Cyclisme Mondiaux

Il y a dix ans, Philippe Gilbert s’envolait dans le Cauberg vers le titre de champion du monde

Le 23 septembre 2012. Une date marquée dans l’histoire du cyclisme belge. Depuis plus aucun Belge n’a endossé le maillot arc-en-ciel. Ce jour-là, tous les éléments se sont alignés pour Philippe Gilbert : un parcours cousu main, une équipe totalement dévoué et des jambes de feu après une saison pourtant compliquée. Sur "son" Cauberg, notre compatriote s’est envolé pour aller chercher l’un de ses plus beaux succès.

Planté au cœur du Limbourg néerlandais, le Cauberg est situé à une soixantaine de kilomètres de Remouchamps, où la famille Gilbert a élu domicile. Cette côte, Phil l’a grimpée à de nombreuses reprises, en course et à l’entraînement. Elle a servi de fil rouge à sa carrière. Et ce n’est pas un hasard si c’est à cet endroit précis qu’il a décidé de raccrocher son vélo le 15 octobre prochain.

Cette rampe (1200m à 5,8%) semble avoir été taillée pour Gilbert. Elle correspond parfaitement à sa capacité à mettre du braquet dans une pente pas trop raide. Phil connaît les moindres recoins, le moindre centimètre carré de cette côte. A quelques dizaines de mètres près, il attaque toujours au même endroit. Ses adversaires sont prévenus mais quand il est en forme, personne n’est en mesure de prendre sa roue.

Et ce 23 septembre 2012, Gilbert ne sent pas les pédales. Après une course maîtrisée par l’équipe belge, Bjorn Leukemans le place et puis lance idéalement dans la dernière ascension. Contrairement à ses premiers succès à l’Amstel, l’arrivée n’est pas jugée au sommet mais bien quelques kilomètres plus loin. Peu importe, l’ancien champion de Belgique est le plus fort et ces quelques hectomètres supplémentaires prolongent son bonheur et lui permettent de savourer encore plus son triomphe.

L’extase est d’autant plus grande qu’il survient après une saison compliquée pour ne pas dire autre chose. Arrivé chez BMC avec l’étiquette de N.1 mondial, Gilbert peine à trouver ses marques et à briller. Sa 6e place à l’Amstel et son podium à la Flèche Wallonne sont les seuls rayons de soleil d’un printemps pourri. Mais petit à petit, le puncheur de Remouchamps retrouve ses sensations. Ses deux succès à la Vuelta lui redonnent confiance juste avant les championnats du Monde à Valkenburg. Le maillot arc-en-ciel est au bout du chemin.

Rarement, la symbiose entre un coureur et une côte a été aussi parfaite. Rarement, un coureur aura autant maté la concurrence sur "son" terrain. Il y a Valverde et le Mur de Huy et il y a Gilbert et le Cauberg. Deux coureurs qui prendront leur retraite à la fin de la saison.

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