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Politique

Indexation automatique des salaires en Belgique : pour l’OCDE, "c’est un bon système", mais attention à la compétitivité

L’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques, a présenté sa dernière étude sur la Belgique. Tout y est passé : situation économique après le Covid et en lien avec la guerre en Ukraine, logement, finances publiques, marché du travail et inflation, notamment. Ce bulletin délivré à la Belgique a aussi été l’occasion pour l’OCDE de donner son point de vue sur le système belge d’indexation automatique des salaires.

Ces derniers mois, avec la hausse des prix de l’énergie, les suites du Covid et les conséquences de la guerre en Ukraine, la forte inflation a conduit à plusieurs déclenchements du mécanisme d’indexation automatique. Dans les rangs patronaux et dans certains partis politiques, des questions sur ce système et des remises en question se font entendre. Du côté du gouvernement, la question s’invite aussi dans les discussions. La coalition Vivaldi est à la recherche d’un nouvel équilibre entre pouvoir d’achat et compétitivité. C’est dans ce contexte que la présentation de l’OCDE apporte des éléments au débat.

Pour l’OCDE, indexation et norme salariale doivent aller de pair

C’est aux côtés du Premier ministre De Croo que le Secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, a présenté son rapport sur la Belgique.

Mathias Cormann s’est notamment penché sur le système belge d’indexation des salaires et son rôle actuellement, alors que l’inflation grignote le pouvoir d’achat des ménages. "Une indexation automatique des salaires liée à l’inflation protège le pouvoir d’achat", a souligné le Secrétaire général de l’OCDE. Cette spécificité belge est saluée par le patron de l’OCDE. "Nous pensons que ça marche bien. C’est un bon système pour un bon équilibre entre les différents défis" a ajouté en fin de conférence de presse Mathias Cormann.

Le Secrétaire général de l’OCDE rappelle toutefois que l’indexation automatique des salaires n’est le seul outil dont dispose la Belgique en matière de fixation des salaires. Il y a aussi "un plafond qui empêche les salaires de croître plus vite que dans les pays voisins", a ajouté Mathias Cormann, en faisant allusion à la loi de 1996 sur la compétitivité avec laquelle on fixe une norme salariale, pourcentage maximal d’augmentation des salaires qui tient compte de l’évolution des salaires dans les pays voisins.

L’OCDE souligne qu’il y a là un équilibre à trouver. "Notre conseil à tous les pays membres de l’OCDE est de maintenir un bon équilibre entre l’indexation des salaires pour s’attaquer aux effets sur le pouvoir d’achat et entre l’importance de maintenir la compétitivité internationale", a expliqué Mathias Cormann. Dès lors, pour le Secrétaire général de l’OCDE, la mise en œuvre du mécanisme de norme salariale "sera très importante pour continuer à protéger la compétitivité de la Belgique vis-à-vis de ses voisins, en particulier".

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Message reçu par le Premier ministre

Chez Alexander De Croo, qui était aux côtés du patron de l’OCDE lors de la présentation du rapport, on s’est aussi exprimé sur "ce système unique" belge "où le pouvoir d’achat et la compétitivité sont liés". "Dans des moments comme celui-ci, l’indexation peut être très rapide. Dans certains pays, on commence à négocier aujourd’hui à propos de comment on protège le pouvoir d’achat. En Belgique, c’est fait. C’est automatique", a souligné Alexander De Croo.

Le Premier ministre a insisté lui aussi sur l’autre face de la médaille. S’il y a d’un côté l’indexation pour préserver le pouvoir d’achat, il y a, de l’autre, un mécanisme pour préserver la compétitivité des entreprises. "En comparaison avec d’autres pays, on devra peut-être, à un moment donné, se limiter à l’indexation et probablement pas beaucoup plus que l’indexation pour qu’on ne perde pas en compétitivité par rapport à d’autres pays", a ajouté Alexander De Croo. "Cette loi existe, elle est souvent mentionnée comme l’élément de base de notre système social. Cette loi est là et j’ai l’intention de la faire respecter", a précisé le Premier ministre.

Le double dossier de la compétitivité des entreprises et du pouvoir d’achat des ménages est sur la table du gouvernement. "Avant le 21 juillet, il y aura une décision à prendre", a précisé Alexander De Croo. "Ce n’est pas un secret que nous cherchons des solutions à long terme, mais je n’en dirai pas plus", a-t-il ajouté.

Ces derniers mois, les sujets de l’indexation automatique, de la norme salariale et de la compétitivité des entreprises ont été au cœur des débats. Du côté syndical, on a plaidé pour une révision de la loi sur la marge salariale. Du côté du patronat, on a alors voulu mettre dans la balance la fin de l’indexation automatique des salaires. Pas plus tard qu’hier, c’est le patronat flamand qui est monté au créneau en réclamant un saut d’index en échange d’une prime. Lundi prochain, les syndicats manifesteront sur le thème du pouvoir d’achat, estimant que l’indexation ne suffit plus.

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