Inondations en Belgique : "On a eu des petits traumatismes comme des fractures et des coupures", 184 personnes admises au CHU de Liège

Virginie Bailly, infirmière et cheffe des services d’urgence du CHU de Liège, avec une victime des inondations

© Olivia Grisard

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Par Melanie Joris & Olivia Grisard

Le CHU de Liège se trouve à proximité des zones les plus sévèrement touchées comme Chênée, Vaux-sous-Chèvremont, Pepinster ou Angleur. C’est donc ici que de nombreuses victimes des inondations ont été recueillies et soignées. Au total, 184 personnes ont été admises pour quelques heures ou quelques jours.

Adrien est un habitant de Chênée. Ce matin, il est installé dans une chambre du CHU de Liège. Cet homme est resté coincé chez lui pendant plusieurs heures. Comme beaucoup d’autres, il a tout perdu. Du matériel, mais aussi ses médicaments : "Je n’ai plus mes médicaments. J’ai fait une crise d’épilepsie", nous explique-t-il. Il est donc en observation à l’hôpital avant de pouvoir être redirigé en famille ou dans un centre d’hébergement.

On a eu très peur pour le bébé

Une autre chambre, une autre victime de ces inondations. Asli est une jeune femme enceinte de sept mois. Elle habitait à Chaudfontaine, à 200 mètres du casino. Pendant deux jours, elle est restée coincée chez elle : "Les secours ont voulu venir nous aider, mais le courant était trop fort. On a eu très peur pour le bébé". Et depuis qu’elle a pu sortir de chez elle, les émotions prennent le dessus : "Cette nuit, j’ai tout relâché, j’ai eu le contrecoup alors on est venu à l’hôpital", nous confie-t-elle.

Des fractures, des coupures, des décompensations

Depuis le début de cette catastrophe naturelle, il y a eu 170 admissions au CHU de Liège. Le docteur Romain Betz, coordinateur du plan d’urgence hospitalier au CHU de Liège précise : "Un quart des patients ont fait l’objet d’une hospitalisation. Et trois-quarts ont pu rapidement quitter l’hôpital".

Virginie Baÿ, infirmière et cheffe des services d’urgence, nous décrit l’état des patients : "La plupart des personnes admises n’avaient pas de blessures importantes. On a eu des petits traumatismes comme des fractures et des coupures. On a aussi des décompensations de pathologie à cause du manque de médicament ou d’oxygène pour certains patients". Et de compléter : "Beaucoup de patients sont arrivés à l’hôpital en état d’hypothermie ou de déshydratation".

Une aide psychologique est aussi disponible au CHU. D’une part pour les victimes des inondations. D’autre part, pour le personnel hospitalier et pour les équipes du SMUR qui ont été en première ligne pour intervenir et sauver des vies. 

Exprimer sa solidarité

Le ministre de la santé, Frank Vandenbroucke s'est rendu dans la clinique de la Bruyère du CHU de Liège. Il a d'abord souhaité exprimer sa solidarité et remercier les médecins, les infirmiers, les urgentistes. 

Il a aussi pu constater la fatigue du personnel soignant : "Il faut bien reconnaitre que le personnel est à bout. Il nous faut mener une réflexion sur la capacité de notre système à réagir à des crises qui durent des mois"

Du personnel soignant fatigué par la crise Covid qui dure depuis trop longtemps et qui est, encore aujourd'hui, sur le pont alors que certains membres ont, eux aussi, été touchés par les inondations. 

Sinistrés : plus de 170 personnes admises au CHU de Liège

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