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L'odyssée

Il y a deux ans, le grand Michel Legrand nous quittait

Le compositeur, pianiste, jazzman, chanteur et chef d’orchestre Michel Legrand, qui nous a quittés il y a deux ans

Ce mardi 26 janvier 2021, cela fait exactement deux ans que nous quittait le compositeur, arrangeur de jazz, pianiste, chef d’orchestre et chanteur Michel Legrand, à l’âge de 86 ans. Vincent Delbushaye vous propose de lui rendre hommage et de retracer son parcours, en passant bien sûr par le cinéma mais en rappelant aussi ses incursions dans la musique plus classique et la trace indélébile qu’il a aussi laissée dans le jazz.

Au faîte de sa carrière, le réalisateur Norman Jewison l’avait même appelé à la rescousse, parce qu’il ne parvenait pas à boucler son film. Legrand va alors proposer de composer seul, de son côté, sans contrainte et en n’ayant vu le film qu’une seule fois : une heure et demie de musique originale, sur laquelle le réalisateur va se calquer pour monter son film, c’est assez inédit puisque généralement, c’est dans l’autre sens que ça se passe. Et cette bande originale, c’est celle du film "L’Affaire Thomas Crown", qui vaudra à Michel Legrand de recevoir l’année suivante l’Oscar de la meilleure chanson originale.

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Et c’est pour L’Affaire Thomas Crown que Michel Legrand compose en 1968 l’une de ses plus belles chansons, Les Moulins de mon cœur (en anglais Windmills of your mind).

Le piano et le jazz, ses premiers amours

Michel Legrand va donc commencer son parcours de musicien, comme beaucoup, au Conservatoire de Paris, et même si, au final, il pratiquera une douzaine d’instruments, déclarant "J’en joue mal, mais je sais bien comment en jouer !" - c’est au piano qu’il va se former en premier lieu, en suivant les cours d’une certaine Nadia Boulanger.

Michel Legrand est encore aux études quand il a le coup de foudre pour le jazz, en assistant à un concert de Dizzy Gillespie (Guilèspî) en 1947. Et comme Michel Legrand sait ce qu’il veut et qu’il finit toujours par y parvenir, il collaborera même quelques années plus tard, avec Dizzy Gillespie, en assurant les arrangements pour orchestre à cordes de ses concerts européens.

Michel Legrand aura d’abord accompagné les plus grands jazzmen avant d’enrichir à son tour le répertoire de toute une série de standards, qui changent de titre en fonction du côté de l’Atlantique où ils sont joués. Ainsi, sa Valse des Lilas, jouée par Oscar Peterson, devient "Once upon a summertime".

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Un "itinéraire" musical aussi riche que diversifié

Je voulais réussir en tout, je voulais être pianiste, écrire des symphonies, des ballets, des musiques de films, des chansons. Je voulais tout faire, jouer, composer et orchestrer.

Au terme de "carrière", Michel Legrand préférait celui d’itinéraire, sans doute plus juste quand on a vécu des tranches de vie successives, et différentes : c’est en 2016, il a alors 80 ans que Michel Legrand va se lancer un nouveau défi, composer un Concerto pour le violoncelle, qu’il dédicace à Henri Demarquette, qui l’interprète avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Mikko Franck.

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Michel Legrand et le cinéma

Le cinéma occupe une part importante dans l’itinéraire musical de Michel Legrand, créateur de thèmes aussi célèbres que ceux des Parapluies de Cherbourg et des Demoiselles de Rochefort, compositeur de musique de film de génie, qui a remporté trois Oscars - en 1969 Meilleure chanson originale Les moulins de mon cœur dans L’affaire Thomas Crown avec Robert Redford, en 1972 Meilleure musique de film pour Un été 42 et en 1984 Meilleure adaptation musicale pour Yentl avec Barbara Streisand. Il sera un collaborateur privilégié de Claude Chabrol, de Jean-Luc Godard, d’Agnès Varda et évidemment, de Jacques Demy.

Autre musique de film composée par Michel Legrand, c’est celle qui accompagnait le film "Le Messager" en 1971, une musique qui a également été utilisée pour introduire l’émission "Faites entrer l’accusé" sur France2.

Michel Legrand a également beaucoup composé, à partir des années septante, pour les dessins animés, notamment pour la série "Il était une fois…".

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