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« Il Trittico » de Puccini. Trois couleurs pour un chef-d’œuvre à la Monnaie

© Matthias Baus

Tragédie, lyrisme, comédie burlesque, le triptyque de Giacomo Puccini déploie une palette de couleurs impressionnante. Dans cette œuvre, trois opéras et trois atmosphères se déploient en une seule et même soirée de spectacle. " Il Trittico " est présenté jusqu’au 9 avril à la Monnaie dans une mise en scène de Tobias Kratzer. Diffusion en direct sur Musiq3 et Auvio le 26 mars dès 19h. 

C'est une œuvre que l’on voit peu au programme des maisons d’opéra tant elle est complexe à produire et à mettre en scène. " Il Trittico " a été créé en 1918 au Metropolitan Opera à New York. Dans cette oeuvre, Giacomo Puccini réunit trois opéras à travers lesquels, il multiplie les approches. Chaque partie de ce triptyque révèle une couleur qui lui est propre.

" Il Tabarro " confronte le public à la violence d’un crime passionnel. Dans ce premier opus, un jeune amant sera poignardé dans les entrailles d’une péniche. " Suor Angelica ", le deuxième volet du triptyque retrace avec lyrisme, l’histoire tourmentée d’une mère recluse derrière les murs d’un couvent. Quant à " Gianni Schicchi ", le troisième opéra, il se présente sous la forme d’une farce burlesque à travers laquelle, le public observe une famille noble s’entredéchirer autour d’un testament. Trois opéras, trois atmosphères et un défi pour les metteurs en scène.

Une mise en scène de Tobias Kratzer

La Monnaie a fait appel au metteur en scène allemand Tobias Kratzer qu’on avait découvert en 2017 dans une production de " Lucio Silla " de Mozart. Dans le triptyque de Puccini, chacun des opéras au programme, véhicule une esthétique singulière.

Dans " Il Tabarro ", le metteur en scène allemand place le crime passionnel au centre d’un décor qui renvoie à l’univers d’un roman graphique ou d’une bande dessinée. Ce décor écrasant, tout en verticalité, juxtapose les différents lieux évoqués dans le livret : La cabine de l’armateur, les quais de la Seine, le ponton de la péniche, les cales sombres de l’embarcation. Ce décor kaléidoscopique rappelle étrangement le découpage d’une planche de bande dessinée. " Suor Angelica " se présente sous la forme d’un oratorio. Le jeu des solistes est réduit à sa plus simple expression mais un film est projeté en fond de scène. Ce film muet, en noir et blanc éclaire avec humour, la vie à l’intérieur du couvent. Dans la dernière œuvre, " Gianni Schicchi ", la rupture de ton est flagrante. Un nouveau gradin de spectateurs a été installé sur le plateau et les personnages de la comédie semblent évoluer au centre d’une piste d’impro… Trois opéras et trois univers singuliers.

Le premier défi est de marquer l’atmosphère de chaque opéra mais il est également important de créer du lien. Nous avons tenté de créer une sorte de cercle vertueux. Chaque opéra va jouer un rôle dans celui qui le suit ou qui le précède. "

Tobias Kratzer au micro de François Caudron

Entretien avec Tobias Kratzer

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Dans la fosse, Alain Altinoglu conduit l’orchestre de main de maître. Il jongle avec les couleurs et la tonalité de chaque opéra. Le triptyque requiert une distribution imposante. Une vingtaine de solistes se croisent au fil des trois heures de représentation. Coup de chapeau au ténor Adam Smith et au baryton Péter Kalman qui passent, tous deux, avec éclat de la noirceur d’ "Il Tabarro " à la lumière chaleureuse de " Gianni Schicchi ".

 " Il Trittico " est présenté jusqu’au 9 avril à la Monnaie dans une mise en scène de Tobias Kratzer. Diffusion en direct sur Musiq3 le 26 mars dès 19h.

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