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Invasion de l'Ukraine : les 27 sont parvenus à un accord sur les sanctions

Guerre en Ukraine: l'Union européenne a approuvé des sanctions "massives" contre la Russie

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24 févr. 2022 à 20:29 - mise à jour 24 févr. 2022 à 21:45Temps de lecture3 min
Par Belga

L'Union européenne a approuvé jeudi soir des sanctions "massives" contre la Russie, après son invasion de l'Ukraine, sans toutefois aller jusqu'à exclure le pays du système d'échanges bancaires internationaux Swift.

"Les dirigeants russes devront faire face à un isolement sans précédent", a promis la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, annonçant le train de sanctions le "plus sévère jamais mis en oeuvre" par l'UE, avant un sommet d'urgence des 27 à Bruxelles.

Sanctions financières, accès limité aux technologies

Les Européens veulent punir le régime du président Vladimir Poutine avec des sanctions financières. Il s'agit notamment de limiter drastiquement l'accès de la Russie aux marchés de capitaux européens, entravant la capacité de Moscou d'y refinancer sa dette.

L'UE va aussi réduire l'accès de la Russie à des "technologies cruciales", en la privant de composants électroniques et de logiciels, de façon à "pénaliser gravement tous les pans de l'économie russe", a précisé Mme von der Leyen.

Approuvées dès le début de la réunion, "en coordination étroite avec les partenaires et alliés" de l'UE, les mesures couvriront les biens à double usage (à la fois civil et militaire), les secteurs de l'énergie et des transports, de nouvelles sanctions contre des individus (gel des avoirs, blocage des visas).

Elles s'ajouteront à celles déjà entrées en vigueur mercredi soir, notamment contre des personnalités proches de Poutine.

La Biélorussie, accusée d'être impliquée dans les opérations russes, sera aussi frappée de sanctions supplémentaires.

L'Europe vit ses heures les plus sombres depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Ces décisions se veulent à la hauteur de l'onde de choc ressentie dans toute l'Europe après l'assaut des troupes russes contre l'Ukraine. Josep Borrell a estimé que le continent vivait "ses heures les plus sombres depuis la Deuxième Guerre mondiale".

Les sanctions européennes "feront monter l'inflation, accéléreront les sorties de capitaux et éroderont progressivement la base industrielle" du pays, a affirmé Ursula von der Leyen, qui a préparé pendant des semaines ce paquet inédit.

Pas d'accord sur Swift

Les dirigeants européens devaient aussi discuter d'autres options. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réclamé jeudi d'interdire aux banques russes d'utiliser le système de messagerie bancaire Swift, un rouage essentiel de la finance mondiale, ce qui frapperait durement Moscou, à l'instar de l'Iran fin 2019. Quelque 300 banques et institutions russes utilisent Swift pour leurs transferts de fonds interbancaires.

Mais plusieurs Etats membres freinent, dont l'Allemagne, très dépendante du gaz russe pour son approvisionnement, qui préfère l'envisager pour plus tard. La mesure ne sera "pas sur la table" jeudi soir, a affirmé à l'AFP un diplomate européen.

"Pas de tabou" 

"Il est très important que nous décidions des mesures qui ont été préparées ces dernières semaines et que nous gardions tout le reste pour une situation où il serait nécessaire de faire d'autres choses", a déclaré le chancelier allemand Olaf Scholz, insistant sur le besoin d'"unité" des Européens et donc de se concentrer sur les actions faisant consensus.

Outre l'Allemagne, l'Italie, la Hongrie, Chypre, le Luxembourg ou la Lettonie, y sont réticents.

D'autres pays membres de l'UE aimeraient d'ores et déjà aller plus loin. "Il faudrait renforcer le paquet qui est sur la table avec des sanctions financières additionnelles pour que les institutions financières russes aient plus de difficulté à opérer dans le système financier international", a déclaré le chef du gouvernement belge, Alexander De Croo.

"Nous ne devons rien exclure. Nous ne devons pas avoir de sujets tabous. Nous savons que militairement nous ne pouvons rien faire pour l'instant", a estimé le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel. 

"Parler ne vaut rien. Assez de belles paroles. Assez de naïveté", a lancé son homologue polonais, Mateusz Morawiecki, regrettant que l'UE achète beaucoup de gaz et de pétrole russes.

"Le président Poutine prend notre argent et l'utilise pour agresser, envahir et déstabiliser toute l'Europe (...), nous ne pouvons pas le laisser franchir un nouveau Rubicon", a-t-il poursuivi, appelant au-delà des sanctions à construire "une autonomie stratégique" pour l'UE.

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