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Infections sexuellement transmissibles (IST) : mieux vaut prévenir que guérir !

Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont causées par des bactéries, des virus et des parasites qui se transmettent principalement lors des rapports sexuels sans préservatif (vaginal, anal et oral). Certaines IST peuvent aussi se transmettre par : contact cutané lors de caresses sexuelles. Le nombre de personnes contaminées ne cesse d'augmenter en Belgique. Le point avec le Dr Renkin, gynécologue et obstétricienne, consultante externe aux Cliniques universitaires Saint-Luc.

Tout le monde est susceptible de contracter une IST, d'autant plus que la vie sexuelle est active et que le nombre de partenaires est élevé. La plupart du temps ces infections sont asymptomatiques, d'où la nécessité de se faire dépister régulièrement, au minimum à chaque changement de partenaire sexuel.

Ce dépistage consiste en une prise de sang, un test urinaire et/ou un frottis génital, et dans certains cas un examen clinique des parties génitales. Ce dépistage est essentiel car une IST ignorée peut tout d'abord être transmise à un ou une partenaire, et ensuite elle peut se compliquer et entraîner de la stérilité ou des cancers. Avoir une IST non traitée augmente également le risque de contracter une autre IST. Par contre, si elles sont dépistées à temps, il existe un traitement pour la plupart des ces maladies. Les maladies qu'on va rechercher et prévenir en amont : la chlamydia, la gonorrhée, la trichomonase, l'herpès génital, le papillomavirus, le VIH et la syphilis et enfin les hépatites.

Différentes IST

  • La Chlamydia

Due à une infection par la bactérie Chlamydia Trachomatis, la Chlamydia reste l'IST la plus fréquente en Belgique avec une hausse constante du nombre de cas diagnostiqués depuis 2013. La tranche d'âge la plus touchée à l'heure actuelle est la 15-34 ans. La Chlamydia se transmet lors de rapports sexuels vaginaux, anaux ou oraux, mais aussi et encore plus fréquemment lors de contacts directs ou indirects entre les muqueuses (lors de caresses etc..). En général asymptomatique, cette infection peut cependant se manifester 1 à 3 semaines après la contamination chez la femme par des pertes vaginales inhabituelles ou sanguinolentes, une irritation de la vulve ou une douleur au bas-ventre. Chez l'homme il s'agit d'une irritation et d'un écoulement au niveau du pénis, de douleurs en urinant et éventuellement de sang dans les urines.

La Chlamydia si elle n'est pas traitée peut être responsable chez la femme d'une infection de l'utérus et des trompes (appelée salpingite) qui peut être responsable d' infertilité. Le dépistage se fait par un frottis vaginal ou une analyse d'urine chez la femme, et par une analyse d'urine chez l'homme. La prévention se fait par l'utilisation du préservatif mais celui-ci n'offre qu'une protection partielle, la bactérie pouvant comme expliqué précédemment se transmettre lors de caresses sexuelles ou de sexe oral. Le traitement est simple, il s'agit d'une prise unique d'un antibiotique.

  • La Gonorrhée

C'est une infection due à une bactérie appelée le gonocoque. Depuis 2002 elle a elle aussi une tendance constante à la hausse avec une augmentation moyenne de 13% par an ces 10 dernières années. Elle touche 3 fois plus les hommes que les femmes, principalement entre 20 et 34 ans. Le mode de transmission est identique à celui de la chlamydia (rapports et caresses sexuels). Très souvent asymptomatique, l'infection eut se manifester 2 à 5 jours après la contamination par les mêmes désagréments que la Chlamydia. Le préservatif assure une protection non négligeable mais pas totale pour les mêmes raisons que la chlamydia. Les complications peuvent être une infection des trompes chez la femme avec risque de stérilité et une prostatite chez l'homme. Le traitement est à base d'antibiotiques.

  • La trichomonase

Le Trichomonas vaginalis est un parasite qui se transmet par contact sexuel. Il provoque des symptômes surtout chez la femme. Il va causer des pertes vaginales malodorantes, des démangeaisons, une sensation de brûlure pendant les rapports sexuels ou en urinant. Chez l’homme, l’infection est le plus souvent asymptomatique.  C’est l’IST la plus répandue au monde et c’est celle qui augmente le plus le risque d’attraper le HIV ! Le dépistage se fait dès le cinquième jour après la contamination par frottis vaginal ou urétral chez la femme et dans les urines chez l'homme. La trichomonase se traite par un  antiparasitaire en comprimés.

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  • L'herpès génital

Infection très contagieuse, l’herpès génital se soigne mais les traitements ne permettent pas de guérir : on reste ainsi porteur à vie de ce virus qui évolue souvent par poussées.  L'herpès génital se transmet par contact direct avec la région infectée (parties génitales, anus). La transmission de l’herpès génital est possible même sans lésion apparente. Les symptômes de l’herpès génital apparaissent une semaine ou plus après la contamination et correspondent à des lésions vésiculaires et ulcérées très douloureuses au niveau génital et/ou anal. Le diagnostic est essentiellement clinique, fait par un médecin. Dans certains cas un frottis des lésons peut être réalisé . Les poussées d'herpès sont traitées par un antiviral par voie orale.

