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Isaac Mbenza passe sur le Gril avant Charleroi - Standard : "Je sais ce que je dois faire pour revenir au top"

Sur le Gril

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Isaac Mbenza (Charleroi)  en mode selfie
Isaac Mbenza (Charleroi) en mode selfie © Tous droits réservés

Ex-pépite du football belge, il rebondit aujourd’hui au Pays Noir en espérant y relancer sa carrière. Il évoque le Qatar, Erling Haaland, les datas, Sclessin, les derbies, Kevin De Bruyne, le stress de marquer et Antoine Griezmann. Sans oublier Edward Still, son goal contre United, Vincent Kompany, la pression du public, David Luiz, la virgule, Javi Martinez et le rôle de l’argent. Et bien sûr… Emile & Mbo Mpenza. Isaac Mbenza (Sporting Charleroi) passe " Sur le Gril ".

Ça ne rate pas. À tous les coups, on la lui fait. Isaac Mbenza s’esclaffe quand on lui demande des nouvelles… d’Emile et Mbo Mpenza. " C’est classique, et pourtant nos familles n’ont aucun lien, il y a quand même une lettre qui change dans nos noms… " sourit l’ailier fort du Sporting Charleroi, qui a signé libre, mi-mars, après une saison mi-blanche au Qatar. " On s’est déjà croisés, avec les Mpenza : on a rigolé de la même blague, mais sans plus… "

Ex-Diablotin de la génération 1996 avec les Dodi Lukebakio, Wout Faes, Landry Dimata et autre Siebe Schrijvers, Mbenza a bourlingué avant d’atterrir au Pays Noir : une dizaine d’escales depuis son départ vers Valenciennes à 16 ans, avec passages par le Standard, Montpellier, Amiens et même Huddersfield en Premier League (transfert-record du club à l’époque : 12 millions d’euros !).

Isaac Mbenza : « Je sais ce que je dois faire pour revenir au top »
Isaac Mbenza : « Je sais ce que je dois faire pour revenir au top » © BELGA

Si j’ai fait davantage de bons ou de mauvais choix dans ma carrière ? (Il réfléchit) Surtout de bons choix ! Vous savez, quand vous signez quelque part, c’est avec la conviction que c’est la bonne option : le club pense que vous êtes le coup du siècle (sic) et vous aussi, vous êtes à fond. Après, je ne vais pas nier que j’ai eu de mauvaises expériences : j’aurais sans doute dû rester un an de plus à Montpellier au lieu d’aller en Angleterre, j’aurais sans doute dû mieux m’informer avant de rejoindre le Standard, où j’ai payé l’instabilité du club, la pression de résultats et les attentes des supporters. Mais c’était un noyau de haut niveau et moi, je quittais Valenciennes où j’étais dans mon cocon et où je connaissais tout le monde. "

" À Charleroi, j’ai rencontré des vrais hommes "

Embauché pour des piges de fin de saison, puis reconduit avec un contrat ferme, Mbenza a donc choisi Charleroi : un cénacle réputé pour relancer des joueurs parfois ‘perdus’… ou les propulser vers plus haut.

Aujourd’hui, je veux me refaire. Je reste un jeune joueur (NDLA : il a 26 ans), avec un potentiel à faire revenir (sic) : je dois retrouver de la qualité et de la régularité. C’est pour ça que j’ai choisi le Sporting : le groupe joueurs est super fort, avec une bonne mentalité, le club m’a accueilli avec chaleur et c’est l’endroit idéal pour redevenir moi-même. Les dirigeants et le coach ont tenu parole par rapport à leurs engagements, j’ai rencontré ici de vrais hommes (sic) : ça me réconcilie un peu avec le milieu du foot, après toutes les galères que j’ai connues... Aujourd’hui, je suis super-heureux et carrément épanoui : je suis de nouveau près de ma famille. Charleroi est un club parfait pour reprendre confiance : je peux vous citer quelques cas de joueurs qui ont versé la petite larme (sic) quand ils ont quitté le Sporting ! " (clin d’œil)

Avec son coach Edward Still
Avec son coach Edward Still © BELGA

Né en région parisienne, puis rentré sur la Belgique où il fut formé jusqu’à ses 16 ans, Isaac Mbenza a enchaîné les hauts et les bas au niveau professionnel.

" Jeune, vous pratiquez votre passion… puis vous découvrez le foot comme métier. On reste des privilégiés, on fait le plus beau métier du monde mais c’est vrai que chez les adultes, on subit d’autres paramètres : un coach qui fait des choix, l’argent qui doit rentrer, le marketing, la loi du business (sic). Il y aussi des joueurs qui font des choix financiers, chacun sa voie. Moi aussi, récemment, j’ai fait le choix de signer au Qatar… où le niveau est ce qu’il est (sic). Mais j’assume complètement : ça m’a permis de me remettre en question et de comprendre certaines choses, notamment le fait que je ne bossais pas assez et que je ne vivais plus pour mon sport. Ça m’a complètement changé : je ne me projette plus car je sais que tout se fait pas à pas. Ici à Charleroi, Edward Still me fait vivre un football totalement différent. J’avais l’habitude de jouer dans des équipes dominantes et ici, j’étoffe mon registre : les replis défensifs, les grandes courses, la concentration. Je travaille dur physiquement car je sais que ça passe par là. Le potentiel de Charleroi au classement ? On essaie de gagner chaque week-end et on verra où ça nous mène… "

" Le Standard ? Je n’y ai pas passé 15 ans non plus… "

Ce dimanche arrive le Standard, où Mbenza a passé 6 mois en 2016-17. Esprit de revanche ?

