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Iran : la mère d’une adolescente accuse les autorités de l’avoir tuée lors d’une manifestation

Peinture murale en hommage à Masha Amini par l’artiste Claks dans le Tunnel des Tuileries à Paris, le 6 octobre 2022.

© AFP

06 oct. 2022 à 18:11Temps de lecture1 min
Par Belga, édité par K.D.

La mère d’une adolescente iranienne décédée après avoir participé aux manifestations contre la mort de Mahsa Amini a accusé les autorités de l’avoir tuée, dans une vidéo diffusée jeudi par des médias en persan basés à l’étranger.

Nasrin Shahkarami a également accusé les autorités de l’avoir menacée via ses proches pour l’obliger à faire de faux aveux sur la mort de Nika, 16 ans, disparue le 20 septembre après s’être rendue à une manifestation à Téhéran.

L’Iran est le théâtre de manifestations depuis la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une jeune Kurde iranienne de 22 ans, après son arrestation à Téhéran par la police des mœurs qui lui reprochait d’avoir enfreint le strict code vestimentaire en vigueur.

La répression des manifestations a causé la mort de dizaines de personnes, selon des groupes de défense des droits humains.

Après avoir récupéré son corps, la famille de Nika avait prévu de l’enterrer dans sa ville de Korramabad (ouest) lundi au lendemain de son 17e anniversaire, a indiqué sa tante Atash Shahkarami sur les réseaux sociaux.

Ma fille a été tuée dans les manifestations le jour où elle a disparu

"Jetée" d’un bâtiment

Mais selon des médias en langue persane basés à l’étranger, la famille n’a pas été autorisée à l’enterrer dans sa ville, et son oncle et sa tante ont été arrêtés.

Plus tard, dans une apparition télévisée, Atash Shahkarami a déclaré que sa nièce avait été "jetée" du haut d’un bâtiment de plusieurs étages.

Une femme tient un panneau sur lequel on peut lire en espagnol "Femme, vie, liberté" lors d’une manifestation de soutien aux femmes iraniennes, le 4 octobre 2022 à Barcelone.
Une femme tient un panneau sur lequel on peut lire en espagnol "Femme, vie, liberté" lors d’une manifestation de soutien aux femmes iraniennes, le 4 octobre 2022 à Barcelone. © AFP

Crâne enfoncé

Néanmoins, selon la mère de Nika qui s’est exprimée jeudi dans une vidéo publiée par Radio Farda, média en persan financé par les Etats-Unis et basé à Prague, "ils l’ont forcée à faire ces aveux et les ont diffusés".

"Je n’ai pas besoin de me donner du mal pour prouver qu’ils mentent… ma fille a été tuée dans les manifestations le jour où elle a disparu."

"Le rapport de médecine légale indique la même chose, elle a été tuée ce jour-là, à cause d’un traumatisme crânien dû à des impacts contondants répétés", a encore dit la mère de Nika.

Je n’ai pas besoin de me donner du mal pour prouver qu’ils mentent…

"J’ai vu le corps de ma fille moi-même… L’arrière de sa tête montrait qu’elle avait subi un coup très violent, son crâne était enfoncé. C’est comme ça qu’elle a été tuée."

Sur le même sujet : Extrait JT (07/10/2022)

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