  • L'HPV

Les Human Papillomavirus (HPV) font partie des infections sexuellement transmissibles les plus répandues: environ 80% de la population sexuellement active sera en contact avec l'un ou plusieurs de ces virus au cours de sa vie sexuelle. Il existe différents types de virus HPV. Certains types de virus sont à l’origine des condylomes (souches HPV-6 et 11), également appelés verrues génitales ou encore crêtes de coqCes verrues, uniques ou en groupe, se développent généralement dans la zone ano-génitale (anus, périnée, pénis, vulve) et sont extrêmement contagieuses. Elles n’évoluent pas en cancer mais peuvent être gênantes physiquement et psychologiquement. D’autres types de HPV sont à l’origine de lésions précancéreuses (souches HPV-16, 18, 31, 33...) et peuvent engendrer des cancers du col de l’utérus, de la vulve, de l’anus, du p énis et de la gorge. Le cancer du col de l’utérus est l’un des cancers le plus communs causé par les HPV.

Il  existe des vaccins qui protègent contre les types d' HPV les plus à risque. En Belgique, le vaccin est gratuit pour les filles et les garçons de 13 et 14 ans dans le cadre de la médecine scolaire ou chez son ou sa médecin généraliste. Le vaccin n’est que partiellement remboursé pour les jeunes filles âgées entre 15 et 19 ans maximum lors de sa première administration. Pour les garçons, il n’y a actuellement pas de remboursement après 14 ans. L’efficacité du vaccin est augmentée s’il est administré avant les premiers rapports sexuels.

Les HPV se transmettent par contact sexuel (vaginal, anal et oral) et par contact cutané (frottement, caresses sexuelles). Les condylomes ou verrues génitales sont visibles et responsables parfois de démangeaisons. Elles sont donc diagnostiquées visuellement par un médecin et traités par une crème ou au laser.  Les lésions précancéreuses du col de l'utérus ne sont elles pas visibles, et sont diagnostiquées grâce au frottis du col de l'utérus qui est recommandé et remboursé tous les 3 ans à partir de 25 ans (que l'on soit vaccinée ou pas). Les lésions précancéreuses du col, lorsqu'elles sont avancées, sont traitées par une petite intervention chirurgicale appelée conisation. Un test positif au HPV lors d' un frottis du col de l’utérus ne signifie pas que la patiente développera nécessairement un cancer ! Le virus disparaît dans la plupart des cas grâce à l’immunité naturelle , mais un suivi doit être réalisé.

Infections sexuellement transmissibles (IST) en hausse en Belgique : mieux vaut prévenir que guérir...

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  • Le VIH

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) est une infection sexuellement transmissible responsable du syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA). Le VIH/SIDA reste une maladie mortelle si elle n’est pas traitée. Bien qu’il existe des traitements antirétroviraux luttant contre le VIH et bloquant par conséquent l’apparition du stade SIDA, il n’existe à l’heure actuelle aucun vaccin ou traitement permettant de guérir. La transmission du VIH se fait par le contact entre un des liquides contaminants d'une personne infectée (sang, sperme, sécrétions vaginales) et des muqueuses ou une plaie ouverte. Le dépistage se fait par prise de sang 6 semaines après le contact à risque.

En cas de prise de risque avéré, il existe un traitement d'urgence appelé TPE à prendre le plus tôt possible après l'exposition, au plus tard dans les 72h. La prévention au niveau sexuel se fait par l'utilisation du préservatif.

  • La syphilis

C'est une infection due à la bactérie Treponema pallidu.  Depuis le début des années 2000, elle connaît une recrudescence en Europe de l’Ouest. La population la plus touchée est celle des hommes entres 32 et 44 ans ayant des rapports homosexuels. La syphilis évolue en 3 stades ayant des symptômes spécifiques et peut conduire à la mort. Les symptômes apparaissent entre 3 et 90 jours après la contamination et commencent par des ulcères appelés chancres qui apparaissent sur les parties génitales, au  niveau de l'anus, dans la bouche et même sur la peau. Les stades 2 et 3 présentent des symptômes assez aspécifiques et peuvent même être peu symptomatiques mais évoluer vers des complications cardiaques et neurologiques.

La contamination se fait par contact sexuel ou par contact direct avec les lésions. La prévention se fait par l'usage d'un préservatif, à nouveau elle n'est pas complète. Le dépistage se fait par examen clinique et prise de sang. Le traitement est une antibiothérapie par injection, très efficace dans les 2 premiers stades.

  • Les hépatites

La transmission de l'hépatite B est sexuelle dans 40 % des cas, lors de rapports vaginaux, anaux ou oraux, et même par la salive durant la primo-infection. Il existe néanmoins un vaccin contre l'hépatite B. La maladie peut évoluer de façon chronique ou vers une hépatite fulminante, une cirrhose ou un cancer du foie. Le dépistage se fait par prise de sang, 4 à 8 semaines après la contamination. La prévention consiste en la vaccination et l'utilisation du préservatif.

L’hépatite C contamine et tue 4 fois plus que le SIDA à travers le monde. L’injection de drogues par voie intraveineuse est la première cause de transmission de l’hépatite, avant les relations sexuelles. Il n'existe pas de vaccin contre l'hépatite C. Elle est dépistée par prise de sang entre 8 et 12 semaines après la contamination.

L'hépatite A quant à elle est nettement moins contagieuse par voie sexuelle, si ce n'est par un contact féco-oral.

Prévention

Faites-vous dépister et faites dépister votre partenaire...et ce AVANT de prendre un risque ... et le préservatif est incontournable en termes de prévention mais ce n'est pas une protection absolue ! Pensez au vaccin HPV pour vos ados fille ou garçon !

Retrouvez "La Grande Forme" en direct du lundi au vendredi de 13h à 14h30 sur VivaCité. Vous avez manqué l’émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio ainsi que sur différentes plateformes de Podcast.

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