Pas du tout ! je n’ai pas d’attachement particulier au club, ce n’est pas comme si j’y avais passé 15 ans (sic). Si je marque, je célèbrerai comme face à n’importe quelle équipe. C’est surtout un grand derby, un de ces grands matches qui font qu’on joue au foot : on sait que pour les supporters, c’est un peu le match de l’année. Je me souviens bien : quand on est venu ici avec le Standard, c’était chaud ! On joue à domicile, on voudra sortir un gros match même si c’est vrai que jusqu’ici on prend plus de points en déplacement : j’ignore pourquoi… A cause de notre jeu basé sur les transitions ? Je ne crois pas car on se fait parfois surprendre justement car on se projette trop vers l’avant. Je n’ai marqué qu’un but jusqu’ici, mais je ne me mets pas la pression : ça viendra quand ça viendra… (NDLA : Youssouph Badji est le seul avant carolo ayant buté cette saison… et une fois). En tant qu’offensif, on veut forcément marquer mais le coach nous répète que ce qui compte, ce n’est pas qui va marquer, mais comment on va le faire… "

Isaac Mbenza sous le maillot du Standard en 2016
Isaac Mbenza sous le maillot du Standard en 2016 © BELGA

Approché en 2020 par Anderlecht (" Vincent Kompany me voulait dans son équipe, on était d’accord sur le projet et les conditions… puis ça ne s’est pas fait, je n’ai jamais su pourquoi "), Isaac Mbenza affiche, à 26 ans, un parcours de bourlingueur.

J’ai joué en France et en Angleterre… mais le championnat belge est d’un très bon niveau : on le voit avec tous ces joueurs qui percent ensuite à l’étranger. J’ai fait une vingtaine de sélections en équipes nationales de jeunes, mais pas chez les A. Chacun rêve d’arriver chez les Diables… et peut-être qu’à mon meilleur niveau j’aurais eu le potentiel. Mais je ne suis pas le genre à regarder ceux qui sont là aujourd’hui : s’ils sont là, c’est qu’ils le méritent. (sic) Et j’y crois pour la Coupe du Monde : la Belgique a encore une toute bonne équipe qui peut surprendre… et Eden Hazard est loin d’être fini ! J’ai affronté de grands joueurs : mon top 3 mondial, c’estEden Hazard, Neymar et Kevin De Bruyne. Quand on les regarde, on s’imprègne… mais sans vouloir imiter : leur technique est si propre, c’est juste leur talent inné. Ma spéciale à moi ? Rentrer à l’intérieur et frapper : ça va venir bientôt. La virgule ? (Il s’esclaffe) Non, ça je laisse à Joris Kayembe. "

LES PETITS PAPIERS

Le moment venu des petits papiers : parmi une quinzaine de papiers-mystères, il en choisit 5 au hasard. Et commente.

PREMIER PAPIER : DOHA (NDLA : la capitale du Qatar). " J’y ai passé quelques mois l’année passée, j’avais signé au club Qatar. C’était une très belle expérience : les conditions de vie et de travail sont super, ils investissent massivement pour un foot et des clubs très pros. Après, c’est clair que le niveau n’est pas le même qu’en Europe (sic), où vous avez les meilleurs joueurs et les meilleurs coaches du monde. Les critiques sur le Mondial au Qatar ? Je ne veux pas trop m’exprimer : je n’ai pas vu la construction des stades, ni les conditions des travailleurs. Et sur l’aspect écologique et les stades climatisés, je comprends les critiques : chacun peut avoir son avis… mais jouer sous 50 degrés était quand même limite… Dans mon club, j’ai côtoyé Javi Martinez, un ex-joueur de la Roja espagnole et du Bayern qui a tout gagné (NDLA : le titre mondial en 2010, l’Euro 2012 et deux Ligue des Champions). C’est un gars très humble, qui m’a souvent donné de bons conseils. "

Isaac Mbenza sous le maillot des Diablotins
Isaac Mbenza sous le maillot des Diablotins © BELGA

