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Iridologie : notre iris peut-il refléter notre état de santé ?

Iridologie : notre iris peut-il refléter notre état de santé ?

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L’iridologie (l'étude de l’iris) consiste à évaluer le risque de développer des maladies en observant l’iris du patient, soit la zone colorée de l’œil, où chaque " secteur " correspond à un organe. Vieille de 3000 ans, cette " médecine douce " ne s’appuie en réalité sur aucun fondement scientifique.

Iris et patte de chouette

L’histoire de l'iridologie commence au milieu du 19e siècle du côté de la Hongrie, avec un petit garçon au nom charmant d'Ignaz von Peczely. Alors qu’il porte secours à une petite chouette qui s’est brisé une patte lors d’une mauvaise chute, le garçonnet constate l’apparition d’un trait dans la partie colorée de son œil, ce qu’on appelle l’iris.

Pour lui, il n’y a aucun doute : ce trait correspond à la brisure sur la patte du volatile. Le jeune garçon va alors consacrer le reste de sa vie à étudier les liens entre l’iris d’un patient et son état de santé.

Selon von Peczely et les iridologues qui vont lui succéder, il y a un dialogue permanent entre l’iris, zone très riche en nerfs et en vaisseaux sanguins, et les organes. À partir de l’étude de l’œil, ce dialogue permet de déterminer si le corps souffre de l’une ou l’autre pathologie présente, passée ou à venir. Pour établir leur diagnostic, les iridologues ont mis au point une cartographie de l’iris, qu’ils divisent en plusieurs zones ou secteurs : l’une correspond au foie, une autre aux intestins, une autre encore au pancréas, etc.

Mais une question primordiale se pose :  les diagnostics posés par les iridologues peuvent-ils être considérés comme valables scientifiquement ? Diverses études ont lieu pour le déterminer et les résultats des trois premières s’avèrent plutôt favorables à l’iridologie.

À chaque fois, des chercheurs étudient l’iris d’un groupe de volontaires en fonction de la cartographie mise au point, tâchant de leur diagnostiquer l’un ou l’autre problème de santé. Puis ils vérifient l’exactitude de leur diagnostic en les comparant avec leurs dossiers médicaux ou en réalisant des analyses : et leurs résultats semblent pertinents, notamment en ce qui concerne les maladies des reins.  

Discipline scientifique, mon œil !

D'où la question : pourquoi les trois premières études ont-elles obtenu des résultats positifs ? En les examinant plus en profondeur, la communauté scientifique s’est aperçue que les chercheurs qui les avaient dirigées s’étaient montré peu scrupuleux dans leur travail, qui souffrait de failles méthodologiques importantes le rendant totalement inutilisable.

Publiées dans des revues scientifiques peu sérieuses qui n’avaient pas fait toutes les vérifications nécessaires, elles n’avaient en fait aucun fondement scientifique.

Aujourd’hui, il n’existe donc aucune étude fiable publiée dans une revue scientifique de haut niveau qui permette de faire le lien entre l'iris et le moindre diagnostic de maladie. Bien sûr, il existe des cabinets d’iridologues et rien ne vous empêche de vous y rendre si le cœur vous en dit : mais en cas de maladie, une telle consultation ne peut en aucun cas se substituer à un rendez-vous chez un médecin agréé.

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