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#Investigation : faux castings, vrai danger

Une annonce un peu trop alléchante pour être honnête

« Votre profil nous intéresse… »

Fin du mois de décembre 2021, la police fédérale diffuse un avis de recherche. Sur cet avis, la photo d’une directrice de casting qui – au travers d’une vidéo publiée sur Facebook – recrutait des modèles pour son agence de mannequin : l’agence Next Top Model.

Une agence fictive contre laquelle les plaintes pour escroquerie s’accumulent. Un millier de victimes potentielles, 125.000 euros engrangés en trois ans… Sur la sellette, un photographe de la région de Charleroi.

C’est le premier fil suivi dans notre enquête… un fil qui va se dérouler encore et encore…

 

Fake book

© Tous droits réservés

Sur la toile, les annonces pour des castings se multiplient et les propositions sont alléchantes : petit rôle dans une publicité, court métrage ambitieux ou encore un ticket pour un shooting de rêve. Mais de l’autre côté de l’écran, les réputations des photographes ou des réalisateurs s’avèrent aussi virtuelles que leurs promesses.

Les auteurs usent des codes proches des véritables agences, créent des sites soignés, mettent en avant des adresses prestigieuses mais les contrats, eux, n’arrivent jamais.

Jean-François Sauvenier est le directeur de l’agence Ministar, la plus ancienne agence de modèles de Belgique. Il ne se passe pas un jour sans qu’il fasse des mises en garde. " Nous recevons ici des gens qui ont déboursé des centaines d’euros pour réaliser le book de leur enfant, alors qu’il faut le refaire tous les trois mois… c’est désolant…, je ne le répéterai jamais assez : un modèle ne doit jamais rien débourser, jamais ! ".

Effectivement, c’est le client qui paie. L’agence, elle, perçoit des commissions sur les contrats qu’elle déniche.

Pour Next Top model, pas de client, pas de contrat mais des euros déboursés pour des photos de qualité douteuse. Et pas seulement…

 

Pour le pire…

Il y a un sentiment de toute-puissance chez ceux qui posent ces fausses annonces sur Internet", analyse Emmanuel Nicaise. Ce psychologue a mené une recherche sur nos capacités à résister à ces pièges et il alerte : "Il y a un réel risque de dérives, l’autre est considéré comme un objet que l’on manipule à souhait et tant que cela fonctionne, pourquoi s’arrêter… ".

Il y a un sentiment de toute-puissance chez ceux qui posent ces fausses annonces sur Internet.

Des dérives il y en a… La justice les qualifie d’attentat à la pudeur, de voyeurisme, d’usurpation de fonction ou de profils.

Si les dossiers ne sont pas nombreux, c’est probablement parce que les personnes abusées traînent avec elles la honte d’être tombées dans un piège.

" Et pourtant, poursuit notre expert, il n’y a pas de quoi culpabiliser, car ces arnaqueurs connaissent les méthodes pour se trouver sur notre route sans en avoir l’air. Cela peut donc arriver à tout le monde : c’est simplement une question de contexte ".

Aujourd’hui, la parole se libère et les poursuites judiciaires suivent.

Des poursuites qui peuvent conduire les auteurs de ces annonces jusqu’à une cellule de prison, tout ce qui a de bien réelle, elle !

#Investigation, mercredi 18 mai vers 20h20 sur La Une et sur AUVIO.

#Investigation

Faux castings, vrai danger

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