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Inondations juillet 2021 : un sinistré sur dix est toujours dans les pires difficultés

Dans la modeste maison de Marie, tout est à refaire

© F.Dubois RTBF

Plus de 15 mois après les inondations meurtrières de juillet 2021, certains sinistrés n’ont toujours pas pu réintégrer leur maison. D’autres galèrent encore avec les assurances.

Juste après la catastrophe, Charlotte Depierreux, restauratrice, avait mobilisé une équipe de bénévoles pour cuisiner des milliers de repas chauds pour les sinistrés. Pour continuer à les soutenir, elle a créé l' asbl Côté Solidarité et, elle le confirme, des demandes d’aide, elle en reçoit encore maintenant : "Il y a les personnes qui se battent encore avec les assurances. Celles qui sont victimes d’entrepreneurs malhonnêtes, celles qui galèrent avec des corps de métier débordés. Certaines personnes, au début, n’osaient pas demander de l’aide et aujourd’hui, elles se décident que ce soit de l’appui psychologique, pour démêler des dossiers ou tout autre type aide".

1,7 milliard d’euros remboursé par les assurances

Le reportage à Liège et Verviers

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Des canalisations rompues, écrasées et de l’eau encore et toujours
Des canalisations rompues, écrasées et de l’eau encore et toujours © F. Dubois RTBF

Selon les chiffres d’Assuralia (le groupement des assureurs), fin octobre, les assurances avaient versé à leurs clients pour un total d' 1,7 milliard d’euros soit 84% de sinistrés complètement dédommagés et 6% où l’assurance attend encore quelques factures pour verser le solde. Quant aux autres 10%, ce sont des dossiers "complexes", explique Assuralia : "soit le dommage n’a pas été définitivement fixé, soit il manque des documents ou encore, quand ça dépasse les 50.000 euros, il faut effectuer d’autres études ou expertises".

Dans ces dossiers particuliers, il y a celui de Marie-Claire à Verviers. Elle a bien reçu 46.000 euros de l’assurance mais elle a refusé de signer la clôture du dossier car, entretemps, l’immeuble a bougé. Des fissures extérieures et intérieures sont visibles sur cet immeuble situé juste à côté d’un pont complètement détruit sur la Vesdre. Un expert en stabilité conseille de forer pour effectuer une étude de sol. Il faut aussi effectuer un "chemisage" car les canalisations ont été en partie écrasées. Des travaux lourds dont l’assurance ne veut pas entendre parler. Résultat : 2 déshumidificateurs tournent en continu et l’eau stagne et revient sans cesse dans la cave remplie de champignons.

Aucune nouvelle des assurances pendant 1 an !

Marie espère enfin réintégrer sa maison fin d’année
Marie espère enfin réintégrer sa maison fin d’année © F.Dubois RTBF

La modeste maison ouvrière que Marie avait coquettement aménagée il y a quelques années ne ressemble plus à rien. Là il y a eu 2m50 d’eau. Marie s’en est sortie de justesse en grimpant à l’étage. Depuis la catastrophe, elle loge ailleurs. Pendant 6 mois, l’assurance a payé ce loyer mais depuis, c’est elle qui débourse. Elle s’est heurtée à un expert fantôme. Pendant un an, elle n’a pas eu de nouvelles. Ce n’est que cette semaine que l’assurance est revenue pour tenter de refermer le dossier tout en refusant d’intervenir pour une série de problèmes comme l’escalier, les câbles électriques, les châssis et autres.

Le témoignage de Nicole, arnaquée par un entrepreneur

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Flouée de 42.000 euros par un entrepreneur

Pressée de voir les travaux commencer et de trouver un entrepreneur, Nicole a fait confiance à un entrepreneur, D et M. Concept de Namur, un ami de sa voisine. Elle a aussi versé directement 42.000 euros. Après un mois et quelques travaux mal réalisés, les ouvriers ne sont plus revenus. La société s’est mise en faillite mais l’ancienne responsable exploite un dancing florissant. Nicole, elle, a dû retrouver un entrepreneur honnête et de l’argent pour poursuivre ces travaux. Elle vit toujours à l’étage de sa maison. Le dossier doit d’ailleurs passer au tribunal le 6 décembre.

A Pepinster, à deux pas des maisons effondrées, Jean et Alain veulent à tout prix rester dans leur maison qui est toujours sur pied. Ils refusent de vendre à la commune qui a le projet de créer une grande esplanade et de ne plus construire là, au Pont Warland. Une solution pourrait se dessiner. Ils ont en tout cas aujourd’hui l’espoir de finir leurs jours chez eux.

Alain et Jean pourraient peut-être finalement rester dans leur maison
Alain et Jean pourraient peut-être finalement rester dans leur maison © F Dubois RTBF

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