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Incidents à Bruxelles après Belgique-Maroc : le bourgmestre Philippe Close s'interroge sur la responsabilité des parents

Philippe Close, invité du 7h45 de Viva Bruxelles

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28 nov. 2022 à 07:59 - mise à jour 28 nov. 2022 à 14:18Temps de lecture3 min
Par Karim Fadoul et Geoffroy Fabre

Philippe Close (PS), le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, n’envisage pas, les prochains jours, d’interdiction de rassemblements, suite aux incidents de ce dimanche, dans le centre de la capitale, en marge de la rencontre entre la Belgique et le Maroc en Coupe du monde. A l’issue de ces débordements, survenus boulevard Maurice Lemonnier, la police a procédé à une dizaine d’arrestations administratives ainsi qu’à une arrestation judiciaire.

"Nous allons évidemment analyser toutes les images, comme à chaque fois après ce genre d’incidents et poursuivre les auteurs", a réagi Philippe Close, invité du 7h45 de Viva Bruxelles ce lundi. "Des auteurs assez jeunes", précise-t-il. "Il y a la question de se demander si les parents se rendent bien compte de ce que font certains de leurs enfants." Le bourgmestre a rappelé sa condamnation des faits "totalement inacceptables" et a tenu à saluer une nouvelle fois le travail de la police.

"Des forces de l’ordre extrêmement bien préparées qui ont mis avec moi une tactique qui était de circonscrire les événements à 200-300 mètres", ajoute Philippe Close. Résultat : des casseurs qui n’ont pas pu aller dans les quartiers commerçants et le marché de Noël des Plaisirs d’Hiver (qui ont ouvert vendredi soir). "On a pu limiter les dégâts. C’est certainement pas réussi quand on voit les images qu’on a. Mais les premiers responsables, ce sont les fauteurs de troubles."

Ne pas mettre de double peine

 

Le bourgmestre envisage-t-il une interdiction de rassemblement?  Il ne l'exclut pas, mais précise : "Mon boulot, c'est de faire fonctionner la ville, et pas de mettre une double peine à un quartier qui est un quartier vivant et populaire mais qui fonctionne bien, et qui a été pris en otage par des voyous et des crapules.

"Rien à voir avec le football"

Les émeutes qui ont éclaté dimanche sont inacceptables et n'ont rien à voir avec le football, a affirmé pour sa part la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden, dans l'émission De Ochtend sur Radio 1. Selon la ministre, la police était bien préparée et a veillé à ce que les violences ne se propagent pas aux Plaisirs d'Hiver, mais il reste difficile de contrôler "un groupe de casseurs qui ne cherchent qu'à provoquer une émeute". Pour Annelies Verlinden, le problème est bien plus important et dépasse le cadre du football: comment devrions-nous traiter les personnes qui ne veulent pas s'inscrire dans notre société?, s'est-elle ainsi interrogée. C'est maintenant à la Justice de s'occuper des émeutiers, a enfin souligné la ministre en appelant à "une action très ferme et rapide".

"Très dommageable pour Bruxelles" en termes d'images

Le groupe MR de la Ville de Bruxelles a également réagi, par la voix de son chef de groupe, David Weytsman. Il a demandé au bourgmestre de Bruxelles de mettre en oeuvre un "réel plan d'intervention et de prévention", en vue des matchs à suivre dans le cadre de la Coupe du monde.

Demandant que les casseurs soient punis avec la plus grande fermeté et s'étonnant du nombre peu élevé de personnes arrêtées, David Weytsman a également interrogé le bourgmestre Philippe Close sur les motifs pour lesquels il a décidé de circonscrire les émeutiers dans un quartier précis, à savoir Lemonnier, sans en avertir au préalable les habitants et les commerçants. Il demande également que la Ville intervienne pour les dégâts occasionnés pour les commerçants si les compagnies d'assurance ne le font pas.

Le chef du groupe libéral s'est enfin dit inquiet, en termes d'image, par ce qui se passe. "Les émeutes d'hier sont passées sur plusieurs chaînes de TV internationales et le New York Times en a fait un papier également ce matin... Notre ville se relève à peine de deux années de crise qui ont empêché les touristes de venir jusqu'à nous. C'est très dommageable pour Bruxelles", a-t-il conclu.

"Depuis 20 ans"

Les syndicats de police estiment eux que le gouvernement bruxellois porte une grande responsabilité dans les émeutes. "Ces situations se produisent depuis 20 ans. Il est grand temps que la tolérance zéro soit appliquée et qu'on agisse pour rendre cette ville à nouveau vivable", a commenté Vincent Houssin du SLFP.

"Ces gens n'étaient pas là pour faire la fête, ce sont des jeunes qui ne reculent devant rien pour faire d'un après-match un grand moment de violence dans les rues de Bruxelles. Nous ne pouvons l'accepter. Cela fait longtemps que le politique aurait dû comprendre qu'il faut apporter une réponse à ces actes", a poursuivi Carlo Medo du SNPS.

"Au lieu de la fête, on a vu des crapules qui n'étaient là que pour casser et chercher la confrontation avec la police", déplore Eddy Quaino de la CGSP.

Coupe du Monde

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