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Cyclisme

Incident Lampaert-Wellens : "Ça devrait éveiller l’esprit d’un nouveau règlement, mais Wellens est le dindon de la farce"

Yves Lampaert (Quick Step Alpha Vinyl) qui joue aux auto-tamponneuses avec Tim Wellens (Lotto-Soudal) pendant le kilomètre en or. C’est l’image forte de la dernière étape du Tour de Belgique. Celle qui anime en tout cas toutes les discussions d’après course.

L’exclusion du champion de Belgique du chrono ne se discute pas. Jouer des coudes à plusieurs reprises avec un adversaire, cela doit être sanctionné. Ces gestes peu fair-play de Lampaert ont empêché Wellens de vraiment défendre ses chances. Le Trudonnaire est convaincu qu’ils lui ont coûté la victoire finale (et les précieux points UCI qui vont avec). Ce succès est revenu à Mauro Schmid… équipier de Lampaert. Et c’est bien là le problème.

Au final, Mauro Schmid qui a bénéficié de la manœuvre plus que limite de Lampaert n’est pas sanctionné. Mais doit-il l’être alors qu’il n’a commis aucune faute et que rien ne prouve qu’il y ait eu des consignes d’équipe ? Tentative de réponse avec notre consultant Gérard Bulens.

"Est-ce que c’est une consigne d’équipe ? Est-ce que dans sa tête, Lampaert devait le faire pour aider l’équipe ? Est-ce qu’il s’est dit qu’en gênant Wellens, il s’est dit que ça allait renforcer ses chances d’une sélection pour le Tour ? Ce sont tous des éléments qui entrent en ligne de compte. Comment peut-on déterminer si la faute est une faute d’équipe ou si c’est une initiative individuelle ? C’est quand même très, très difficile à juger. Et là où je suis très souvent impitoyable avec les arbitres et avec l’UCI, je pense qu’avec la réglementation actuelle on a fait ce qui devait être fait. Il y a là quelque chose d’impossible à juger pour les arbitres uniquement sur base des images. Très franchement, je pense que ce dimanche, ils ont pris la décision qu’il fallait prendre. Mais le dindon de la farce est évidemment Tim Wellens".

"C’est le genre d’événement qui doit pousser l’UCI à une réflexion et peut-être à un appel à solution. Mais il faut qu’elle soit bien réfléchie", reprend notre consultant. "Je n’ai pas la solution parce que c’est quelque chose de compliqué. Et pour faire bouger la réglementation UCI, il faut énormément de choses. Mais cela devrait peut-être éveiller, l’esprit d’un nouveau règlement pour garantir une course régulière", précise Gérard Bulens qui insiste aussi sur le contexte de stress actuel dans le peloton avec la course aux licences World Tour.

Le règlement recèle une zone grise. D’anciens coureurs invitent l’UCI ou les organisateurs à la lever pour éviter d’autres incidents de ce genre. "Les règles de l’UCI ont besoin d’une clause qui mène non seulement à la disqualification pour un mouvement comme celui de Lampaert mais aussi à une pénalité pour la personne qui bénéficie des actions injustes d’un coéquipier. C’est un sport d’équipe", a tweeté Robbie McEwen, ancien coureur Lotto, aujourd’hui consultant.

"C’est un exemple clair de comportement non-fair-play. A mon avis, il devrait y avoir une règle pour que les deux derniers sprints ne comptent pas, car c’était un "assaut" clair de Lampaert pour éliminer Wellens des sprints", ajoute Andre Greipel, autre ancien sprinter, passé par la formation belge.

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Wellens n’a, lui, que ses yeux pour pleurer. Malgré la déception et l’adrénaline de la fin de course, le coureur de Lotto-Soudal est resté très calme après l’arrivée. C’est tout à son honneur. Et s’il devait manquer quelques points à l’équipe belge pour décrocher sa licence World Tour en fin de saison ce serait évidemment très regrettable.

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