il est raisonnable de réévaluer la situation sanitaire tous les 15 jours. Actuellement, les contaminations diminuent même s’il y a de petites oscillations. Il est clair que dans 10 jours, la situation épidémiologique sera différente, et elle sera sans doute meilleure. Cela devrait permettre une réévaluation en fonction des objectifs que nos décideurs se sont fixés et peut être que l’on pourra dès lors rouvrir certains services nécessaires au niveau social".

PS et MR favorable à une réévaluation

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, s’est également exprimé en faveur d’une réévaluation des mesures sanitaires. De son côté, le président du PS juge l’idée plutôt favorablement. Des déclarations porteuses d’espoir pour certains, mais qui engendrent également pas mal de confusion.

Pour Caroline Sagesser, politologue au CRISP, ces déclarations créent une cacophonie dans le message de nos autorités et elles sont dommageables pour la cohérence, ce qui peut dès lors affecter l’adhésion de la population. "Certains responsables politiques s’expriment en marge de la communication du gouvernement pour défendre des positions plus populaires face aux mesures restrictives extrêmement fermes".

Alors peut-on parler d’une rupture de confiance entre les partenaires de la Vivaldi ? Pour Caroline Sagesser, parler de crise gouvernementale est clairement exagéré. Il faut rappeler que la fermeture des commerces est une décision du comité de concertation, et pas de Frank Vandenbroucke. Ce qui a choqué, c’est la justification donnée par le ministre de la santé à postériori. A en croire la politologue, il s’agit d’une erreur de communication.

Perte d’adhésion de la population

Pour faire face à la crise, les politiques publiques ont besoin d’une large adhésion citoyenne. Elles doivent également s’accompagner d’aides économiques et psychologiques. Il est évident pour Yves Coppieters que les discordances dans les communications mettent à mal cette adhésion, mais il souligne néanmoins que la population ne doit pas être infantilisée pour autant. Les Belges ont bien compris la gravité de la situation qui justifie la poursuite des mesures sanitaires.

Pour Emmanuel Bottieau, plus une mesure est stricte, plus elle doit être expliquée et justifiée. "Psychologiquement, les gens ont besoin de perspectives, et si les chiffres vont dans le bon sens, il serait judicieux d’envisager une réévaluation".

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