Inondations 2021

Inondations à Trooz, six mois après : "Ça fait très mal de perdre des souvenirs, sa sécurité, son confort"

Inondations, 6 mois après : témoignage d'une habitante de Trooz

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13 janv. 2022 à 08:18 - mise à jour 13 janv. 2022 à 09:27Temps de lecture2 min
Par A. Lo. sur base d'une séquence de Bertrand Henne

39 morts, 100.000 sinistrés, des dégâts estimés à plus de deux milliards d’euros : les inondations de juillet ont dévasté des régions entières, des communes, des quartiers. Nous sommes aujourd’hui six mois plus tard et l’heure est toujours à la reconstruction. La Première, via une matinale spéciale, vous emmène au plus près de ces habitants qui mènent un combat quotidien pour retrouver une vie normale, leur vie d’avant.


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Trooz, le long de la Vesdre, est une des communes les plus touchées en Wallonie. Bertrand Henne y est en compagnie d’Élodie Joblin, qui commence à voir le bout du tunnel. Derrière sa maison, au bout du jardin, coule la Vesdre. En juillet dernier, l’eau est montée jusqu’à 60, 80 centimètres de hauteur.

Tout réaménager, reconstruire,

"Pour vous donner une petite idée, il y a eu sept mètres de dénivelé entre le lit de la Vesdre et la marque sur la façade", précise Élodie. Aujourd’hui, tous les meubles sont là, il y a le déjeuner sur la table, mais les murs sont encore à nu. "Le plafonneur est passé après qu’on ait démoli les murs. Donc ça reprend un peu forme et on essaye de retrouver un peu de confort, même si c’est un peu compliqué." Si un sentiment de normalité commence à revenir, il reste encore beaucoup de travaux. "Le jardin, il faudra absolument tout recommencer. On avait une terrasse suspendue, il faut la reconstruire. Il faudra récupérer les planchers partout, les portes d’époque. Elles ont tenu, ça a un peu bougé, elles sont récupérables, mais il faudra les réparer et évidemment tout réaménager, reconstruire, replacer une nouvelle cuisine, etc. Donc, on en a pour des années de travaux.

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On se serre les coudes, on se redresse les manches et ça va aller

Elodie et sa famille étaient, heureusement, en vacances durant les inondations. "Ça a été très violent et on a été béni de ne pas être là, on était en vacances, donc je pense toujours aux voisins, aux habitants qui ont vécu l’horreur, parce que nous, on a eu la violence sans avoir la peur, la peur de mourir. On ne sait pas comment on peut réagir dans une situation pareille. Mais c’est très violent parce qu’on perd évidemment tous ses souvenirs, le matériel… Même si ce n’est que matériel, ça fait très mal de perdre les souvenirs de ses grands-parents, de son enfance, etc., et on perd aussi sa sécurité et son confort, on perd parfois le sommeil. C’est donc petit à petit, avec beaucoup de soutien, avec les copains, avec sa petite famille…"


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"J’ai la chance d’avoir un conjoint hyperpositif. Donc, on se serre les coudes, on se redresse les manches et ça va aller, on a encore un peu de jus, on est encore vert. Et voilà, comme je vous disais tout à l’heure, je pense aussi aux personnes plus âgées qui doivent dire adieu à toute une vie. Nous, ça fait trois ans qu’on est ici, donc on va rebondir, mais c’est violent."

"Le tunnel sera encore long, mais on voit comment les choses vont s’organiser et comment on va pouvoir reconstruire notre petit cocon et, on l’espère, la vallée tout entière."

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