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Guerre en Ukraine

"Ils donnent des représentations dans les abris antiaériens". Le Théâtre National veut raconter la Culture sous les bombes en Ukraine

"Ils donnent des représentations dans les abris antiaériens". Le Théâtre National veut raconter la Culture sous les bombes en Ukraine

воля ou en français, l’envie de liberté. Le projet lancé par le Théâtre National Wallonie-Bruxelles est construit autour de la présence à Bruxelles de Youlia Ostrohliad. Responsable communication au Théâtre Nationale de Kiev, elle a fui la guerre lancée par la Russie dès les premiers jours. Là voilà aujourd’hui engagée par le théâtre bruxellois qui a voulu faire preuve de solidarité avec une collègue ukrainienne. Un partenariat avec le centre chorégraphique Charleroi-Danse qui s’occupe de son logement.

Nos équipes avaient rencontré la jeune femme alors qu’elle venait de passer la frontière à pied. Frigorifiée mais sauve. Elle nous confiait sa terreur et sa panique quand les premières alarmes ont retenti à Kiev. C’était devenu une question vitale pour elle de se mettre en marche et de fuir.

Youlia Ostrolhiad début mars dans un camp de fortune à la frontière Polonaise
Youlia Ostrolhiad début mars dans un camp de fortune à la frontière Polonaise © Tous droits réservés

Le Théâtre National peut donc compter désormais sur une réfugiée ukrainienne chargée de récolter des témoignages du milieu culturel ukrainien. "Pour moi c’est un véritable plaisir de retrouver l’ambiance d’un théâtre", explique Yulia. "Je suis dans mon élément. Et quand j’ai reçu cette proposition de travail, je n’ai pas trop hésité". Le théâtre national lui a demandé de construire un projet qui parlerait des réalités de la culture en Ukraine. La jeune femme s’est lancée dans une série d’entretiens à distance avec son réseau en Ukraine.

Dans la culture, il y a ceux qui se battent, ceux qui aident et ceux qui donnent des représentations dans les abris et les caves.

Le résultat est à voir sur le site du théâtre. On y apprend que les acteurs de la culture sont presque tous mobilisés par l’effort de guerre. Soit en prenant part directement dans les combats. Soit en apportant des denrées humanitaires en zone difficile. Olha Semyoshkina était chorégraphe en chef au Théâtre National dramatique Ivan Franko à Kiev. Aujourd’hui, elle a mis son emploi de côté. Elle fait des allers-retours pour apporter de la nourriture aux familles enclavées, bloquées par la guerre.

"Et puis il y a aussi ceux qui continuent à répéter et à faire des spectacles", explique Youlia Ostrohliad. "Ils ne peuvent plus monter sur scène. Mais ils jouent dans les caves et les abris antiaériens. Ça participe aussi au maintien du moral de la population." Et les témoignages sont nombreux et variés. Ils décrivent tous le bouleversement des vies civiles provoqué par la guerre. Le Théâtre National les publiera régulièrement. Pour Pierre Thys, le directeur, "ce n’est pas la première fois que le Théâtre National s’inscrit dans la solidarité. L’institution a une longue histoire de soutien à différents réfugiés. Mes prédécesseurs avaient travaillé avec des artistes iraniens et syriens."

Ces témoignages précieux pourront être utiles pour comprendre la réalité du terrain ukrainien et les conséquences d’une guerre sur les vies, ici, du monde de la culture. Mais aussi de tout un pays. Et ensuite ? Peut-on imaginer des développements sur scène ? Pour Pierre Thys, "On n’en est pas encore là mais oui peut-être qu’un ou plusieurs de ces témoins pourraient venir monter un projet sur scène à l’avenir."

Extrait du JT du 10 mai 2022

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