DEUXIEME PAPIER : DATAS. (Il sourit) " Les datas, c’est vraiment le… dada du coach. Elles sont affichées partout au vestiaire, et au quotidien : les données GPS, les courses, les kilomètres… Les chiffres ne mentent pas, avec eux on ne peut plus tricher (sic) Après, honnêtement, je vais vous avouer… qu’ils ne m’intéressent pas trop. Un joueur peut faire 13 km sur un match… et ne pas toucher un cuir, alors qu’un autre ne va pas apparaître dans les chiffres et être décisif pour le jeu collectif. Maintenant, je suis fier de voir que j’ai poussé contre Bruges un sprint à 36 km/h : quand on voit ça, on se dit qu’on n’a pas triché (clin d’œil). Mais le principal reste le collectif : le coach le dit souvent, il faut mettre son égo de côté pour que l’équipe avance. Parce que dribbler tout le monde sur 30 mètres et aller buter seul, vous allez le faire une fois sur une saison ! "

TROISIEME PAPIER : SCLESSIN. Ah, le chaudron… On les connaît les supporters du Standard, ils sont chauds, c’est l’un des plus grands clubs de Belgique… Quand on arrive au stade, on se met une pression personnelle parce qu’on sait qu’on veut marquer et que les fans ont des attentes… Ils sont derrière, ils vous poussent, ils veulent gagner… Et quand ça ne marche pas, ils peuvent se retourner contre vous… notamment une fois, on avait perdu le Clasico d’un but. Mais c’est dans tous les grands clubs comme ça, que ce soit à Bruges, à Gand ou à Anderlecht ! J’ai eu une fois une altercation avec un supporter, mais ça a duré 3 minutes… et le monsieur avait un peu bu. (clin d’œil) Le foot est un sport d’émotions, pour nous aussi les joueurs : on prend des cartons rouges, on doit gérer ses coups de sang, sinon on se fait démonter. Ca fait partie des inconvénients du métier… "

" La clause Griezmann ? Un truc de fous… "

QUATRIEME PAPIER : DAVID LUIZ. Ah David Luiz… quel super gars, quelle humilité… Je me suis blessé un jour lors d’un match à Chelsea, j’étais en pleurs à Stamford Bridge et c’est le premier gars qui est venu me réconforter. Il est revenu me voir au vestiaire et m’a donné son maillot. Il m’a parlé de ses blessures à lui, et m’a encouragé. Bon, c’est vrai que sur le terrain en match, il est moins tendre… mais il ne va pas non plus s’excuser de s’engager ! (clin d’œil). J’ai donc son maillot dans ma collection mais j’ai aussi Neymar, Kylian Mbappé, Divock Origi, mes copains Lukebakio et Samuel Bastien. Depuis tout petit, je regarde tous les matches de Manchester City et de Barcelone : je suis soulagé de voir que le Barça remonte un peu la pente. La clause du contrat d’Antoine Griezmann ? (NDLA : qui limite son temps de jeu à 30 minutes par match) Un vrai truc de fou, qui fait partie des mystères du foot… Non, moi je n’ai pas de clause spéciale de minutes, de buts ou d’assists dans mon contrat : j’ai un contrat tout à fait classique… " (clin d’œil)

Isaac Mbenza : « Je sais ce que je dois faire pour revenir au top »
Isaac Mbenza : « Je sais ce que je dois faire pour revenir au top » © BELGA

CINQUIEME PAPIER : ERLING HAALAND. Le Norvégien est juste monstrueux, c’est exagéré (sic) comme il marque. Le voir à la télé comme attaquant, c’est avoir envie d’avoir la même rage de vaincre et de marquer. Après, il y a sa connexion avec De Bruyne et les caviars que celui-ci lui sert à chaque match : tout le monde rêve de jouer avec de gars pareils… Moi j’ai marqué contre Manchester… mais c’était United avec Huddersfield : eux jouaient pour leur ticket en Champions League et nous on était déjà condamnés à la relégation, mais on a joué à fond. A un moment, je pars en un contre un face à David De Gea : j’ai eu l’impression d’être dans une bulle de 10 minutes… Je me suis demandé comment le surprendre, mais j’avais vu sur des vidéos qu’il sortait jambes écartées… et je lui ai fait un petit pont ! Sur le coup de l’émotion, je suis allé défoncer le poteau de corner mais je n’ai fait de mal à personne : ça ne m’a pas valu de suspension, ça fait partie du folklore dont le public du foot a besoin. On est aussi là pour donner du spectacle ! "

" Tant de gens veulent notre place… "

Et l’oiseau de refermer sa boîte à papier en souriant (NDLA : en hébreu, Isaac signifie celui qui rit…).

Ma mère a choisi ce prénom à la maternité car elle a vu un autre bébé prénommé Isaac… qui était magnifique. Moi, beau ? Je vous laisse répondre vous-même. (Il éclate de rire) Aujourd'hui, il y a beaucoup de drames et nous, on se doit d’avoir la bonne humeur : on fait un job super, tant de gens voudraient être à notre place... Ce que j’aurais fait d’autre s’il n’y avait pas eu le foot ? Je ne me suis jamais posé la question : depuis l’âge de 3 ans, je tape dans un ballon et le foot a toujours été l’unique option… Et aujourd’hui, je sais mieux que jamais ce que je dois faire pour revenir au top… "

Isaac Mbenza : « Je sais ce que je dois faire pour revenir au top »
Isaac Mbenza : « Je sais ce que je dois faire pour revenir au top » © BELGA

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